En attendant… la saison 5 de Profilage

En attendant… la saison 5 de Profilage

profilageSon nom pourrait prêter à confusion mais Profilage n’est pas l’adaptation française de Profiler. Et si chaque série met en scène deux psychologues spécialisées en criminologie, elles demeurent suffisamment différentes sur le fond pour juger de leur antagonisme. Il y a dans Profilage, comme une ritournelle. Ce petit air bien connu des amateurs de séries policières. L’opposition de deux genres (la psychologue, le flic), de deux sexes, de deux caractères (la fantasque, le(s) rigide(s)) dans le rythme hebdomadaire de l’enquête. Sur le papier, la série ne semble pas se démarquer, ni se soustraire de cette impression de déjà vu. Pourtant, elle a su tracer une voie qui, si elle ne prétend pas renouveler le genre, ajoute sa brique à un mur déjà immense.

Si l’on peut juger un formula cop show à son audace, la quatrième saison de Profilage lui assure la maturité. Celle d’une série qui ose. Et dans le paysage audiovisuelle français, parfois très conservateur, c’est une vraie bouffée d’oxygène. La série est entrée dans un jeu, donnant aux spectateurs autre chose qu’une enquête rigide mais partant dans des directions fantaisistes. Pas au sens léger ou onirique mais par une dimension qui lorgne vers le fantastique (4×06 : Réminiscence) ou le thriller pur (4×10 : Dans la lumière). Les ruptures de ton sont salvateurs. Ils permettent à la série de s’extraire de la routine professionnelle par une volonté d’oeuvrer au-delà des barrières traditionnelles. Et place le spectateur dans une volonté de “croire”. Croire à un monde qui ne ressemble pas tout à fait au notre avec ses crimes de plus en plus horribles ou des enquêtes de plus en plus retorses ; mais un monde dont on a appris à connaître les codes, les limites parfois et sa résonance.

profilage2Avec la quatrième saison et la suivante qui débute le 16 octobre sur TF1, la série pose la question du temps. Un temps de diffusion condensée (5 saisons pour six ans d’existence), un temps de développement confortable. Un temps qui ne sert plus à construire mais à progresser. Un temps, enfin, qui modifie la perception que l’on a de la série. Où Chloé n’est plus seulement ce personnage excentrique, traumatisée, qui aide la police mais une vraie héroïne de séries, avec une évolution notable qui la fait passer de “jouets de scénaristes” à celui de personnage complexe.

profilage3Lors de notre critique de Détectives, nous mentionnions la rencontre imaginaire des deux séries, sur les quais de la Seine, Notre Dame en arrière plan. Tout comme la série de France 2, la quatrième saison lève le poids d’un fil rouge guère indispensable comme s’il fallait faire du traumatisme passé, une mythologie. Ainsi soulagée, la série comme Chloé peut aborder l’avenir avec d’autres idées, peut-être moins sexy a priori mais autrement plus intéressant. Profilage est un formula cop show, elle n’a pas un besoins absolu de bâtir une architecture complexe pour exister mais au contraire, de fonctionner par couches successives comme un peinte devant sa toile. Parce que son rythme s’écoule avec une rigueur mathématique, parce que c’est le reflet de notre quotidien.

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