Festival de Dinard 2015 : The Violators de Helen Walsh

Festival de Dinard 2015 : The Violators de Helen Walsh

Note de l'auteur

Romancière s’essayant à la réalisation, Helen Walsh rentre dans la compétition du Festival de Dinard avec le film social The Violators, genre si cher à nos voisins d’outre-Manche. Si ce dernier a produit ses chefs d’œuvre, on ne trouve malheureusement ici qu’une débauche de misère un peu vaine, voire carrément limite par moments.

Bienvenue dans l’Angleterre grise et terne, celle qui sent la clope, la bière plate, l’ennui et la misère. C’est dans ce décor que vit Shelly (Lauren McQueen), ado de 15 ans au regard tristoune qui s’occupe de ses deux frères, l’un grand et con, l’autre petit et tout mimi. Tombant peu à peu dans les doigts libidineux de Mickey (Stephen Lord), mafieux local aux cheveux gras débordant d’appétit pour les jeunes filles en fleur, elle fait la rencontre de Rachel (Brogan Ellis), fille de bourges mystérieuse et déséquilibrée. Par la même occasion, elle apprend la libération prochaine de son père, emprisonné pour avoir brutalisé la fratrie. Un tableau réjouissant donc.

Point de surprises ici, la vie ne va pas être rose pour la jeune fille et les 1h37 du film vont nous le montrer avec force et insistance. Avec quoi en bout de ligne ? On se le demande. Car mis à part montrer la misère et enchaîner les scènes sordides, The Violators donne l’impression de ne pas dire grand-chose. L’amitié entre les deux filles, censée être le point central du film, n’est effleurée que pendant trois scènes. La relation de Shelly avec son voisin, un jeune militaire, n’aboutit pas. Le climax du film, réglé par une coupe brutale, donne l’impression que la réalisatrice ne savait pas comment terminer son film.

violators 2

L’accumulation de misère et de violence semble alors gratuite, ne servant qu’à mettre le spectateur en position de témoin complice. « Nous ne voulions pas faire du personnage de Shelly une victime » confiait le producteur David Moores avant le début de la séance. C’est pourtant l’impression que le film donne de bout en bout.

 

Heureusement pour The Violators, l’interprète principale Lauren McQueen réussit à donner corps à son personnage, brillant autant dans ses moments de fragilité que dans les scènes où elle doit s’imposer. Le reste du casting, convaincant dans son ensemble, parvient non sans mal à faire tenir ce long métrage bancal.

Mais au bout du compte, on ne peut s’enlever de la tête, une fois le film terminé, d’avoir assisté à une mise en scène un peu putassière de la pauvreté et de la souffrance qui force l’apitoiement. Un procédé facile qui joue avec les tripes du spectateur sans servir son sujet, bien au contraire.

The Violators de Helen Walsh avec Lauren McQueen, Brogan Ellis, Stephen Lord et Derek Barr.

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