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Fantasia 2014: Contretemps radieux (Critique de The Infinite Man de Hugh Sullivan)

Fantasia 2014: Contretemps radieux (Critique de The Infinite Man de Hugh Sullivan)

Note de l'auteur

infinite man

Inventeur de génie, Dean ne peut s’empêcher d’utiliser ses talents de scientifique et sa propension à tout intellectualiser et tout calculer même dans sa vie amoureuse. Après un weekend désastreux durant lequel il perd sa petite amie Lana, il invente une machine lui permettant de retourner dans passé afin de réparer ses erreurs.  Mais très vite tous deux se retrouvent pris dans une boucle temporelle incontrôlable. Dean va alors devoir entrer en compétition avec ses doubles afin de retrouver Lana, perdue dans les abymes du temps.

Le manque de moyens peut parfois s’avérer être une véritable bénédiction. Pas de thunes ? Pas de problème, on compense avec le reste. Qui a besoin d’effets spéciaux, de motion capture, d’écrans verts, de 3D, d’Optimus Prime ou de Gravity quand à la place il dispose du plus bel outil de création cinématographique jamais inventé : l’imagination. Surement pas Hugh Sullivan en tous cas qui avec son casting riquiqui, son équipe minuscule et son budget qui n’aurait pas couvert un plan de Transformers 4 a mis sur pied un des films les plus inventifs, les plus drôles et les plus émouvants qu’il ait été donné de voir depuis des lustres.

infinite man 1Dans son genre, Shane Carruth avec le nébuleux Primer avait lui aussi réussi à combiner petit budget et science-fiction audacieuse pour un résultat complètement hors norme, cérébral et délicieusement barré. The Infinite Man est d’une certaine manière son petit cousin éloigné, fleur bleue et avec un cœur gros comme ça. Porté par Josh McConville, héros de cette fable temporelle cheap, le film utilise habilement le concept du voyage dans le temps et de la boucle infinie pour parler avec tendresse des relations amoureuses, du doute, de la rupture, de la perte de confiance, de l’espoir, de l’attente, de la tromperie, de l’autoflagellation, de la solitude, du couple. De l’amour.

A cause de sa machine à voyager dans le passé et de sa fâcheuse tendance au cérébralisme, le héros se perd dans les affres du temps, rencontre ses doubles, les jalouse, perd la belle Lana (Hannah Marshall), la retrouve, la perd à nouveau et passe à côté de l’essentiel encore et encore. L’unique décor du film – un hôtel miteux perdu au beau milieu du désert – devient alors la représentation du cerveau embouteillé de Dean où se confrontent ses multiples personnalités et où toute la galerie de doubles s’observe, s’épie et se jalouse. Plus le héros semble se rapprocher de la solution, plus le puzzle devient compliqué et plus le bonheur s’éloigne.

infinite man 2Mais loin de n’être qu’une pure œuvre de réflexion, The Infinite Man est surtout une comédie romantique dans le sens le plus noble du terme. Grâce à un timing impeccable, Hugh Sullivan parvient à trouver le parfait équilibre en humour et mélo, désamorce chaque situation dramatique avec un sourire, et chaque sourire avec une touche de mélancolie. Ajoutez à cela un montage malin, des personnages qui sonnent vrais et justes , un scénario qui transpire l’authenticité et une construction narrative foutrement intelligente et vous obtenez une heure et demie de pure magie cinématographique, un film sincère et beau, infiniment touchant autant qu’il est drôle.

On dira surement à propos de ce film qu’Eternal Sunshine of the Spotless Mind ou qu’Un jour sans fin sont passés par là. Pas faux. Mais n’écoutez pas ces blaireaux sans cœur. Plaisir non coupable, The Infinite Man est une œuvre brillante, un délicieux petit bijou à côté duquel il ne faut pas passer. Si la boucle temporelle de Sullivan  passe par chez vous, n’hésitez pas et courez vous y engouffrer. Vous en ressortirez avec un grand sourire de couillon satisfait. Testé et approuvé.

The Infinite Man de Hugh Sullivan avec Josh McConville, Hannah Marshall et Alex Dimitriades

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