Evolution ? (critique du 2×01 de Revolution)

Evolution ? (critique du 2×01 de Revolution)

Note de l'auteur

« Ooooh des lucioles ! »

J’y croyais. Ce season premiere de Revolution était bien parti en plus. Puis c’est retombé comme un soufflet. Retour sur 40 minutes un tantinet déroutantes. Attention les yeux, cette critique est pleine de SPOILERS !

La saison 2 de Revolution reprend 6 mois après les événements du season finale de mai dernier, et son season premiere est agrémenté de flashbacks nous laissant voir ce qu’il s’est passé au cours de ces six derniers mois. On apprend alors que les missiles lancés en fin de saison 1 ont bel et bien touché et complètement rasé de la carte Philadelphie et Atlanta. Du coup, plus de Monroe Republic et plus de Georgia Federation, et à la place une population de survivants livrés à eux-mêmes. C’est donc l’occasion ou jamais pour le président des Etats-Unis de reprendre sa place à la Maison Blanche.

Suite à la destruction des deux villes, les personnages principaux de la série sont tous sous le choc. On découvre alors dans ce début de saison une Rachel complètement déboussolée, un Tom Neville en proie au deuil qui carbure au désir de vengeance, un Monroe qui fait profil bas et un Aaron qui s’est trouvé une nouvelle copine. Et comme par magie, les personnages ont changé et cette évolution (qu’on ne nous a pas donné à voir) est plutôt satisfaisante. Ça change de la saison passée, ils ont l’air d’avoir globalement tous gagné en épaisseur, ils sont tourmentés, on sent de vraies tensions naître dans la série, et c’est plutôt bien.

Cette année dans Revolution, Giancarlo Esposito se fait des cheveux blancs…

Mais attention, on est encore loin de la perfection. Côté Charlie et Miles par exemple, il y a encore du boulot, il faudrait déjà que l’une s’exprime un peu plus et que l’autre ait des motivations plus limpides. Et puis il y a surtout encore pas mal à faire pour qu’on arrive enfin à en avoir quelque chose à faire de ce qu’il arrive aux personnages. Spoiler alert : quand Aaron est mort, je me suis rendue compte que ça me mettait en joie. Je me suis dit que c’était une bonne idée, que son personnage ne servait pas à grand chose et que c’était un joli coup sur le plan narratif. Et puis là, patatra : ils ont décidé de le faire revenir à la vie à la fin de l’épisode. Pourquoi ? Visiblement, pour pouvoir permettre à la série de prendre vraiment le chemin de la science-fiction. Je ne vois pas d’autre raison de garder en vie un personnage comme celui d’Aaron. Mais après ceci n’est qu’une illustration supplémentaire du manque d’attachement que l’on éprouve pour les personnages de Revolution et du problème de consistance que cela pose à la série.

Un autre détail dans cet épisode m’a dérangé : la blague sur Friends. Je l’ai perçu comme quelque chose de totalement déplacé dans l’univers de Revolution, parce que soudainement cela raccrochait ce monde au notre. Et cela trahit d’un des gros problème de la série : alors qu’elle est supposée nous projeter dans un futur proche, dans une version apocalyptique de notre monde, elle tombe à côté et on ne se sent pas impliqué dans cet univers. Il y a trop de distance entre nous et ce monde, du coup ce qu’il s’y déroule ne nous atteint pas et on ne se sent pas concerné. C’est quand même embêtant, on passe à côté de l’intention du show. Alors la référence à David Schwimmer comme étant le dernier « Friend » en vie parait totalement hors de propos, comme si tout d’un coup on nous ramenait de force dans notre réalité, une réalité que ne nous semble pas du tout liée à celle du show (le problème est déjà apparu en saison 1 avec la mention de Google).

En somme, un season premiere qui pose de nouvelles bases intéressantes…tout en continuant ramer sur d’autres plans de sa narration. Cependant la série tient le bon bout, et on peut encore espérer qu’avec les pistes que semble lancer ce début de saison (le comeback du gouvernement américain, la nouvelle dynamique des personnages…), la suite sera peut-être moins désastreuse que l’an dernier.

 

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