• Home »
  • SÉRIES »
  • Retour sur la table ronde sur l’exportation de fictions (en direct de Séries Mania)
Retour sur la table ronde sur l’exportation de fictions (en direct de Séries Mania)

Retour sur la table ronde sur l’exportation de fictions (en direct de Séries Mania)

Bron/Broen qui devient The Bridge, puis Tunnel, Hatufim qui sert de base au développement de Homeland… ce jeudi à Séries Mania, une table ronde abordait la question des formats, ces concepts de séries déclinées dans plusieurs pays et qui rencontrent un joli succès. Comment ça marche, quelles sont les spécificités de ce marché et quelles sont les tendances… on vous dit tout.

Les participants à cette rencontre animée par François-Pier Pélinard-Lambert (à gauche). Photo www.lubiie.com

Les participants à cette rencontre animée par François-Pier Pélinard-Lambert (à gauche). Photo www.lubiie.com

Le thème de la rencontre

La rencontre « Le format, une opportunité à saisir ? » était l’occasion d’évoquer un phénomène intéressant à plus d’un titre : la vente de séries non-anglophones à l’international et, bien souvent, la vente de formats pour lancer la production de séries locales.

Les forces en présence

Impeccablement animée par François-Pier Pélinard-Lambert (Le Film Français), cette table ronde réunissait Mathieu Béjot (France TV International), Marc Nowak (Zodiak Rights), Pilar Perez (DCD Rights), Ruth McCance (Eccho Rights) et Avi Armoza (Armoza Format).

Les choses que l’on a retenu de cette rencontre

1. Le marché du format est mondial… mais il est aussi hétérogène. A la base, il y avait un principe simple, la reprise d’un format, c’est la reprise d’une idée qui marche déjà ailleurs. C’est le cas pour Homeland ou pour The Bridge. Mais les choses évoluent très vite en la matière. On l’a vu cette saison avec Hostages sur CBS, un format venu d’Israël et repris aux Etats-Unis… avant même la diffusion de la série israélienne.

tunnel

« Tunnel », la version française d’un format scandinave (Bron/Broen).

La raison est simple : avec près de 150 nouvelles séries lancées chaque année, les Américains s’imposent comme les champions de l’achat de format… mais la mode ne s’arrête pas aux USA, puisqu’aujourd’hui, on peut voir des adaptations de Braquo en Europe de l’Est ou des séries turques comme The End proposées dans une version remontée en Suède.

2. Il y a beaucoup de formats optionnés, mais beaucoup moins de séries développées. Si vous suivez l’univers des séries, vous vous en doutiez déjà : ce n’est pas parce qu’un format est acheté à l’étranger que l’on voit fleurir plein de nouvelles séries. On l’a vu avec Braquo par exemple, qui n’a toujours pas de remake américain alors que les droits ont été achetés. « Le format, comme l’a rappelé Pilar Perez, c’est avant tout une fenêtre que l’on peut explorer ». Et pouvoir, ce n’est pas nécessairement vouloir aller au bout.

3. Achat de format ne veut pas dire appauvrissement des paysages de fiction. Le paradoxe est là : l’explosion du marché du format a complètement profité, en une dizaine d’années, d’un nouvel appétit des diffuseurs pour la fiction. Dans le monde entier comme en France. La multiplication des plateformes de VOD, comme la montée en puissance des chaînes de la TNT chez nous, revitalisent le paysage audiovisuel en proposant de plus en plus de fenêtres de diffusion aux séries, et notamment aux séries issues d’un même format.

Broadchurch, un format acheté aux USA… et en France.

Broadchurch, un format acheté aux USA… et en France.

Pendant que Tunnel est sur Canal +, The Bridge est par exemple visible sur Jimmy. Dans quelques mois, la version française de Broadchurch tentera de rivaliser avec les très bons scores de la série britannique sur France 2. Mathieu Béjot considère même que « l’exportation de format peut contribuer à sortir de l’uniformisation ». On appelle ça un bon gros paradoxe.

4. Développer un format, c’est jouer avec l’intrigue mais aussi la culture du pays diffuseur. Lorsqu’il a été question du remake de la série australienne The Slap pour NBC, les Américains se sont inscrits dans une logique d’adaptation de la série, pas de « traduction » de l’intrigue et son propos.

Si, comme on a pu l’entendre, « on a l’impression que tout peut se vendre mais il n’y a pas de mode d’emploi », il s’avère que l’exploitation d’un format est pertinente quand elle préserve l’universalité de son thème (pour The Slap, « Doit-on gifler un enfant ? ») mais prend aussi en compte la spécificité de la nouvelle audience à laquelle on s’adresse. Avec ses codes, son histoire, ses symboles. En un mot : avec sa culture. A ce petit jeu, si l’exercice est délicat avec une série dramatique, il l’est encore plus avec une comédie…

 

 

Partager