En attendant la saison 8 de Dexter

En attendant la saison 8 de Dexter

« Un p’tit bisou ? »

Cette fois-ci, c’est la bonne. Dexter, série adorée de Showtime, va tirer sa révérence. C’est sûr et certain, on ne les y reprendra pas. Et il était temps. La série-véhicule de Michael C. Hall est désincarnée depuis de longues années, et n’a plus l’énergie qu’elle possédait au moment de son lancement en 2005.

Huit ans et une bonne pelletée de showrunners plus tard, la série nous aura emmené plus d’une fois aux confins de l’ennui. Son héros, qui a pourtant tout pour lui, est devenu progressivement une parodie de lui-même. Autrefois, Dexter Morgan nous enchantait avec sa voix-off calme et posée qui nous ouvrait une porte dans les tréfonds de son âme. Aujourd’hui, il nous fatigue avec sa verbalisation constante de l’intrigue, rendant ses interventions aussi pertinentes que celles de Denis Brognart dans Koh-Lanta. (« Mon lacet est défait ! », « Jean-Claude est très agacé que son lacet soit défait »)

« On est tous des mauvais flics, autant bosser bourrés ! »

La saison 6 de Dexter avait fait toucher le fond à la série. En dehors de deux-trois mises à mort très graphiques (1), celle-ci s’est embourbée dans le grotesque, avec une intrigue digne d’une série Z horrifique à relents de christianisme. La saison 7 releva à peine le niveau, offrant au moins un adversaire charismatique à Dexter… Du moins dans les premiers épisodes, avant de finir de la façon la plus pathétique qui soit. Elle nous donna aussi une histoire d’amour fonctionnant à de rares occasions, avec la belle Yvonne Strahovksy. Et une scène de sexe d’un ridicule absolu, dans la tanière du père Noël, pendant laquelle Yvonne et Michael étaient plus occupés à respecter les consignes du réal pour éviter qu’on ne voit les « private parts » d’Yvonne qu’à transmettre la sensualité supposée de la scène.

Après les révélations de la saison 6, la confirmation de la 7, puis la complicité finale, les relations entre Debra et Dexter seront au centre de la saison 8. Debra et Dexter. Après avoir été au milieu du will they / won’t they le plus glauque de la télé américaine moderne, la dynamique semble changer avec une Debra au fond du trou.

Avec de la chance, le casting sera bel et bien expurgé du personnage de La Guerta (et pourquoi pas l’utiliser en tant que voix de la raison de Debra, comme pour le papounet de Dexter ? Non, c’est une idée atroce ? Et alors ?) et de celui de Batista (Il tient un bar maintenant. Il est à la retraite. Mais du coup il va peut être devenir le Isaac (2) de Dexter. En tout cas il est toujours dans la liste des réguliers). Sérieusement, ils pourraient faire un effort sur les personnages hispaniques dans Dexter, parce que ça tient de l’acharnement.

« Qui c’est ? C’est Debra ? »

Au rang des petits nouveaux : Sean Patrick Flannery (le jeune Indiana Jones lui-même), Bethany Joy Lenz (de One Tree Hill, hein Marine Pérot ?) et, au milieu de tous ces gens avec deux prénoms, un bon WTF : Charlotte Rampling. Rien que ça.

La grande Rampling qui viendra jouer le rôle d’une psychanalyste spécialisée dans les enfants sociopathes. À 67 ans, ce sera une première pour elle de participer à une saison de série américaine (elle avait déjà travaillé sur des séries britanniques et françaises, mais jamais US). Un gros coup assurément, qui titille l’intérêt du plus désintéressé des aventures de « Morgan et Morgan sont sur un bateau » (3)

On vous l’accorde, après s’être envoyé les 7 saisons d’une série qui en compte 3 de vraiment bonnes, craquer à 12 heures de la fin, ça serait vraiment trop bête. Du coup on sera devant, et on croisera les doigts pour que la 8e et dernière saison soit une sortie en beauté.

(Heu… c’est moi où la bande-annonce spoile involontairement et maladroitement l’identité du serial-killer qu’elle introduit ?)

DEXTER, Saison 8 (Showtime)

Développée par James Manos Jr

Showrunnée par Scott Buck

Avec : Michael C. Hall (Dexter Morgan), Jennifer Carpenter (Debra Morgan), David Zayas (Angel Batista), James Remar (Harry Morgan), C.S. Lee (Vince Masuka), Aimee Garcia (Jaime Batista), Charlotte Rampling (Evelyn Vogel), Bethany Joy Lenz (Cassie), Sean Patrick Flanery (Jacob Elroy)

 

(1) : qu’Hannibal aura réussi à rendre ringardes.
(2) : Vous voyez pas de qui je parle ? Indice : « Amour. Excitant et nouveau. Venez à bord, on vous attend… » Non ? Ça y est… c’est dans votre tête maintenant, hein ? Ouais…
(3) : Moi

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