Fast Racing Neo: vitesse supersonique

Fast Racing Neo: vitesse supersonique

Note de l'auteur

Nintendo a le chic pour garder en réserve bon nombre de licences sans les utiliser. On pense à Mother ou Excitebike qui ne demandent qu’à être extirpés des tiroirs pour recevoir une refonte complète et bienvenue. Mais l’une d’elles est sur toutes les lèvres tellement le milieu est désert depuis la fermeture de Psygnosis et la perte de Wipeout: F-Zero. Pas un seul épisode depuis l’opus GameCube. Les Allemands de Shin’en l’ont bien compris et se sont dit qu’au lieu d’attendre, ils n’avaient qu’à en faire un.

1450115764-437-capture-d-ecranC’est évidemment la parenté la plus évidente lorsqu’on voit Fast Racing Neo : un jeu de course hyper rapide, proposant des vaisseaux flottant à quelques centimètres au-dessus du sol, traversant des villes futuristes et des décors de science-fiction en se bastonnant la tronche à coups de turbo dûment récupéré sur la piste. Mais le jeu bénéficie de quelques ajouts de gameplay histoire de se différencier : le vaisseau peut changer de couleur, en passant de bleu à orange et inversement. Placer son vaisseau dans une couleur spécifique permet d’emprunter des bonus de la même couleur afin de bénéficier d’un turbo supplémentaire. Au contraire, le passage d’un vaisseau sur une mauvaise couleur le ralentit affreusement. Tout le sel du jeu consiste donc en deux grandes lignes de gameplay : switcher entre les deux couleurs afin de passer sur un maximum de turbo pendant la course, et amasser suffisamment de billes sur la piste pour grimper sa jauge de turbo et balancer la sauce afin de grappiller quelques précieuses secondes sur les adversaires.

49a5e4c1bab68c852ae3076f84aba87eLes modes de jeux sont assez classiques. En dehors d’un Time Trial qui n’a pas d’autre fonction que de vous entraîner à faire les meilleurs temps sur les différents circuits, c’est dans le mode Championnat que vous passerez le plus clair de votre temps. Composé de trois niveaux de difficultés (Subsonic, Supersonic et Hypersonic), le mode comprend 4 coupes de 4 circuits, où il vous faudra terminer sur le podium à la fin de chaque coupe pour débloquer la suivante, ainsi que les autres modes de difficultés. Et c’est là que Fast Racing Neo dévoile sa face perverse : si la difficulté Subsonic ne devrait pas trop poser de problème, permettant des courses relativement équilibrées histoire de découvrir les pistes facilement, c’est en Supersonic qu’on commence à faire face au système véritablement punitif du jeu, poussé à son paroxysme. En effet, votre vaisseau peut exploser de différentes façons, soit en rencontrant un obstacle de plein fouet, soit en ratant un saut et en tombant dans le vide. Le jeu vous remet alors quelques mètres avant votre erreur, mais avec une lenteur tellement extrême que tous les adversaires vous passeront devant inévitablement. Il n’est pas rare de faire les deux premiers tours deuxième voire premier, de faire une simple erreur et de se retrouver avant-dernier ou même dernier. Rageant, surtout que les accidents arriveront de plus en plus souvent au fur et à mesure de certains circuits qui n’hésitent pas à mettre des obstacles en plein milieu (des pylônes ou des containers) ou des pièges (flammes sortant de la piste, sauts qui ne permettent même pas d’anticiper la suite du parcours).

screenshot03C’est encore plus problématique lorsque, pour gagner une course en niveau Intermédiaire (ou au moins finir sur le podium), il faut faire une course parfaite, sans se planter, et en jonglant habilement entre les billes de turbo et les bonus au sol. Et même de cette façon, les adversaires ne vous lâcheront pas une miette de terrain. L’impression de vitesse en turbo est telle qu’il est extrêmement difficile d’anticiper un piège bien fourbe. On lutte constamment entre le désir d’enclencher le turbo et la peur de se viander tellement il est impossible de voir les obstacles devant vous lorsque la course se tord sous l’effet de la vitesse. Réussir à gagner une course en Intermédiaire relève du par cœur, en apprenant les pistes sur le bout des ongles et en ayant suffisamment d’adresse pour récupérer un maximum de turbo, les circuits en soi n’étant pas extrêmement complexes.

C’est le gros point d’interrogation du jeu : alors qu’on apprécie vraiment de retrouver des courses pêchues et bien dynamiques lors du premier niveau de difficulté, on rage dans l’impossibilité de gagner des courses en niveau Moyen alors qu’on a clairement l’impression d’avoir fait un sans faute. Et tout ça met en exergue les défauts du jeu qui nous explosent à la figure : d’abord le temps extrêmement long de remise en course lors d’un accident. En niveau moyen, une seule erreur et vous n’arriverez jamais sur le podium, ou très très difficilement. Ensuite des saloperies infectes faites par les adversaires : lors d’un départ turbo, si vous avez le malheur de vous retrouver derrière un adversaire, celui-ci aura 90 % de chances de ne pas faire un turbo comme les autres et vous lui rentrerez dedans dès le départ, restant sur place et grillant une chance d’avoir un peu d’avance. Enfin, l’absence de mini-map est très problématique. On a beau jouer des virages comme un beau diable, ne pas savoir où sont placés vos concurrents est très problématique et vous donne l’impression d’avancer pour rien. Un oubli très étonnant et qui aurait vraiment aidé.

1450115764-2857-capture-d-ecranEn dehors de ça, le jeu est mignon et enchaîne du 60 fps sans sourciller. C’est nettement moins le cas en multijoueur en écran splitté, et c’est un peu dommage, même si ça n’enlève rien au plaisir de jouer entre amis de bon goût (ou sadiques). Le jeu en ligne est très simplifié et aurait mérité plus de travail mais vu le prix du jeu et la petite équipe derrière le titre, c’est pardonnable. Mais c’est clairement dommage que le jeu passe aussi brusquement d’un titre fun et dynamique à quelque chose de très (trop ?) punitif qui monte la difficulté beaucoup trop haut pour véritablement s’amuser, surtout quand on voit que les défauts cités plus haut empêchent le jeu de laisser une chance à ceux qui veulent profiter du titre sans se payer une crise d’épilepsie en essayant de suivre ce qu’il se passe en vitesse turbo. Un bon petit jeu en soi, à réserver aux véritables acharnés qui ont déjà retourné bon nombre de F-Zero en difficulté maximum. Pour ceux qui cherchent un petit jeu de course futuriste pas trop prise de tête, Fast Racing Neo est malheureusement trop élitiste pour ça, même si son petit prix permettra aux curieux de s’y essayer facilement.

Fast Racing Neo
Développeur : Shin’en
Editeur : Nintendo
Disponible uniquement sur l’e-shop (15 euros)


FAST Racing Neo Launch Trailer par ign

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