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Et 6 l’été m’était conté…1996 (deuxième partie) : Une Nuit en Enfer

Et 6 l’été m’était conté…1996 (deuxième partie) : Une Nuit en Enfer

L’été est finalement arrivé et l’équipe de la section Musique du Daily Mars est partie se faire implanter des souvenirs de vacances factices chez Rekall ou effectuer une retraite de méditation Jedi sur Dagobah. Mais nos sympathiques rédacteurs vous ont laissé leur collection de capsules temporelles pour que vous puissiez vous faire une idée de ce à quoi le monde de la musique ressemblait il y a 10, 20, 30 ou 40 ans.

Chaque mercredi de cet été, le Daily Mars vous propose un dossier en deux parties. Dans chaque second chapitre, nous faisons un petit retour en arrière sur une bande originale de film (et un morceau en particulier) emblématique des années 1976, 86, 96 et 2006.

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Pour poursuivre cette saga estivale, allons boire des verres de tequila bien sanguinolents avec Une nuit en enfer (From Dusk Till Dawn) réalisé par Robert Rodriguez, scénarisé par Quentin Tarantino et sorti en France le 26 juin 1996. Ici, très peu de musique originale, composée pour l’occasion par le Néo-zélandais Graeme Revell (The Crow d’Alex Proyas, Les Experts : Miami en 2002, Sin City et Planète Terreur du même Rodriguez). Plutôt une B.O. d’artistes divers, comme c’est de coutume dans le cinéma de Tarantino. Nous allons nous pencher plus particulièrement sur Dark Night du groupe The Blasters. Chargez vos barillets, c’est parti !!

Cet article est garanti sans spoilers.

Pour se rafraîchir la mémoire, voici le pitch du film. Après avoir aidé son frère Seth Gecko (George Clooney) à s’échapper de prison, Richard « Richie » (Quentin Tarantino) et son frangin entament une cavale sanglante au cours de laquelle ils braquent une banque et tuent plusieurs personnes. Il faut dire que le comportement psychotique de Richie n’arrange pas les choses. Cherchant à gagner le Mexique, ils prennent en otage Jacob Fuller (Harvey Keitel), pasteur en pleine crise spirituelle, et ses deux enfants Kate (Juliette Lewis) et Scott (Ernest Liu). Cachés dans le camping-car de la famille Fuller, ils parviennent à passer la frontière mexicaine et n’ont alors plus qu’à attendre l’arrivée de leur contact Carlos (Cheech Marin) qui leur a fixé rendez-vous dans un bar de routiers : le Titty Twister (le téton tortillé).

Dans la nuit noire et obscure

Le film a la particularité de s’ouvrir et de se refermer sur la chanson Dark Night du groupe The Blasters. La boucle se referme pour ce long métrage divisé en deux parties : un road movie et un huis clos décapant dans le bar malfamé qu’est le Titty Twister.

En 1979, les frères Alvin créent The Blasters à Downey (Californie) avec l’aîné, Phil, à la guitare et au chant, et son cadet Dave à la six cordes. Ils composent, avec leurs comparses à la basse, batterie et piano, des chansons principalement rock’n roll/rockabilly. 

Le morceau Dark Night qui nous intéresse ici est issu de leur cinquième album Hard Line, paru en 1985. Il narre l’histoire amoureuse tragique d’un garçon et d’une jeune femme, un thème très souvent abordé dans la culture rock.

Une guitare au son clair, parée d’un effet trémolo typique des amplis Fender, ouvre le bal dans un arpège imparable. La voix aux influences country de Phil Alvin résonne en commençant le récit de cette histoire d’amour improbable. Quand soudain… « It’s a dark night ». Là, tout s’emballe. Le son clair de la guitare devient distordu et précis. La batterie martèle un rythme sans failles, épaulée par une basse jouée au médiator. « It’s a dark night » qu’on vous dit !

C’est la série Miami Vice (Deux Flics à Miami), de ce bon Michael Mann, qui a pour la première fois utilisé la chanson en 1985 dans l’épisode Whatever Works de sa saison 2.

Voici ici le groupe qui interprète sa chanson phare lors d’un concert au Rock Palace en 1984 :

https://www.youtube.com/watch?v=8rlPxv_a2T4

Quentin et Robert… Robert et Quentin

Originellement, c’est Quentin Tarantino qui doit réaliser le film. Il préfère finalement se consacrer à l’écriture du scénario et au rôle de Richie Gecko qu’il a choisi d’interpréter. Il travaille sur ce script depuis quelques années déjà. Il a d’abord été rédigé par Robert Kurtzman, très connu dans le métier pour son travail en tant que maquilleur et technicien des effets spéciaux. Tarantino garde l’idée maîtresse de la deuxième partie du métrage se déroulant au Titty Twister, mais développe la première (le road movie) dans son style aux dialogues si caractéristiques et immédiatement reconnaissables.

C’est à son ami Robert Rodriguez qu’il décide de confier la réalisation, après les refus de Renny Harlin (58 minutes pour vivre, Cliffhanger) et Tony Scott (Top Gun, True Romance). Un acteur de série TV dont c’est le premier rôle au cinéma est choisi pour jouer Seth Gecko. George Clooney tourne alors définitivement la page Urgences et commence une carrière exceptionnelle sur grand écran.     

Un grand nombre de morceaux de la bande originale sont de style Texas blues. On y retrouve principalement Stevie Ray Vaughan & Double Trouble, son grand frère Jimmie Vaughan et ZZ Top. Le groupe de rock mexicain Tito & Tarantula apparaît dans le film sur la scène du Titty Twister.

Les films et leurs partitions en cet été 1996

Roland Emmerich explose la Maison-Blanche et le box-office avec Independence Day qui sort aux USA le 3 juillet. C’est le Britannique David Arnold (Casino Royale, Hot Fuzz) qui se charge de la partition musicale de cette invasion extraterrestre.

Peter Jackson se prépare à séjourner pour de nombreuses années dans la Terre du Milieu quand il réalise Fantômes contre fantômes (The Frighteners) qui sort le 19 juillet aux USA, jour d’ouverture des jeux Olympiques d’été d’Atlanta. Malgré ses qualités, cela explique peut-être pourquoi il accuse un échec cuisant. Danny Elfman compose la musique dans son style très souvent copié, mais jamais égalé.

https://www.youtube.com/watch?v=J2k9hu-6X1g&list=PLNQokGm1k9iGTK5mrRzxlGwFkgVl5AetT

Les Frères Coen filment des territoires enneigés pour leur thriller Fargo qui sort en France le 4 septembre. C’est Carter Burwell, leur fidèle compositeur, qui s’occupe de la très belle partition musicale.

Bonus

Comment ne pas terminer ce dossier par la scène dont tous les mâles ayant vu Une nuit en enfer se souviennent avec émoi ? On parle bien sûr de l’apparition de la sculpturale Salma Hayek interprétant la danseuse star du Titty Twister, Satanico Pandemonium. Ce personnage se trouve être le pivot du twist du film. Si vous ne l’avez pas encore vu, vous serez… surpris !

Il faut savoir que l’actrice a longuement hésité avant d’accepter le rôle. Non pas à cause de la sensualité débordante de son personnage mais par une peur panique des serpents. Elle a été contrainte de suivre une thérapie de deux mois avant le tournage pour s’en débarrasser.

La première partie de ce dossier, écrite par Aymeric Barbary et consacrée au tube California Love de 2Pac est à lire ici.   

Rendez-vous mercredi prochain pour la suite de Et 6 l’été m’était conté… consacrée cette fois à l’année 2006.

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