Et 6 l’été m’était conté… 1986 (première partie)

Et 6 l’été m’était conté… 1986 (première partie)

L’été est finalement arrivé et l’équipe de la section Musique du Daily Mars est partie se faire implanter des souvenirs de vacances factices chez Rekall ou effectuer une retraite de méditation Jedi sur Dagobah. Mais nos sympathiques rédacteurs vous ont laissé leur collection de capsules temporelles pour que vous puissiez vous faire une idée de ce à quoi le monde de la musique ressemblait il y a 10, 20, 30 ou 40 ans.

Chaque mercredi de cet été, le Daily Mars vous propose un petit retour en arrière sur un album (et un titre) emblématique des années 1976, 86, 96 et 2006. Après le tube de 1976 (Don’t Fear) the Reaper par Blue Öyster Cult il y a quinze jours, cette semaine, la mode est toujours aux cheveux longs. Alors enfilez vos plus beaux blousons en jeans recouverts d’écussons aux couleurs de vos groupes favoris et préparez-vous à secouer frénétiquement la tête.

 

“End of passion play…”

Metallica - Master of Puppets (pochette - 1986) La chanson Master of Puppets n’est pas à proprement parler un tube. Lorsque l’album du même nom sort en mars 1986, Metallica est un groupe à la popularité croissante mais sans commune mesure avec le mastodonte qu’on connaît aujourd’hui. Le morceau titre a beau avoir droit à une sortie en 45 tours promotionnel au début du mois de juillet (dans une version raccourcie), avec ses 8 minutes 30 et ses grosses guitares, il n’aura jamais droit aux faveurs des radios.

Master of Puppets, c’est indéniablement un hymne des stades. Il n’y a qu’à voir l’état de transe dans lequel les premières notes du morceau parviennent à plonger le public aux concerts de Metallica pour s’en rendre compte. C’est sans doute le morceau que le groupe a le plus joué sur scène dans sa carrière. Aujourd’hui, c’est un moment central, attendu et incontournable de chacune de leurs setlists.

Metallica, c’est un grand groupe fait de tout petits bonshommes. Master of Puppets, c’est pareil : un morceau dont le tout est supérieur à la somme des parties. Un assemblage de motifs rythmiques et mélodiques relativement simples, mais agencés avec instinct et virtuosité par le couple moteur du groupe : le chanteur-guitariste James Hetfield et le batteur Lars Ulrich.

Avec un refrain (“Master! Master!”) et un solo faits pour être repris en chœur par la foule, nous voilà en plus face à une chanson qui aborde une thématique rock’n’roll en diable : la cocaïne ! La chanson relate en effet la déchéance d’un junkie victime de la drogue (ce « marionnettiste » du titre qui tire les ficelles de son addiction). Là encore, ce n’est pas de la grande littérature mais ça fonctionne… enfin, c’est à vous de juger.

 

“Lashing out the action…”



 

Comme tous les grands albums, Master of Puppets donne le la d’entrée de jeu avec son morceau d’ouverture, Battery et il ne lâche pas l’affaire jusqu’à la dernière note du dernier morceau, l’apocalyptique Damage, Inc. Sorte de version « remise au propre » de l’album précédent de Metallica (Ride the Lightning), il s’agit, pour bon nombre de fans du groupe de ce qu’ils ont fait de mieux. Une partie de ces mêmes aficionados considère même qu’il s’agit de leur dernier grand disque. Quoi qu’il en soit, c’est une parfaite porte d’entrée pour qui souhaite découvrir l’œuvre de ce groupe, qui, depuis 35 ans, a passé à peu près autant de temps à construire sa légende qu’à la saccager soigneusement.

Metallica photographié par Ross Halfin en 1986

© Ross Halfin, 1986

 

Dans nos baladeurs cassette, à l’été 1986, il y avait aussi…

…pendant que le nuage de Tchernobyl s’arrêtait à la frontière française, une bande de « hard rockers » du New Jersey, plus beaux gosses, mieux coiffés que leurs confrères de l’époque font fondre le cœur des filles et des garçons.

Des Suédois composent ce qui restera peut-être les quatre mesures de clavier les plus célèbres et les plus entêtantes de la fin du XXe siècle.

Et, en Angleterre, des « vieux de la vieille » s’amusent eux aussi avec des claviers…

En France, après le coucher du soleil, on va chasser Les Démons de minuit d’Images. La journée, on tâche d’échapper à l’Ouragan de Stéphanie de Monaco. On s’habille En rouge et noir comme Jeanne Mas, dans l’espoir d’aller faire L’Amour à la plage comme Niagara. Mais surtout, après que sa vie a été portée à l’écran par Miloš Forman et avant que nous n’en fassions un opéra rock, à l’été 1986, c’est bien Mozart qu’on assassine, dans son Autriche natale en plus…

(Avant de vous gausser, sachez tout de même qu’il s’agit du premier titre en langue allemande à avoir été n° 1 dans les charts américains… un exploit que Rammstein, par exemple, n’a pas encore réussi à accomplir à ce jour)

Avant de continuer notre voyage dans le temps jusqu’aux années 90, rendez-vous mercredi prochain avec Herr Professor. Après avoir rendu hommage à Satan la semaine dernière, il vous entretiendra d’un film sorti en 1986. Attention les yeux, ça risque de piquer un peu…

 

Bonus

Master of Puppets a été repris un nombre incalculable de fois par des groupes du monde entier… mais en voici deux que nous qualifierons de « peu orthodoxes » :

  • la première par le groupe français Justice, qui a samplé le morceau pour le final de leurs concerts sur la tournée qui a suivi la sortie de l’album
  • et la seconde par le groupe vocal allemand Van Canto (nous mettons au défi quiconque d’écouter cette version en entier).

 

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