FEFFS 2014, ep 3 : Midnight Movies

FEFFS 2014, ep 3 : Midnight Movies

Tandis que plus de 1500 spectateurs croisaient leurs effluves lors d’une projection en plein air de SOS fantômes, les salles de la section “Midnight Movies” du festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg étaient dévastées par des bandes de vampires en mal d’intégration, de castors morts-vivants et de geeks beuglant du Doom Metal.

zombeavers

Outre le faiblard Dead Snow 2 : Red vs Dead déjà évoqué, cette section du FEFFS, qui remporte un très vif succès en termes de fréquentation, réservait cette année encore son lot de bonnes et de mauvaises surprises, mais toujours dans l’esprit fun et trash des midnight movies.

Zombeavers

zombeavers-aff-2074On pensait avoir tout vu, rats, serpents, insectes de toutes sortes mais aussi chauves-souris, lapins, poules, grenouilles et même des vers de terre. Mais personne n’avait encore songé à réaliser un film d’agression animale avec des castors ! C’est désormais chose faite puisque, dans Zombeavers, les adorables rongeurs qui œuvrent à patiemment ériger d’innocents barrages sont transformés en morts-vivants carnivores particulièrement agressifs. Saluons l’originalité d’un incident déclencheur qui donne bien le ton du film puisque les mammifères ont été contaminés par un fut de déchets toxiques accidentellement tombé d’un camion… On n’est donc pas là pour se prendre au sérieux mais pour parodier toute une tradition de séries B aujourd’hui à peu près révolue, et pour le faire avec un profond respect du genre, de ses codes et de l’esthétique qui correspond à son âge d’or, au point d’en revenir à l’animatronique plutôt que d’abuser de CGI cheap. Avec un réjouissant mauvais goût, le réalisateur Jordan Rubin s’acharne sur ses trois couples d’étudiants venus passer un weekend dans la traditionnelle cabane au fond des bois, agrémentant ses dialogues d’un sous-texte sexuel hélas intraduisible en français autour du “beaver” et de répliques du style “on ne doit pas se battre entre nous, c’est justement ce que les castors veulent”. Très vivement recommandé aux amateurs !

 

What We Do in the Shadows

what-we-doEgalement dans une tendance parodique, le mockumentaire What We Do in The Shadows suit le quotidien d’un petit groupe de vampires vivant en communauté dans une demeure de Nouvelle-Zélande. Entre les difficultés inhérentes à toute colocation –  qui n’a pas nettoyé le sang dans la salle de bain ? – et la volonté de s’intégrer à une société qui ne les comprend pas – ils se retrouvent désespérément seuls à chaque fois qu’ils sortent en boite – la vie, enfin la mort, n’est pas toujours simple pour ces créatures de la nuit… Entre deux séquences prises sur le vif, les différents protagonistes se confient face caméra, sacrifiant aux usages des émissions de télé-réalité que les réalisateurs Taika Waititi et Jemaine Clement pastichent allègrement. Mais comme souvent en matière de parodie, aussi originale et décalée soit-elle, la mécanique finit par tourner à vide.

 

Knights of Badassdom

knights-of-badassdomUne bande de geeks trentenaires à la vie sexuelle pathétique – une bande de geeks, quoi – a pour hobby, outre le Doom Metal, de se déguiser avec des toges pour lancer des sorts et de s’affubler de cottes de mailles pour se battre avec des épées en mousse au cours de jeux de rôles grandeur nature. Comme ils sont un peu stupides et qu’ils s’y croient vraiment, ils ne réalisent pas tout de suite que le livre dont ils viennent de lire une incantation est un vrai grimoire de sorcellerie disparu depuis des siècles… Contraint de faire avec une CGI bien trop proprette et un rythme plus que bancal, le casting pourtant stimulant de Knights of Badassdom (Peter Dinklage, Steve Zahn…) ne parvient pas à sortir le film de l’anecdotique, et le spectateur de l’ennui.

 

Discopathe

DiscopatheSuite à un traumatisme d’enfance un peu compliqué à raconter mais qui montre à quel point le scénariste et réalisateur canadien Renaud Gauthier a l’air secoué, un jeune newyorkais bien sous tous rapports devient le plus sauvage des serial killers dès qu’il entend du disco. Le problème c’est qu’on est à la fin des années 70, en pleine émergence du mouvement musical des boules à facettes et que, le disco, on l’entend alors partout. Notre discopathe décide de se soigner en quittant l’effervescente New York pour la plus sage Montréal, où il officie comme homme à tout faire dans un pensionnat de jeunes filles. Des jeunes filles gagnées à leur tour par la fièvre du samedi soir… Si la reconstitution de l’époque nous replonge avec soin dans l’ambiance des thrillers sous la lumière si particulière des hivers québécois (coucou Jean-Claude Lord) (oui moi aussi je dis coucou, pas de raison que Docteur No ait le monopole !) regrettons que la direction d’acteurs tente la carte du sur-jeu nanar sur un traitement de sujet qui ne s’y prête pas vraiment. En résulte un curieux mélange d’élaboration formelle et de nawak scénaristique qui, finalement, fait bien son job de midnight movie. Et puis c’est pas tous les jours qu’on assiste à des décapitations au 45 tours – ça coupe plus qu’on ne le croit – en écoutant Stop ou encore by Plastic Bertrand. Ni à une course-poursuite rythmée par I Was Made for Lovin’ You des Kiss. Ah, quelle belle époque !

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