En attendant… la saison 2 de Banshee

En attendant… la saison 2 de Banshee

Banshee était un désastre en marche. Mélange d’ultra-violence et de sexe débridé emballé dans une intrigue de nanard. Le tout vendu à tort comme étant une série « de » Alan Ball, mensonge habile d’une affiche reprit en chœur par quiconque ne gratte pas un peu plus, ou décide de jouer de le jeu de la promo erronée.

Et pourtant, la saison 1, hormis dans un pilote moyen agrémenté d’une des scènes les plus débiles de la saison, tient méchamment la route. Banshee est l’expression parfaite du pulp à la télévision. Violent, certes, sexuel, toujours (et souvent gratuitement). Mais dans sa fonction primaire de fournisseur de plaisir débridé, la série s’est posée là. Et s’est permit, en plus, d’avoir un sous-texte thématique qui tient la route. Un peu appuyé, un peu visible, mais qui a le mérite d’être présent.

Pour faire un parallèle avec Alan Ball, puisque c’est quand même sa boîte de prod qui encadre le boulot de Tropper et Schickler (scénariste ex-romanciers, qui ont écrits la totalité de la saison) et Greg Yaitanes (le réalisateur-showrunner), Banshee réussit sur sa saison 1 à être ce que True Blood ne réussit plus depuis bien longtemps : être un plaisir.

Mais le fil sur lequel tout le monde joue au funambule depuis un an est très, mais alors très mince. La série est toujours à deux doigts de le faire péter (et donc de sombrer dans le grotesque le plus total). Pas dit que le miracle dure des années, et on se pose déjà des questions à l’orée de la saison 2.

La série accueille dans ses scénaristes un ancien scénariste/producteur de CSI (depuis 2006) et auteur du pilote original de Nurse Jackie, Evan Dunsky. A côté de ça, elle recrute le vétéran John Romano. Romano à la télé c’est, pour le meilleur, des épisodes de Party of Five, Hill Street Blues, Cop Rock, Thrid Watch, Monk… mais Romano est aussi l’auteur d’un des films les plus sous-estimés de ces dernières années, pourtant brillant, The Lincoln Defense (qui date de 2011, réalisé par Brad Furman et avec un Matthew McConaughey en plein dans sa période « renaissance méritée »).

Si on retrouve Greg Yaitanes au générique de 4 épisodes (2 premiers, deux derniers), et si Ole Christian Madsen est toujours de la partie, deux nouveaux réalisateurs font leur apparition : Babak Najafi et Loni Peristere.

Encore au rang des nouveautés, la série sait se faire plaisir puisque c’est ce bien bon Zeljko Ivanek qui vient en renfort. Ce visage vu dans mille séries dans les années 90, fabuleux dans les prods Fontana / Levinson (Homicide, Oz), sacré pour son travail lors de la saison 1 de Damages, débarque à Banshee et avec John Romano, c’est la seconde très bonne nouvelle de cette rentrée.

D’un point de vue histoire, le héros Lucas Hood va connaître des changements cette année, passant de l’égoïsme incontrôlable à un mode plus collaboratif, en réaction au final de la saison passée qui a vu plusieurs personnes lui venir en aide alors qu’il allait se sacrifier. Il devra faire face au fils du vrai Lucas Hood venu demander des comptes (la prod prétend qu’il va s’intégrer à Banshee d’une manière inattendue). Et la ville va devoir gérer la mort du maire de la ville (personnage pourtant intéressant vu sa jeunesse).

C’est avec un mélange d’excitation et de craintes que j’attends la saison 2 de Banshee. J’aimerais être diverti (1) par une série nerveuse, sexy et pas conne. Comme en saison 1.

BANSHEE, Saison 2 (Cinemax)

Créée par Jonathan Tropper et David Schickler

Showrunnée par Greg Yaïtanes

Avec : Antony Starr (Lucas Hood), Ivana Milicevic (Anastasia), Matt Servitto (Brock Lotus), Trieste Kelly Dunn (Siobhan Kelly), Frankie Faison (Sugar Bates), Hoon Lee (Job), Rus Blackwell (Gordon Hopewell), Ulrich Thomsen (Kai Proctor), Zeljko Ivanek (Racine)

– See more at: http://www.dailymars.net/banshee-la-bonne-surprise-bilan-de-la-saison-1/#sthash.jtkN6qOV.dpuf

 

(1) : Divertissment n’est pas un gros mot. Répétez après moi.

Partager