Christopher McDonald à Monte-Carlo : « Les meilleures histoires sont racontées à la télévision »

Christopher McDonald à Monte-Carlo : « Les meilleures histoires sont racontées à la télévision »

Christopher McDonald est un habitué du petit écran. Présent au 55ème Festival de Télévision de Monte-Carlo, il est venu présenter Texas Rising, mini-série diffusée sur History et qui raconte la naissance des Texas Rangers. L’occasion pour l’acteur de nous raconter sa passion du western mais également parler plus largement de la télévision et des nouveaux modes de diffusion.

©Isabelle Ratane

©Isabelle Ratane

DAILY MARS : Faire un western, était-ce un rêve d’enfant ?

Christopher McDonald : J’adore les westerns, j’ai grandi avec eux. Mon père en regardait tout le temps. Je me souviens d’une photo de moi qui a été prise un Noël où je suis près du sapin : je porte un costume de cow-boy, avec pistolet, bandana et un chapeau. Je voulais devenir cow-boy. Habituellement, je ne joue pas ce genre de rôle, je joue des gens de pouvoir, des avocats ou des méchants. Leslie Greif, le producteur, m’a d’abord proposé un autre rôle, je ne pouvais pas car je tournais Harry’s Law. Il m’a alors dit « Le prochain sera pour toi ! » et le rôle de Henry Karnes est arrivé et me parlait vraiment. C’est un homme calme, qui montre l’exemple. Un vrai cow-boy, un vrai héros. Et c’était génial de jouer ce personnage.

Pouvez-vous nous en dire plus sur l’état des Texas Rangers dans la série. Où en sommes-nous de leur histoire ?

C. M. : Quand la série commence, les Rangers sont envoyés en mission par Sam Houston pour chercher des informations sur la situation à Alamo. Quand ils arrivent, il est trop tard, la bataille a eu lieu. Tout est en train de brûler et les Rangers pensent que personne n’a survécu à l’assaut. Ils n’ont aucune connaissance de ce qu’il vient de se produire. Ils découvrent trois ou quatre femmes qui étaient chassées par les Indiens et qui ont réussi à s’enfuir avec leurs bébés. L’une d’entre elles est la femme du lieutenant du Fort. Ce sont les seuls survivants. On suit vraiment le livre. Ces hommes étaient avant tout des patriotes du Texas et se battaient pour leurs terres. Mon personnage, Henry Karnes, et celui de Deaf Smith entraînaient ces jeunes hommes, leur disant que ce combat était un choix. Le choix de faire partie de cette révolte contre l’oppression.

Le tournage fut-il difficile ?

C. M. : Je dois avouer que j’avais beaucoup d’appréhension à l’idée de tourner sous 38° avec le sable qui volait dans mon visage. Impossible de porter des lunettes de soleil, pas de réseau pour les téléphones (rires). Et quand j’ai réussi à oublier tout ça, je me suis ressaisi et dis « Allez, baisse la tête, bats-toi contre le vent, je vais être comme ces hommes qui se sont battus ». C’était difficile, une vraie épopée ! Mais quand on voit ces magnifiques paysages, on se dit « Oh mon dieu, c’est pour cette beauté que les hommes se sont battus ». C’était tourné à 900 mètres d’altitude, les deux premières semaines, nous étions à 2400 mètres. Il faisait froid et la vue était époustouflante. Ça ne ressemblait pas au Texas, il n’y avait pas de câbles électriques au dessus des paysages, c’était comme un bout de nature vierge, préservée de la civilisation.

