FEFFS 2015 : une ouverture Dantesque

FEFFS 2015 : une ouverture Dantesque

Lorsque Joe Dante, invité d’honneur du Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, est monté sur scène vendredi 18 septembre pour inaugurer cette 8e édition, nos petits cœurs de jeunes cinéphiles des années 80 ont vibré à l’unisson. Nous sommes retombés en enfance ! Un bonheur bien éphémère puisqu’avec la projection du film d’ouverture, le médiocre Knock Knock d’Eli Roth, c’est plutôt à l’Enfer de Dante que les spectateurs étaient confrontés.

Joe Dante

Me surprenant à babiller tel un mogwai devant l’hommage, à base d’extraits de ses films, concocté par le monteur Julien Ditsch, je me suis dit que Joe Dante n’a pas assez tourné. Il avait d’autres films à faire. Il continue certes à travailler sur des séries comme Hawaii 5-0 mais, sans vouloir dénigrer ce programme que je n’ai pas vu, j’ai du mal à imaginer que la personnalité et le talent du réalisateur de Matinee (Panic sur Florida Beach) y apparaissent à leur juste valeur. Ce n’est pas une question de médium, The Second Civil War et deux épisodes de Masters of Horror en attestent, mais plutôt d’espace et de liberté. D’ailleurs, Burying the Ex, son dernier long métrage pour le cinéma (dont la sortie en France est annoncée en 2016, sous un mode de diffusion qui reste à confirmer) le prouve. En le présentant deux jours plus tard, ce dimanche 20 septembre, Dante disait d’une façon désarmante : “Ne vous attendez pas à un grand film de Joe Dante. C’est un film cheap que j’ai tourné pour le plaisir et pour un public amateur d’humour et de cinéma de genre.” Avec cette première projection salle en France, on pouvait alors constater que le bonhomme en a encore à revendre ! Critique à suivre.

 

Tribute Joe Dante au Festival du Film Fantastique de Strasbourg :

 

Knock knock, who’s there?, Eli Roth, Eli who?

KnockKnockMais revenons à la soirée d’ouverture qui s’est poursuivie avec Knock Knock, signé Eli Roth. C’est quoi, un bon film d’ouverture de festival ? Un film qui fédère, qui divertit, pas trop long, si possible pas trop con non plus… un film moyen quoi. Et s’il y a au moins une tête d’affiche, c’est mieux. Sur ces différents points, et à condition de ne pas être trop regardant, Knock Knock fait l’affaire.

“Knock knock”, c’est cette vanne pourrie qu’on rame pour comprendre parce que c’est intraduisible. Mais knock knock – en français toc toc – c’est aussi le bruit que font deux créatures à nichons égarées par une nuit d’orage en frappant à la porte d’Evan, architecte et père de famille qui a envoyé madame et les enfants quelque part en week-end pour, lui, rester travailler consciencieusement à ses projets d’architecture. Ni une, ni deux – ou plutôt ni une, ni douze parce que le film se traîne un peu quand même – les deux bonasses (dont Lorenza Izzo, la meuf d’Eli Roth) poussent le pauvre Evan à la faute, malgré sa bonne volonté et ses efforts pour résister. Chantage, menaces et torture au programme de la soirée. Eli Roth patauge derrière sa caméra pour plusieurs raisons : une trame façon Funny Games ultra rabâchée, un scénario conséquemment prévisible et un humour pachydermique en tête. Mais le problème tient surtout au personnage principal, la victime donc, qui malgré l’interprétation plutôt convaincante de Keanu Reeves (comme quoi tout arrive), est soit complètement stupide, soit très mal écrit. Personnellement, je penche pour un mélange des deux. A vous de juger puisque le film sort en salles ce mercredi 23 septembre.

 

Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg, du 18 au 27 septembre 2015.

 

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