Edito : L’ère du Recyclage

Edito : L’ère du Recyclage

Les séries ne meurent plus. Ou comme les super-héros dans les comics, jamais pour très longtemps. Au point d’imaginer une prochaine grille de programmes comme une réunion d’anciens combattants ou un défilé de zombies. Entre vieilles gloires passées et séries mortes, investies par quelques sortilèges qui les font sortir de leur tombe. La procession dessine un mal vague et inquiétant : l’attitude cannibale, qui consiste à se nourrir de sa propre chair, semble annoncer une panne créative. Remake, reboot, suite vingt ans après, il n’y a plus de limite à la date de péremption. Et la mort n’existe plus au profit d’une suspension. On n’enterre plus les séries, on les cryogénise…

Si vous avez l’impression d’avoir déjà lu ces lignes, rassurez-vous, c’est normal. C’était l’introduction d’un précédent éditorial. Non, il ne s’agit pas de fainéantise, de facilité devant l’urgence de boucler tardivement un texte avant publication. Seulement, comme la mode semble être aux remakes en tout genre, pourquoi pas nous ?

prison-breakCe n’était pas un secret de polichinelle, la soupe était sur le feu depuis un moment mais nous venons d’avoir la confirmation lors des rencontres presses de l’édition d’hiver de la Television Critics Association : la saison 2016-2017 accueillera la suite de Prison Break ainsi que le reboot de 24, sans Jack Bauer (un pilote est commandé). Et la première réaction qui nous vient est : Pourquoi ?

Oui, pourquoi vouloir faire revivre (dans tous les sens du terme si on se souvient de la fin de Prison Break) des séries, pas si vieilles et qui se sont éteintes dans le caniveau de la sériephilie ? La crise d’inspiration, de création est-elle aussi importante ? Déjà cette saison, la reprise d’Heroes faisait rire tout le monde pour le résultat que l’on connaît : l’annulation. Comment imaginer un autre destin pour Prison Break, surtout quand on annonce une nouvelle résurrection après le fameux « on s’est trompé, ce n’était pas elle » #OopsIDidItAgain?

24JBQuand John Landgraf joue les Cassandre avec le concept de la Peak TV, repris par les critiques, un peu affolées par la quantité gargantuesque de nouvelles productions, on pourrait déjà nous épargner ce genre de séries Lazare qui entendent jouer sur un effet nostalgique, tendance nanar. Et peut-être arrêter de croire qu’en réutilisant les séries circa 2000’s, vous savez, celles de « L’âge d’Or » (sic), on pourra (re)trouver le succès.

Et puisque c’est, malgré tout, dans l’air du temps de recycler, reprenons la précédente conclusion, toujours d’actualité, malheureusement :

Si certaines résurrections bénéficient d’attentes plus enthousiastes, on ne peut s’empêcher de trouver l’attitude morbide, nourrie par une forme de culpabilité. Et un aveu d’impuissance. Le Dr Frankenstein comme Herbert West ont voulu déjouer la mort et créer la vie à partir de cadavres. Leur déroute fut tragique. Quel destin pour les séries ?

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