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Fantasia 2014: Not Another Zombie Movie (Critique de Life After Beth de Jeff Baena)

Fantasia 2014: Not Another Zombie Movie (Critique de Life After Beth de Jeff Baena)

Note de l'auteur

life after beth

Quand sa petite amie Beth (Aubrey Plaza) meurt au cours d’une randonnée, Zach (Dane DeHaan) est dévasté. Mais lorsqu’une semaine plus tard celle-ci ressuscite mystérieusement, le jeune homme y voit une seconde chance et décide de profiter de l’occasion pour faire tout ce qu’il aurait voulu avec elle de son vivant. Pourtant, le comportement de Beth se met progressivement à changer tout comme ses goûts culinaires…

C’est drôle quand même de voir comme la roue  a tourné. En 2003, Jeff Baena, humble petit scénariste de son état écrit un de ses premiers films, un long métrage intimiste  qui mélange comédie romantique, teen movie et film de zombies. Tiens donc. Seul problème : en 2003, Shaun of the Dead n’est pas encore sorti, George Romero n’est pas tendance, Zombieland n’a pas vu le jour et Norman Reedus n’a pas encore rendu sexy le pétage de morts-vivants à grand coups d’arbalète.  Jetons donc ça à la poubelle.

life after beth 2Onze ans plus tard, la donne a bel et bien changé. Le zombie est hype, se décline en films, en comics, en séries, en romans, en t-shirts, en mugs et en cupcakes, avec plus (Shaun of the Dead) ou moins (Warm Bodies) de réussite. Trop de zombies, dites-vous ? Saturation du marché, dites-vous ? On s’en tape les enfants, on est à Hollywood, on veut du pèze et on est prêts à tout. Farfouillons les tiroirs, trouvons un scénar à nous mettre sous la dent et vendons un film aux couillo… aux spectateurs. Et pouf, comme par magie Life After Beth revient d’entre les morts.

Heureusement, dans cette grande machine à pognon, l’honnêteté et la réelle volonté artistique de faire un film sincère prend parfois le dessus. Et c’est ce qui sauve Life After Beth. Car loin de recycler les codes du genre vus, revus et rerevus, Jeff Baena, maintenant passé réalisateur, réussit à distiller son grain de sel et à insuffler à son film une singularité salvatrice qui lui permet de garder la tête hors de l’eau.

Flanqué de deux héros sans âge incarnés par Dane DeHaan et par la délicieuse Aubrey Plaza, Life After Beth lorgne du côté de John Hughes et de sa tendre évocation de la jeunesse innocente, de ses questionnements naïfs et de son rapport au monde fait de désillusions et de découvertes merveilleuses. La résurrection de Beth est alors autant l’occasion de parler de la mort et du deuil que de la rupture amoureuse et des pages qui se tournent.

bethDénué (ou presque) de violence et de gore, le film est par contre porté par une légèreté qui ne repose pas sur les ressorts comiques habituels de l’humour à la sauce zombie, lorgnant plus vers l’absurde et le décalage. Donnant le ton dès sa scène d’ouverture, Life After Beth est ponctué de belles trouvailles drôlatiques, de la résurrection soudaine du grand-père jusqu’à l’apaisement des zombies grâce à de l’affreux smooth jazz. Plaza, parfaite en ingénue mangeuse de chair et DeHaan, aussi  juste dans la comédie que dans le drame, sont aidés par une galerie de merveilleux seconds rôles. A ce titre, mention spéciale au couple Molly Shannon / John C. Reilly et à Matthew Gray Gubler, grand frère crétin obsédé par son flingue.

S’il n’atteint toutefois pas les sommets du mètre-étalon du genre Shaun of the Dead (que j’évoque ici pour la 3ème fois, oui je sais), Life After Beth est donc une belle réussite dans ce qu’on pourrait qualifier de nouvelle vague de la zombixploitation, réussissant à imposer sa singularité, son ton, son humour et sa manière de détourner le genre. Un film de morts-vivants qui réussit à garder son âme et ne cède pas à la facilité.

Life After Beth de Jeff Baena avec Aubrey Plaza, Dane DeHaan, John C. Reilly, Molly Shannon, Paul Reiser, Anna Kendrick et Matthew Gray Gubler

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