#Expo L’art de DC – L’aube des super-héros

#Expo L’art de DC – L’aube des super-héros

Ayant ouvert ses portes depuis le vendredi 31 mars et jusqu’au 10 septembre, l’exposition L’Art de DC – L’Aube des super-héros au musée Art ludique à Paris tente le pari de prendre au sérieux ce que la critique institutionnelle considère au mieux comme un amusement. À l’occasion d’une visite pour la presse, nous avons pu constater que les organisateurs ont mis tous les atouts de leur côté.

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En avril 2015, DC Comics publia la saga événementielle Convergence dans laquelle une puissante entité, Telos, enferme les différentes versions des super-héros et de leurs mondes dans des dômes afin de les faire s’affronter. L’occasion pour le lecteur de voir se côtoyer le Superman pré New-52, celui du Superman – Red Son de Mark Millar, le Batman de Flashpoint ou de la période Knightfall ou bien encore Hal Jordan (Green Lantern) quand il était le méchant Parallax, etc. Si la saga est d’une médiocrité telle que Urban Comics ne la mit pas en avant en France (elle se trouve au sein de la série Earth-2), le terme « convergence » est pourtant celui qui nous est venu directement à l’esprit lors de la visite de l’exposition tant la proposition d’œuvres est foisonnante et variée.

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Si la visite commence dans un petit hall minimaliste présentant une grande frise chronologique resituant les grands moments de l’univers DC avec des couvertures à l’appui (première apparition des personnages par exemple), le véritable choc arrive à l’entrée de la première pièce, celle consacrée au plus grand des super-héros : Superman. Accompagné par le magistral thème de John Williams, on découvre alors la pertinence de l’approche proposée par l’exposition. Plutôt qu’une visite chronologique, le visiteur va arpenter plusieurs espaces dédiés à différents héros dans lesquelles se côtoient costumes, maquettes, concept-design, story-boards, interviews vidéo et bien d’autres choses encore. Voulant attirer un public très diversifié allant de l’enfant fan de Batman au cinéma à l’adulte lecteur des BD de Superman, les différents espaces privilégient les héros devenus célèbres sur le grand écran. Il n’est donc guère étonnant qu’en dehors de la trinité DC (Superman, Batman et Wonder Woman) on retrouve un espace consacré à la Suicide Squad dont la majeure partie met, bien évidemment, en avant le personnage d’Harley Quinn.

 

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Cette approche explique donc la part plus minime consacrée à Flash, Green Lantern, Green Arrow, Docteur Fate, la JSA, Aquaman, etc. Mais qu’on se rassure, ces héros ne sont pas oubliés et sont bien présents, via principalement les planches de comics présentées. Car, et c’est là que l’amateur de BD trouvera son bonheur, toute l’approche « cinématographique » de l’exposition sert avant tout à une mise en avant du matériau originel, c’est-à-dire les comic-books. Chaque élément des salles se renvoie non seulement les uns aux autres, mais tous convergent vers les centaines de planches (plus de 250) que l’exposition met brillamment en avant. On pense par exemple à la présentation de l’armure de Batman de Batman v Superman posée à côté de sa source originale, les planches de Frank Miller pour Batman – The Dark Knight Returns, à ces nombreux murs composés de couvertures ou de planches de différents héros dessinés par Neal Adams, Carmine Infantino, le regretté Bernie Wrightson, Curt Swan, Dick Sprang, Marshall Rogers, Joe Kubert, Brian Bolland ou bien encore Alex Ross, aux interviews de Jim Lee, Neal Adams, Amanda Conner ou Geoff Johns, aux croquis pour l’élaboration du costume de Wonder Woman portée par Lynda Carter dans la série télévisée du même nom, costume que l’on peut admirer juste à côté et dont le tout est entourée des planches de BD.

 

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Si le cinéma est donc l’épine dorsale de la visite (allant jusqu’à montrer des travaux de projets annulés tels que le célèbre projet de Tim Burton, Superman Lives), d’autres médias sont également mis en valeur, renforçant ainsi la capacité d’adaptation de la figure du super-héros. Nous avons évoqué la série Wonder Woman, mais celle de Batman de 1966 est également mise en valeur à travers une scénographie reproduisant l’atmosphère si particulière du show télévisé. Cependant, c’est la présence de l’animation qui a retenu notre attention et fait notre joie. Si on peut apprécier la modernité du dessin animé Superman de 1941 conçu par Dave et Max Fleischer sur un grand écran au sein de l’espace consacré à l’homme d’acier, c’est surtout la présence de nombreux celluloïds et de dessins de productions des séries Batman TAS et Superman TAS de Bruce Timm qui nous a ravis. À ce titre, notre pièce préférée de toute l’exposition, celle sur laquelle nous sommes restés scotchés durant des heures, restera le story-board du grandiose générique de Batman — The Animated Serie.

 

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On pourrait rester des heures dans les différentes salles qui composent l’exposition. La qualité et la variété de toutes les pièces présentes permettent aux fans aguerris de savourer chaque planche, et aux amateurs de prendre conscience de la richesse et de la qualité de cet univers. Elle apparaît également comme une exposition de référence sur laquelle, on l’espère, pourront se développer d’autres projets plus ciblés tels que sur les dessinateurs, les scénaristes, les séries TV live, les jeux vidéo, etc. Au final L’Art de DC — L’Aube des super-héros réussit son pari de conciliation et prouve de manière ludique les immenses qualités artistiques d’une culture populaire.

 

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