Fantasia 2014: Film Culte (Critique de Faults de Riley Stearns)

Fantasia 2014: Film Culte (Critique de Faults de Riley Stearns)

Note de l'auteur

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Afin de sauver leur fille Claire (Winstead) d’une secte occulté appelée Faults, un couple décide d’engager le Dr. Ansel Roth (Leland Orser), spécialiste des cultes et de la déprogrammation mentale. Fauché, au bout du rouleau et endetté jusqu’au cou, celui-ci accepte. Il enlève la jeune femme et l’enferme dans une chambre d’hôtel afin de la ramener à la raison. Mais bien vite, les rapports de force s’inversent.

Voilà un film qui semblait bien poli au milieu de l’éclectique programmation de Fantasia. Point de gorille joueur de base ball, de policier loup garou, de japonais couvert d’hémoglobine, de royales séquences de tatanes ou de machine à voyager dans le temps. Pourtant avec sa petite histoire gentillette et simple, Faults est à bien des égards un des films les plus certifiés mindfuck que les festivaliers auront pu voir durant ces 3 semaines d’orgie cinématographique.

Les apparences sont en effet parfois trompeuses. Débutant comme une comédie « à la Coen » avec une présentation de l’antipathique loser moustachu (Orser) qui lui servira de héros, Faults se fait un malin plaisir à envoyer le spectateur sur un chemin auquel il ne s’attendait pas. Tour à tour, il se mue en une comédie noire, un thriller psychologique, un huis clos surnaturel, et surtout en une puissante réflexion sur le pouvoir du discours, des images et du cinéma. Dites-le-vous bien, cette histoire de secte n’est qu’un écran de fumée créé pour vous faire marcher.

Faults

Je sais, je reste vague. Le problème, c’est que si j’en dis trop, je risque de vous gâcher non seulement la fin du film mais l’effet qu’il pourrait avoir sur vous. Vous l’aurez surement deviné, Faults  est un film qui marche entre autres grâce à son ambiguïté et son retournement de situation final. Mais que vous l’ayez anticipé ou non durant la projection, l’important n’est pas là. L’important est le cheminement psychologique sur lequel va vous amener le film, à quel point il va questionner vos croyances, remettre en doute vos certitudes et gentiment jouer avec vos méninges.

Ce que je peux par contre vous dire à son sujet, c’est que Leland Orser (le type qui a un chestburster dans Alien : Resurrection) livre une performance complètement sidérante et qu’il réussit à jongler avec les différents tons du film  avec une aisance déconcertante, que Mary Elizabeth Winstead prouve encore une fois qu’elle n’est pas que bonne à jouer les nunuches hollywoodiennes et qu’elle sait se faire subtile, vénéneuse et envoûtante et que Riley Stearns réussit à nous mener gentiment par le bout du nez et en même temps à nous mettre salement mal à l’aise.

Se déroulant comme un long face-à-face entre Orser et Winstead, Faults  est un intense dialogue entre un cinéaste et son public, un film sur la manipulation des masses et sur les jeux de l’esprit. Il vous faudra cependant être bon perdant car à la fin, c’est Faults qui gagnera.

Faults de Riley Stearns avec Leland Orser, Mary Elizabeth Winstead, Lance Reddick, Jon Gries et Beth Grant

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