Nous avons tourné dans le ranch de John Wayne où ils ont construit les décors de la ville de Victoria. Ils ont fait un travail remarquable sur cette reconstitution. Et c’est là que nous nous sentions vraiment au cœur du western. On traverse la ville, on pousse des portes battantes comme dans les saloons. Mais c’était difficile car il pleuvait tous les jours, parfois pendant deux heures, parfois seulement vingt minutes et d’autres fois quatre heures. Donc on allait tourner les scènes dans les tentes avec le bruit infernal de la pluie ou on devait seulement attendre que la pluie cesse. C’était énormément de travail. Roland Joffé était concentré comme s’il portait des œillères. En tant que capitaine, je tentais de montrer l’exemple et m’assurait qu’aucun de mes hommes ne dérapent. Nous devions tous restés très concentrés. Et pendant que nous attendions que la pluie s’arrête, nous étions tous dans les starting-bocks, prêts à reprendre. C’est vraiment l’exemple que nous a montré Roland.

2 TV TEXAS RISING 1Texas Rising fut conçu comme une mini-série mais pourrait-elle revenir pour une seconde saison ?

C. M. : Je pense que oui et j’adorerais revenir et tourner la suite en une seconde mini-série ou en épisodes de série hebdomadaire. Ce serait plus difficile car on devrait changer de réalisateur. J’adore travailler avec Roland Joffé et j’aimerai qu’il s’occupe de la suite en mini-série. C’est toujours en cours de décision et ce n’est pas de mon ressort. Mais si ça ne tenait qu’à moi, j’y retournerais de suite et reprendrais là où on s’est arrêtés. La série s’est terminée quand les Texas Rangers ont énormément de travail. Ils sont de plus en plus nombreux et forts et deviennent un pilier crucial pour l’avenir du Texas et de la Californie.

Vous avez joué dans beaucoup de séries. Quel intérêt, en tant qu’acteur, trouvez-vous à la télévision ?

C. M. : De nos jours, les meilleurs scénarios se trouvent à la télévision. Il existe tellement de scénaristes géniaux qui travaillent en ce moment sur le câble par exemple et ils font un travail que je n’ai jamais vu auparavant. Donc on travail avec ce support de bonne qualité et parfois pas très loin de chez nous. Pendant le tournage d’un film, je suis loin de ma famille durant plusieurs mois et c’est dur. Mais quand on a la chance de travailler pour Paramount ou la 20th Century Fox, on peut faire sa journée de tournage et le soir, rentrer auprès des siens, ce qui est une bénédiction. C’est le gros avantage de la télévision. Son format est super, 12 millions de téléspectateurs par semaine, parfois 16 pour certains épisodes, c’est absolument incroyable. Notre popularité augmente car ces séries se vendent partout dans le monde. Mais tous les acteurs seront d’accord avec moi, la chose la plus importante est l’histoire. Et les meilleures histoires sont, en ce moment, racontées à la télévision.

Quelles séries appréciez-vous ?

C. M. : J’aime beaucoup de séries. J’adore Masters of Sex. Michelle Ashford est brillante. J’aime Games of Thrones, bien sûr, Breaking Bad, Mad Men. En général, j’aime les séries dans lesquelles j’aurai adoré tourner (rires). Ma femme me fait regarder des choses comme Orange Is the New Black et c’est fantastique !

Que pensez-vous des séries Netflix et voudriez-vous jouer dans l’une d’entre elles ?

C. M. : Netflix est quelque chose de brillant, notre façon de regarder la télévision a changé. Les dirigeants de Netflix ont tenté une nouvelle expérience avec House of Cards et ils ont eu raison. Le binge watching est arrivé et tout le monde le pratique. C’est génial car tous les épisodes vont être sur Apple, Amazon, Netflix ou ITV, qu’importe ce que les gens possèdent. Et je peux les regarder quand j’ai envie, pas uniquement le jeudi à 21 heures par exemple. Aujourd’hui, c’est ce que veulent les gens : regarder leur série quand ils en ont envie.

Propos recueillis par Marine Pérot lors d’une table ronde au 55ème Festival de Télévision de Monte-Carlo, en présence d’autres journalistes.

Transcription et traduction : Elodie Mahé et Guillaume Nicolas
À LIRE EGALEMENT : la critique du premier épisode et la rencontre avec Robert Knepper.

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