FEFFS 2015 : le palmarès

FEFFS 2015 : le palmarès

Enzo G. Castellari, Président du jury. (©Nicolas Busser)

Enzo G. Castellari, Président du jury. (©Nicolas Busser)

Au terme d’une grosse semaine de festival, le jury présidé par le pape de ce cinéma bis italien qui emplissait jadis les rayons des vidéoclubs, le réalisateur Enzo G. Castellari, a rendu son verdict. Son palmarès s’avère de qualité et sans réelle surprise au regard d’une compétition de moyenne tenue, représentative de l’actuel coup de mou qu’accuse le genre.

Tendance majeure de cette huitième édition, le huis clos est bien le type de film qui peine à se renouveler sans donner dans le high concept. Mais après tout, est-il besoin de faire du neuf pour faire du bon ? Sûrement pas mais Knock Knock d’Eli Roth (en ouverture hors compétition) démontrait bien que, sans au moins une bonne idée, c’est rarement concluant.

 

Octopus d’Or : The Invitation, de Karyn Kusama

En haut du podium, c’est Karyn Kusama (Girlfight, Æon Flux, Jennifer’s Body…) qui rafle l’Octopus d’Or avec The Invitation (en photo). Là encore, c’est un huis clos assez classique qui s’installe, mais il se tend progressivement avec bien plus de talent que les autres représentants du genre conviés à Strasbourg. Dommage que, alors qu’on se doute bien que tout ça va mal finir, la réalisatrice se plante lorsqu’elle doit jouer ses derniers pions, maîtrisant moins bien son dispositif dans le déchaînement de violence que dans sa préparation. Tout ça sent quand même fortement le DTV.

 

The Hallow.

The Hallow.

Méliès d’Argent : The Hallow, de Corin Hardy

Très classique également, The Hallow est un film de monstres, en l’occurrence des créatures issues du folklore irlandais qui s’attaquent aux habitants d’un village isolé, et plus particulièrement à la petite famille d’un scientifique venu dans cette région forestière pour étudier les arbres malades. Pas de quoi crier au génie, mais après tout on n’en demande pas tant, c’est assez bien foutu et les SFX font la part belle à l’animatronique, ça fait plaisir. Pour son premier long métrage, Corin Hardy montre ce qu’il sait faire et ça semble porter ses fruits puisqu’il aurait été choisi pour réaliser le remake de The Crow. Enfin, depuis le temps que la rumeur d’un remake du film d’Alex Proyas circule, on espère pour Corin Hardy qu’il a d’autres projets sur le feu…

Alors que The Survivalist de Stephen Fingleton, qui mériterait bien une sortie en salles mais n’a toujours pas de distributeur pour la France (avis aux amateurs !), ne récolte qu’une honorifique Mention spéciale du Jury, c’est donc The Hallow qui, grâce à son Méliès d’Argent, concourra pour le Méliès d’Or récompensant le meilleur film européen de genre de l’année, dont les finalistes issus des différents festivals affiliés se retrouveront au cours de la 48e édition du Festival de Sitges, du 9 au 18 octobre prochain.

 

Prix du Public : The Lobster, de Yorgos Lanthimos

Prix du Jury lors du dernier Festival de Cannes, The Lobster gagne les faveurs du public alsacien venu en masse voir le film avec le plus de stars à l’affiche de cette édition. Dans une sorte d’hôtel à la discipline particulièrement stricte destinée à former les couples les mieux assortis possibles, un homme (Colin Farrell) essaie de séduire une femme (Rachel Weisz), au risque d’être déchu de son humanité et de se voir transformé en homard en cas d’échec. Oui je sais, dit comme ça, ça peut surprendre, mais il ne faut pas en attendre moins du réalisateur grec Yorgos Lanthimos (Canine, Alps…). Si la dimension absurde du sujet sert à propos la fable un peu lourde sur les relations de couple dans un monde menacé de déshumanisation, c’est surtout par l’absence totale d’ironie de la part des personnages que le film, assez drôle, fonctionne. Malheureusement, une fois que l’on a quitté cet hôtel, soit toute la deuxième heure, ça devient long. Très long.

 

Palmarès des courts métrages

Plusieurs prix ont également récompensé trois catégories de courts métrages : Compétition internationale, Made in France et Animation.

Octopus d’Or : Barrow de Wade K. Savage

Méliès d’Argent : Detector de Floris Kingma

Prix du Jury dans la catégorie Animation : World of Tomorrow de Don Hertzfeldt

Prix du Jury dans la catégorie Made in France : Aquabike de Jean-Baptiste Saurel

Mention Spéciale du Jury : Clones de Rafael Bolliger

Mention Spéciale dans la catégorie Animation : Le Repas dominical de Céline Devaux

Mention Spéciale Court Métrage Made in France : Garçonne de Nicolas Sarkissian

Prix du Jury Jeune : Detector de Floris Kingma

Prix du Public : Detector de Floris Kingma

 

Indie Game Contest

Dans cette section du festival, qui prend cette année une belle ampleur, une compétition a réuni 21 jeux vidéo indépendants. Le jury a décerné deux prix : l’Octopix et le Prix du meilleur jeu fantastique.

Octopix : Apocalypse Cow

Prix du meilleur jeu fantastique : Zombie Night Terror

 

Le Festival Européen du Film Fantastique de Strasbourg s’est tenu du 18 au 27 septembre 2015.

 

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