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Et 6 l’été m’était conté…1976 (deuxième partie) : La Malédiction

Et 6 l’été m’était conté…1976 (deuxième partie) : La Malédiction

L’été est finalement arrivé et l’équipe de la section Musique du Daily Mars est partie se faire implanter des souvenirs de vacances factices chez Rekall ou effectuer une retraite de méditation Jedi sur Dagobah. Mais nos sympathiques rédacteurs vous ont laissé leur collection de capsules temporelles pour que vous puissiez vous faire une idée de ce à quoi le monde de la musique ressemblait il y a 10, 20, 30 ou 40 ans.

Chaque mercredi de cet été, le Daily Mars vous propose un dossier en deux parties. Dans chaque seconde partie, nous faisons un petit retour en arrière sur une bande originale de film (et un morceau en particulier) emblématique des années 1976, 86, 96 et 2006. Pour poursuivre cette saga estivale, recueillons-nous sur l’Ave Satani, extrait du film La Malédiction (The Omen) de Richard Donner, composé par Jerry Goldsmith. C’est le 25 juin que sort, aux Etats-Unis, ce long métrage qui va glacer le sang de millions de spectateurs lors de l’été 1976.

Pour se rafraîchir la mémoire, voici le pitch du film. Plusieurs décès étranges ont lieu dans l’entourage de Robert Thorn (Gregory Peck), ambassadeur des États-Unis à Londres. Keith Jennings, un photographe, et le père Brennan finissent par convaincre Thorn que son fils Damien (Harvey Stephens) en est la cause. Ce petit garçon de cinq ans est un orphelin aux origines obscures qu’il a adopté à sa naissance à l’insu de sa femme qui venait de faire une fausse couche. Serait-il l’Antéchrist ?

 

Ave Satani!

Dans ce morceau, véritable pierre angulaire de la musique du film, Jerry Goldsmith a une idée géniale et inédite à l’époque sur grand écran. Il fait chanter un chœur en latin, non pas à la gloire de Dieu, mais du Diable. À l’écoute, cette prière maléfique fascine tout en faisant froid dans le dos. Cela est dû à la magnifique interprétation de la chorale composée d’hommes et de femmes susurrant d’abord leurs louanges jusqu’à exulter à la gloire de la Bête, pour enfin finir dans le recueillement.

Sanguis bebimus   

Corpus edimus 

Tolle corpus Satani

Ave, ave Versus Christus!

Ave Satani! 

En français :

Nous buvons le sang

Nous mangeons le corps

Relevons le corps de Satan

Salutations, salutations Antéchrist

Salutations Satan !

Sympa, non ? Tout un programme pour les douces soirées d’été !

Les cordes de l’orchestre accompagnent d’abord le chœur avec une note tenue, très sobre, où seulement un motif au piano fait subrepticement son apparition. Les instruments apparaissent peu à peu à mesure que l’orchestration et les harmonies se complexifient.

L’Ave Satani composé pour ce premier film ne sera pas présent dans les deux suites, aussi composées par le Maestro. Ce thème semble alors symboliser le rapport maléfique entre Damien et ses parents adoptifs.

Le compositeur a reçu en 1977 l’Oscar de la meilleure musique pour ce film, récompensant de ce fait son audace et le caractère terrifiant de sa partition.

goldsmithconducting

 

Versus Christus

En cette année 1976, l’Amérique pense ses plaies et se rend compte, tout en faisant mine de les ignorer, des dégâts humains et psychologiques de ce bourbier que fût la guerre du Viêt Nam. Le 16 juillet, le Canada abolit la peine de mort, tandis que, quelques jours après, la France décapite Christian Ranucci pour le meurtre d’une fillette.

Richard Donner, quant à lui, surprend avec La Malédiction qui va le hisser au sommet hollywoodien et lui permettre de réaliser Superman qui sortira deux années plus tard. Pour son film narrant l’histoire de Damien et ses parents adoptifs, il réussit à décrocher une rallonge budgétaire exceptionnelle de la 20th Century Fox. Le but n’est autre que de pouvoir s’offrir les services de Jerry Goldsmith, à l’apogée de sa carrière à ce moment-là.

Grand bien lui en a pris, puisque la musique du compositeur va magnifier l’œuvre filmique en lui donnant une atmosphère unique et malfaisante.   

Au gré de l’écoute de la bande originale, le morceau Safari Park oscille entre la lumière, avec une mélodie joyeuse, et l’obscurité, quand les chœurs s’invitent et psalmodient l’Ave Satani. Dans l’excellent The Dogs Attack, on est face à une composition s’immisçant dans notre esprit pour l’obscurcir. Du grand art.

The-Omen-1976-Damien-Harvey-Stephens

 

Les films et leurs partitions en cet été ’76

Jerry Goldsmith est aussi le compositeur d’un autre film sorti aux États-Unis en ce début d’été : L’Âge de cristal (Logan’s Run) réalisé par Michael Anderson. On est un an avant la révolution Star Wars… et dans le délicieusement kitch !

L’Empire des sens de Nagisa Ōshima sort en France le 15 septembre et choque le pays ainsi que le monde entier. La très belle musique traditionnelle japonaise qui illustre l’histoire de ce couple vivant une passion charnelle extrême est composée par Minoru Miki.

 

Une histoire de bits

Côté jeux vidéo, nous n’en sommes qu’aux balbutiements. L’aventure ne fait que commencer. En avril, Atari invente le Casse Brique avec Breakout. La firme Sega n’est pas en reste et sort en août Fonz (aussi connu sous le nom Mato-Cross), l’ancêtre du jeu vidéo de motos.

Vous vous doutez bien que du côté musical et sonore, on est pour l’instant dans le très sommaire… En gros, ça fait Biiiip !

 

Bonus

Quoi de mieux pour clore ce dossier que la reprise de l’Ave Satani par le groupe metal avant-gardiste californien Fantômas. Mené par Mike Patton, chanteur de Faith No More, ce titre est extrait de l’album The Director’s Cut (2001) regroupant des adaptations musicales de films populaires. Je ne saurai d’ailleurs que trop vous le conseiller.

La première partie de ce dossier, écrite par Aymeric Barbary, est à lire ici.   

Rendez-vous mercredi prochain pour la suite de Et 6 l’été m’était conté, consacrée cette fois à l’année 1986.

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