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Fantasia 2014: Beauté Classique (Critique de No Tears for the Dead de Lee Jeong-beom)

Fantasia 2014: Beauté Classique (Critique de No Tears for the Dead de Lee Jeong-beom)

Note de l'auteur

no tears

En tuant une petite fille par accident lors de son dernier contrat, le tueur à gages Gon décide de mettre un terme à sa carrière. Son boss en a décidé autrement et l’envoie en Corée pour une dernière mission. Là, il devra tuer la mère de sa dernière victime.

Ne tournons pas autour du pot et évacuons  la question du scénario, ultra classique. Le héros, aka Badass Man, va se retourner contre son patron et décider de ne pas tuer la nana, aka Regard de Veau. Il va découvrir que tout ce bazar tourne autour d’une sombre histoire de pognon fomentée par un sombre individu aka Tronche de Yuppie à la Con et se faire poursuivre par ses anciens collègues et amis aka Les Méchants. Badass Man fait donc de son mieux pour protéger Regard de Veau, poursuivie par Tronche de Yuppie à la Con et ses sbires à cause d’une clé USB, démonte la tronche de quelques larbins lambda puis confronte Les Méchants dans un bain de sang final. Pan-pan, boum-boum, pif-paf-pouf. Clap de fin, merci, bonsoir, n’oubliez pas de jeter votre pop-corn en sortant de la salle.

Passons maintenant à la partie qui nous intéresse et qui mérite qu’on s’y attarde. Car No Tears For The Dead ne serait qu’un polar classique au scénario lambda si derrière la caméra ne se cachait pas Lee Jeong-beom, petit orfèvre du cinéma coréen et réalisateur de The Man From Nowhere et Cruel Winter Blues. Et le bonhomme sait visiblement y faire. Évitant de dégainer tout de suite sa pétoire, le réalisateur prend son temps et après une parfaite scène d’introduction se permet de ralentir l’action, de s’attarder sur ses deux personnages principaux, de leur donner un véritable background et de susciter notre intérêt. Attention, on n’atteint pas non plus des hauts degrés de complexité. Juste assez.

Fort heureusement, quand Lee Jeong-beom passe à l’action, il n’oublie pas non plus son cerveau à l’entrée du plateau de tournage. Avec ses grosses références sous le bras (comment ne pas penser à Die Hard ?) le cinéaste tape dans l’efficace mais pas le spectaculaire, l’action brute mais pas exagérée, la virtuosité mais pas l’esbroufe. Bénéficiant d’un montage lisible, d’une chorégraphie claire et d’une intensité folle, chaque scène d’action est une claque au visage qui si elle est brève laisse des petits picotements et les joues rouges.

En bonus, le réal se permet même quelques touches d’humour qui font mouche à chaque fois, venant désamorcer un film qui aurait pu de bout en bout n’être que tension.

Ne venant pas bouleverser non plus les codes du genre et n’étant en soi pas révolutionnaire, No Tears for the Dead parvient tout de même à s’imposer comme un bel exercice de style, un polar d’action nerveux et savamment construit. Classique certes mais pas générique.

No Tears for the Dead de Lee Jeong-beom avec Jang Dong-gun, Kim Min-hee, Brian Tee et Jun-seong Kim 

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