EDITO : la sortie réussie de 24 : live another day

EDITO : la sortie réussie de 24 : live another day

devaneLa saison 9 de 24 s’est terminée le 14 juillet. Je vais confier un secret honteux dont j’ai présentement vraiment très très honte (ha si si, vraiment !) : alors que je n’avais regardé que les deux premiers épisodes qui ne m’avaient guère emballé, je me suis laissé aller à regarder le final lors de sa diffusion sur Canal + Séries. Oui vous avez bien lu : n’écoutant que ma fibre rebelle et anti-normative, je suis passé directement de l’épisode 9.02 au season finale. Je savais que c’était mal, que je bousillais tout plaisir potentiel à savourer comme il se doit cette conclusion, ainsi que toute vision d’ensemble nécessaire à une critique informée digne de ce nom. Rien à faire : je suis resté vissé devant ce dernier épisode comme un seul homme (en même temps j’étais seul), foulant au pied toute bienséance élémentaire du bon fan de séries qui se respecte. Et je me suis bien amusé.

Ho, bien sûr, un bon quintal de détails m’ont échappé mais globalement, grâce au montage résumé super habile du “Previously on…”, le puzzle n’était pas trop compliqué à reconstituer. J’ai donc bien rigolé – dans le bon sens du terme – parce que cet ultime virage dépotait méchamment, comme dans les moments les plus intenses de la saison 1 (la meilleure à ce jour et vraisemblablement pour l’éternité). Suspense prenant, fusillades à répétition, décapitation au katana, Bauer plus badass que jamais malgré ses traits parcheminés… et sa dimension tragique retrouvée avec la mort d’Audrey, l’autre grand amour de sa vie. C’est lors des funérailles de la malheureuse que, soudainement, l’épisode a pris un virage encore plus dramatique justifiant presque à lui tout seul l’existence de cette saison. Au premier ministre britannique qui lui propose son soutien moral, le président Heller, père d’Audrey, répond par une anecdote afin de relativiser. L’autre jour, dans son bureau, il discutait avec une femme dont il ne parvenait désespérément à se rappeler le nom. L’identité de l’inconnue lui était revenue in extremis : c’était sa propre fille, Audrey. La maladie d’Alzheimer, dont souffre Heller, grignote toujours un peu plus ses facultés mentales. Elle ne reculera pas, quand lui fléchira toujours un peu plus chaque jour.

Face au drame, l’agonie de sa raison va sans doute même s’accélérer. “Bientôt, je ne me souviendrai même plus que j’ai eu une fille” termine Heller d’une voix blanche, résignée, le regard perdu. William Devane, vieux chéri de ces geeks, interprète du personnage, délivre problablement l’une des performances les plus magnifiques de sa carrière. Un monologue glaçant, poignant, qui balaie instantanément toute trace de ce petit zeste de second degré accompagnant impérativement chaque vision de 24 depuis plusieurs saisons. Autant vous dire que je ne rigolais plus du tout. Mon amusement a cédé la place à une sourde émotion, une infinie compassion pour Heller ainsi qu’une admiration pour Devane de savoir si bien interpréter ce texte grave et rare dans la série. Quel putain de second couteau. Au même moment, Bauer se rend volontairement aux autorités russes en échange de la vie de Chloé. Jack peut se sacrifier : il n’a plus rien à perdre, plus d’attache, plus de raison de croire en des jours meilleurs. Comme James Heller. Magnifique épilogue aux allures de tragédie antique, éblouissant travail des scénaristes dialoguistes et de William Devane. Bon maintenant, j’arrête les conneries : sus aux épisodes 3 à 11 !

 

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