Festival de Télévision de Monte-Carlo : « Kaboul Kitchen n’est jamais écrasée par son thème »

Festival de Télévision de Monte-Carlo : « Kaboul Kitchen n’est jamais écrasée par son thème »

Joey Faré et Benjamin Bellecour, respectivement productrice et comédien de la dramédie de Canal +, sont revenus sur les clefs du succès de la série, alors que la saison 3 est en préparation.

 Avec la saison 2, la série a trouvé la bonne carburation. Comment abordez-vous la saison 3 ?

Joey Faré : « La saison 3, c’est une saison difficile à écrire. On attend un renouvellement des situations, on attend que les personnages surprennent… et en même temps, on veut une certaine continuité. Retrouver des héros que l’on connaît. Deux des cocréateurs de la série, qui ne sont plus aujourd’hui dans son écriture (Jean-Patrick Benes et Allan Mauduit, NDLR), me disaient dernièrement que plutôt que de monter d’un cran au niveau dramaturgie, peut-être valait-il mieux se stabiliser pour mieux franchir ensuite un palier. Je pense qu’ils n’ont pas tort. C’est ce que l’on observe dans un certain nombre de séries anglo-saxonnes. Ca ne nous empêche pas d’imaginer de nouveaux personnages et des surprises.

54e Festival de Monte-Carlo : Benjamin Bellecour, de Kaboul Kitchen (photo Isabelle Ratane)

54e Festival de Monte-Carlo : Benjamin Bellecour, de Kaboul Kitchen (photo Isabelle Ratane)

Benjamin, pensez-vous que le fait de sortir avec Lala soit quelque chose de positif pour Axel, votre personnage ?

Benjamin Bellecour : « Je dois dire que je suis très content de la façon dont est écrite cette série parce que même s’il y a plein de jolis garçons dans la distribution, c’est moi qui sors avec les filles (rires). Ce qui me semble intéressant dans cette histoire, c’est que les rapports hommes/femmes classiques sont inversés. On trouve dans cette histoire des choses très modernes sur ce que c’est que l’amour ou ce que c’est qu’être en couple aujourd’hui. En plus, Karina Testa (Lala) est une super partenaire : c’était vraiment très agréable de jouer avec elle. La grande force de la série, c’est qu’elle n’est jamais écrasée par son thème ou les situations mises en scène. Entre Jacky et Amanullah, il y a une psychologie très fine, qui fait que l’on ne tombe jamais dans la caricature. Il y a une sorte d’élégance dans les rapports qu’il est intéressant d’aborder. Il y a un espace de jeu qui est très large ».

Jacky et Axel sont un peu des happy loosers dans la série : tous les deux se retrouvent souvent dans des situations gênantes. Comment l’appréhendez-vous, à la lecture du scénario ?

Benjamin Bellecour : « C’est toujours super jouissif à jouer, ça. Dans une comédie, les situations, c’est quelque chose de très important. La situation de la gêne, c’est extrêmement empatique et en même temps, on se demande comment les personnages vont s’en sortir. En terme de narration, c’est agréable. En saison 2, on est davantage dans la gêne sentimental. Quand on est acteur, on aime lire ce genre de choses ».

Faire de la comédie dans un environnement de conflit, c’est délicat. Est-ce qu’à certains moments vous vous dites « Là, c’est trop limite » ?

Joey Faré : Oui, évidemment (rires). On s’est beaucoup référé au film M*A*S*H de Robert Altman, qui exploite bien ce genre d’humour. Mais aujourd’hui, le cinéma peut se permettre plus d’audace que la télévision française.

Benjamin Bellecour : « En même temps, je trouve que l’on va assez loin. Quand, alors qu’il est dans son bar, Jacky dit « Dieu est grand mais le patron, ici c’est moi », personnellement, à la lecture, je me suis dit « Ah oui, faut quand même la sortir, celle-là ». »

 

Joey Faré : « Il y a quelques égratignures mais on n’a jamais voulu être dans la provocation. Et puis on se moque aussi bien de l’Orient que de l’Occident. Chacun en prend pour son grade. On essaie d’être dans l’équilibre ».

Benjamin Bellecour : « Marc Victor (cocréateur de la série, NDLR) est au départ de cette histoire : c’est aussi un garant de véracité. Je pense qu’il avait aussi envie de raconter cet endroit, de décrire ce qui s’y passe. La meilleure façon d’avancer sur ce sujet, dans une série, c’est de l’aborder par petites touches. Si dès le deuxième épisode, on aborde le sujet de la lapidation, après il y a pas d’histoire à raconter : c’est juste horrible. Mais c’est dit. On parle aussi de sujets complexe, comme la circoncision que subit Axel en saison 2. C’est fait en creux et ça permet aussi de faire avancer les choses ».

Être présent au Festival de Monte-Carlo, ça représente quoi pour vous ?

Joey Faré : « C’est un festival qui réunit majoritairement des programmes anglo-saxons et américains. Être présent ici, c’est se dire qu’on est peut-être du niveau de ces créations, ce qui nous fait très, très plaisir. En plus, il y a très peu de programmes français. Comme au Fipa à Biarritz, où l’on a reçu le Fipa d’Or. Être ici, ça participe du même challenge ».

Canal + souhaitait diffuser la saison 3 assez tôt, en 2015. C’est toujours d’actualité ?

Joey Faré : « La série ne sera pas diffusée en début d’année 2015. Le processus d’écriture des nouveaux épisodes est encore en cours. On ne peut pas encore donner de date ».

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