Famille sonnante et trébuchante (Les Médicis / SFR)

Famille sonnante et trébuchante (Les Médicis / SFR)

Note de l'auteur

Quoi de mieux pour mettre en avant son nouveau service de vidéo à la demande par abonnement (Zive) que de lui allouer une série d’époque avec Dustin Hoffman en tête de gondole. C’est la stratégie de SFR qui s’offre avec Les Médicis : Maîtres de Florence une première incursion sérielle très perfectible.

Au quinzième siècle, l’influence financière des Médicis dépasse très largement leur ville de Florence. La célèbre dynastie de Toscane est devenue si puissante qu’elle fait même office de banque pour le Vatican. Cette domination fait très logiquement des envieux, emportant jusqu’au patriarche des Médicis, Giovanni, dont la mort s’avère tout sauf accidentelle…

Après les Borgias – qui apparaissent dans deux séries pour le compte de Showtime et Canal+ –, voici venir les Médicis que le sériephile a parfois croisé, comme dans la très farfelue Da Vinci’s Demons par exemple.
Le propos historique est ici plus sérieux même si le choix de confier ce projet à Frank Spotnitz (X-Files, The Man in the High Castle) et Nicholas Meyer (Star Trek, Houdini) peut surprendre. Maintenant, le sujet étant très documenté et la famille ayant connu plusieurs générations notables, il ne serait pas étonnant que cette série se poursuive de manière non linéaire, soit avec une approche très libre.

En cela, les Médicis évoquent rapidement la mini-série des Piliers de la Terre (qui connut une seconde saison bien distincte justement). On y retrouve cette ambition de décrire une communauté face à ses défis et notamment l’enjeu de la construction d’un illustre lieu de recueillement.
Néanmoins, l’amateur de récit d’époque – choyé par la multitude de titres désormais disponibles sur ce segment, il faut bien le dire – ne s’y retrouvera pas. Sans faire dans la démesure d’une Versailles, les Médicis ne parviennent pas non plus à soulever l’intérêt dans le cadre encore simple et restreint d’une famille à l’orée de sa domination. Récemment, une série comme Wolf Hall avait pourtant démontré que les moyens et l’ampleur de vastes mises en place ne sont pas nécessaires pour créer une reconstitution passionnante et inspirée.

À ce titre, la distribution symbolise bien la teneur des ambitions déployées sur ce format. Dustin Hoffman (Giovanni) est très en retrait dans un rôle périphérique qui ne lui laisse guère exprimer son talent singulier. Dans le rôle principal, Richard Madden (Cosimo) est impénétrable et l’inexpressivité rédhibitoire qui le caractérise n’a sans doute pas dû faire le poids en regard d’une plastique jugée plus primordiale.
Les seconds rôles, souvent italiens, sont toutefois plus intéressants. On retrouve avec plaisir le duo Miriam Leone (Bianca) et Guido Caprino (Marco Bello) qui étaient déjà très bons dans 1992.

Diffusée depuis le 17 octobre sur la Raï, Les Médicis se sont signalés par de fortes audiences transalpines et sont d’ores et déjà assurés de revenir pour une seconde saison. Il n’est pas certain qu’ils soient autant synonymes de succès du côté de chez Zive.

LES MEDICIS : MAITRES DE FLORENCE
Saison 1 en 8 épisodes disponibles dès le 25 octobre sur Zive (SFR)
Créée par : Frank Spotnitz & Nicholas Meyer.
Saison réalisée par : Sergio Mimica-Gezzan.
Avec : Richard Madden, Dustin Hoffman, Stuart Martin, Annabel Scholey, Alessandro Sperduti, Valentina Bellè, Frances Barber, Ken Bones, David Bradley, Guido Caprino, Lex Schrapnel, Daniel Caltagirone, Steven Waddington, Fortunato Cerlino, Miriam Leone, Sarah Felberbaum.


Visuel : Lux Vide, Big Light Productions, Wild Bunch TV & Rai Fiction.

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