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Fantasia 2014: Fini de loler (Critique de Cybernatural de Leo Gabriadze)

Fantasia 2014: Fini de loler (Critique de Cybernatural de Leo Gabriadze)

Note de l'auteur

cybernatural

« Durant un chat vidéo, 6 lycéens reçoivent un message d’une de leur camarades de classe décédée après avoir mis elle-même fin à ses jours un an auparavant. Croyant tout d’abord à une mauvaise farce, ils se rendent progressivement compte que la menace virtuelle est bel et bien réelle. « 

Tout cinéphile le dira : pour profiter à 100% d’un film, rien ne vaut le saint des saints, le sanctuaire des sanctuaires, la bénie salle de cinéma, ses gros fauteuils en mousse et son lino qui colle. Pourtant, en sortant de la projection de Cybernatural l’évidence s’impose : ce film doit se voir sur un écran d’ordinateur, sur un bureau (ou dans un lit pour les plus flemmards) et en slip pour les adeptes du tout confort. Et en soi, un film qui réussit à te convaincre d’une telle aberration, c’est plutôt balèze.

Se situant dans les catégories mal aimées/mal foutues du film d’horreur pour ados et du found footage (oui, Destination Finale 15, Paranormal Activity 46 et Ouija, c’est de vous dont je parle), Cybernatural a l’originalité de se dérouler uniquement et d’une seule traite sur un bureau d’ordinateur. Bon, citons tout de même que le procédé n’est pas révolutionnaire puisque déjà utilisé entre autres dans le court métrage Noah, mais passons. Reprenant habilement les comportement et les modes 2.0 actuelles via l’utilisation de Facebook, Skype, Spotify, Instagram et consorts, le film se déroule alors comme un unique plan séquence d’une heure et demie durant lesquels les protagonistes vont subir tour à tour les vilains tours d’un esprit vengeur.

Le message inquiétant, le secret compromettant dévoilé sur la toile se mue progressivement en menace physique et nos pauvres ados crétins se mettent à beugler comme des ânes tandis qu’ils se font uns par uns massacrer par une force mystérieuse.

Alternant les rires (avec le running gag de la page Wikipedia sur la possession démoniaque qui réapparaît comme par magie) et les moments d’horreur classique, Cybernatural est un film malin dans lequel on se laisse agréablement happer, celui-ci jouant la carte de l’immersion totale. On regrette certes les nombreuses incohérences, les gros trous de scénar et surtout l’absence de menace concrète qui, il faut le dire, réduit fortement les chances de faire péter le trouillomètre.

Mais au-delà de ça, on se réjouit d’avoir vu un film qui renouvelle le genre dans sa forme, réussit parfaitement à s’inscrire dans son époque et prend habilement en compte les mœurs de ses spectateurs et leur manière de consommer le cinéma. Ouvrant la voie à une nouvelle vague de films faits et pensés pour l’écran d’ordinateur, Cybernatural peut se targuer d’être un bel essai qui, à défaut d’être pleinement transformé, vaut le coup d’œil.

Cybernatural de Leo Gabriadze avec Shelley Hennig, Renee Olstead, William Peltz, Jacob Wysocki, Courtney Halverson, Heather Sossaman et Moses Jacob Storm

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