Fantasia 2014: Cerveau Lent (Critique de Kite de Ralph Ziman)

Fantasia 2014: Cerveau Lent (Critique de Kite de Ralph Ziman)

Note de l'auteur

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Adolescente orpheline, Sawa (India Eisley) décide de retrouver l’assassin de ses parents avec l’aide de l’ex-partenaire de son père, Karl Aker (Samuel L. Jackson). Enchaînant les meurtres les uns après les autres, elle croise un jour la route d’Oburi (Callan McAuliffe), un jeune homme qui dit la connaître et qui semble en savoir long sur son passé…

Premier film à ouvrir le bal de la sélection « action » de Fantasia 2014, Kite du sud-africain Ralph Ziman aurait pu, avouons-le, être bien pire. Mais bien mieux aussi.

Adaptation du manga hentai sanguinolent Domination nakite vendu via son trailer comme un un mashup vulgos de Kick-Ass+du cul+du sang+de la dubstep+Samuel L. Jackson, il se révèle au final plus tenir de la série B aux ambitions de mise en scène honorables que du vulgaire produit marketing crasseux.

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Point d’étalage de fesse, d’inutile glorification de la violence ou de shaky cam Parkinsonienne mais une photographie léchée, une mise en scène lisible et des décors cheap mais savamment utilisés donnant une tenue de route plus que confortable au film. On pardonne même les quelques effets malheureux, du filtre bleu au filtre jaune en passant par les flashbacks floutés filmés au ralenti. C’est pour dire.

Capture d’écran 2014-07-19 à 14.31.48Ce qu’on ne pardonnera toutefois pas, c’est le profond ennui dans lequel nous plonge Kite, la faute à un scénario inexistant, à une terrible absence de rythme et à des personnages aussi clichés qu’inconsistants. L’inoxydable Sam Jackson joue (comme assez souvent) son propre rôle, ne laissant plus que la frêle India Eisley pour porter le film sur ses jeunes épaules. Et si la formule peut marcher dans Kick-Ass grâce au talent de Chloe Moretz, la pauvre India elle se retrouve bien penaude, ne pouvant compter que sur sa palette d’expressions faciales darks et tourmentées pour essayer de donner de la consistance à un personnage dont on se fout royalement. Dépourvu de rythme (Dieu que c’est lent !) et d’une histoire bien trop classique (coucou le twist final que tout le monde avait vu venir), Kite est, malgré ses bonnes intentions un film bancal, délivrant au lieu de la dose d’adrénaline qu’on pouvait attendre, une tisane « bonne nuit » au lait chaud. Un truc un peu fadasse qui fait roupiller quoi.

 

Kite de Ralph Ziman avec India Eisley, Samuel L. Jackson et Callan MacAuliffe. 

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