En attendant… The Middle, saison 06

En attendant… The Middle, saison 06

themiddleuneThe Middle a quelque chose de modeste. Peut-être dans sa discrétion. Ou son étrange capacité à être continuellement boudé par les Emmys. Ou parce que l’on s’attend toujours à placer un Malcom devant son titre. La série n’est pas un spin off ou une version amputée de la célèbre sitcom. Si elle se nomme The Middle, c’est parce qu’elle se situe au milieu de nulle part.

Le milieu. Terre d’évasion chez les amoureux de Tolkien. Mantra de François Bayrou. Pour la série, c’est une position géographique et un style d’écriture. A mi chemin entre la sitcom traditionnelle et le single camera. Elle fait du cocon familiale sa matière première et s’affranchit de la théâtralité du multi-caméra. Le quotidien et sa banalité sont ses armes. Le comique surviendra dans son dérèglement systématique à cause d’agents perturbateurs : les membres de la famille Heck.

Mike Heck, le père taciturne, Frankie Heck la mère criarde, Axel Heck, l’ado rebelle, Sue Heck, l’éternelle heureuse et Brick Heck, le petit dernier bizarre. Cette caractérisation est simpliste et réductrice mais c’est la base de travail. C’est aussi rappeler que la sitcom en général, use d’archétypes et d’automatisme pour parvenir à concilier comédie et redondance. Ainsi, faire en sorte que l’on continue à rire des mêmes personnages, pour sensiblement les mêmes raisons.

The Middle entame bientôt sa sixième saison. Après cinq années à nous faire rire, et beaucoup, qu’attendre de la suivante ? Toujours la même chose. La série n’a plus rien à prouver. Elle s’est montrée virtuose dans la comédie avec cette capacité à se moquer gentiment, que l’on pouvait retrouver chez Raising Hope, autre sitcom avec une famille un peu étrange. Jamais les auteurs ne jugent. The Middle, c’est l’illustration de l’américain moyen (au milieu) : sa bêtise parfois, son patriotisme souvent, ses valeurs un peu bancales… une illustration du rythme de la vie américaine ordinaire. Travail, famille, patrie, religion… les quatre piliers des Etats-Unis. Et dans la sitcom, son application est travaillée à travers le prisme de la comédie (caricature, hyperbole) mais jamais raillée, remise en cause ou condamnée.

L’année dernière voyait partir Axel du cocon, les auteurs ont su géré à la perfection la nouvelle dynamique. Cette rentrée semble annoncer l’année de Sue avec un évènement majeur (indiscrétion lue sur la toile ; afin de préserver tout suspense, il n’en sera fait mention dans ce texte). Sue, la plus belle justification de regarder la série. Le personnage le plus positif de la télévision américaine. L’enfant que tous les parents souhaiteraient avoir… même si ce sera synonyme d’une extrême endurance. Sue est obstinée, voit constamment le bon côté de choses, est imperméable au cynisme, voit le monde comme un endroit idyllique. Sue, c’est la vaccination contre l’oeuvre de David Simon (aussi grande et juste soit-elle, pas hyper optimiste).

themiddleensemble

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