Final Round… 3,2,1… Fight!!!

Final Round… 3,2,1… Fight!!!

Fighting Game Sprites by  raijin akuma

Fighting Game Sprites by raijin akuma

 

Après la bataille royale des consoles entre 1990 et 1994, l’arcade va de nouveau relever le gant et proposer de nouveaux champions, prêts à combattre pour le titre suprême.

Des coups de polygones en 3D

Virtua Fighter (SEGA-1993)Tekken

Virtua Fighter est le premier jeu en 3D à sortir sur Arcade, ouvrant la voie à un réalisme jusqu’alors inconnu des joueurs. Malgré l’aspect « minecraftien » des combattants, le jeu séduit par ses animations réalistes et les combinaisons multiples effectuées avec seulement 3 boutons. Comme dans un vrai match, si l’adversaire vous sort de l’arène, vous perdez, réintroduisant la mécanique du « Ring out ». Virtua Fighter 2 adapté en 1994 sur Saturn, la 32 Bits de Sega bénéficiera des avancées en terme de textures et d’un affichage haute résolution en 56-60FPS. Malheureusement, le succès relatif de la console Saturn ne permettra pas à ce jeu de s’imposer face à un féroce concurrent en la personne de Tekken. Paradoxalement, le jeu demeurera extrêmement populaire sur arcade notamment au Japon et les évolutions techniques de Sega (Sega’s ALL NET) en terme de bornes d’arcade lui donneront même une nouvelle dimension, le multiplayer en ligne sur arcade en 2010 avec Virtua Fighter 5 Final Showdown

Tekken (Nanco-1994)

Tekken, en tant que challenger, a des atouts non négligeables sur arcade : finesse de résolution, textures, et surtout, une adaptation sur la console Playstation de Sony dès 1995 qui viendra directement sceller le match. En 1999, Tekken et ses suites atteindront le chiffre de 10 millions d’exemplaires vendus, en grande partie dû à la suprématie de la Playstation sur le marché des consoles. 4 boutons pour actionner les poings et les pieds, possibilité de pivoter sur le coté de l’adversaire pour esquiver ou attaquer, un jeu complet répondant à l’attente des joueurs et qui sera récompensé par différents awards comme « Meilleur jeu de combat 3D », « Meilleures ventes d’un jeu PlayStation », « Meilleur jeu de combat vendu sur PlayStation » en 2008.

Soul Edge (Nanco – 1995)

Sorti en 1995 sur arcade puis en 1996 sur PS, Soul Edge (Soul Blade en Europe), digne successeur de Samourai showdown, réintroduira les combats à l’arme blanche en version 3D, et donnera naissance en 1998 à la série Soul Calibur (Namco – Arcade/Dreamcast de SEGA). Soul Calibur séduira par la diversité de ses personnages atypiques et ses techniques de combat à l’arme blanche, avec pas moins de 11 personnages de base auxquels s’ajoutent 9 personnages secrets. Il atteindra la note parfaite de 40/40 pour IGN, Famitsu et Gamespot, ce qui le classe comme l’un des meilleurs jeux de combat de tous les temps.

Un grand absent de cette période, Nintendo. En effet, les difficultés à sortir la N64 et l’absence de 3D dans les jeux de combats ne permettront pas à des jeux comme Killer instinct 2 (RARE) sur N64 ou sur arcade de s’imposer comme un réel concurrent. Il faudra attendre 1999 pour voir revenir dignement Nintendo sur le ring avec un nouveau type de jeu de combat peut-être plus adapté à ses joueurs.

 Un nouveau coup : la fracture de l’œil.

La 3D a su démontrer toutes ses possibilités en termes d’animations des techniques de combats, mais aussi dans l’animation des gestuelles corporelles des combattants. Jusque-là, on se contentait d’animations pour se moquer de son adversaire mais Dead or Alive repoussa plus loin ces limites en dotant les personnages féminins d’armes de guerre (ou obus) proéminents, défiant de façon subtile les lois de la gravité pour le plus grand plaisir des joueurs. Ces atouts majeurs marqueront la série en allant vers plus de réalisme et donnant même naissance à un spin-off Dead or Alive Xtreme Beach Volleyballnarrant le repos bien mérité des combattantes de Dead or Alive 3 sur une île paradisiaque.

Les années 2000 : de nouvelles sources d’inspiration.

Jusque dans les années 2000, le ring des jeux de combats fut essentiellement peuplé par les différents titres précédemment cités, les éditeurs (ab)usant du filon de leur(s) licence(s) respective(s). C’est conjointement avec la déferlante Manga que le genre se renouvellera, à la fois sur le plan graphique (Cel-shading) et narratif. Si Dragon Ball Z Budokai n’est pas en soit une nouvelle licence, son intérêt viendra notamment de la narration du jeu très proche du manga et de l’existence de scénario alternatif pour certains combattants (Vegeta, Cell…).

Naruto Clash of the Nijna (D3 publisher – 2003)

De même Naruto: Clash of Ninja 1 et 2 nous fera revivre les différents combats des héros au travers les nombreux arcs de la série. L’utilisation du cell-shading, donnant littéralement l’impression de jouer dans un dessin animé, fera le bonheur de nombreux joueurs et marquera par la même occasion le retour de Nintendo (GameCube) sur le ring. 3 boutons suffisent pour prendre en main le personnage et les combos donnent lieu à de véritables séquences d’animations 3 D fidèles aux attaques des personnages dans l’anime.  

Issus des mangas, on trouvera également sur consoles Bleach (2005) et One piece (2012) dont les licences n’auront pas encore totalement convaincu les joueurs mais qui resteront potentiellement des hits à venir.

 

Enter the Melee

Super Smash Bros (Nintendo -1999)

Nintendo revient sur le ring et c’est avec un cross-over de ces propres licences qu’il trouvera dignement sa place. Avec Super Smash Bros apparaît aussi un nouveau mode de combat : le genre Mêlée, à savoir plusieurs personnages prenant part au combat sur des terrains de  type plate-forme, le but étant de ne pas mourir (ou le moins possible) et d’infliger un maximum de dégâts aux autres adversaires à l’aide des techniques propres à chaque personnage. Ultra fun, le jeu a une approche simple du combat mais développe aussi une approche stratégique basée sur les différents terrains. Les opus qui suivront introduiront à chaque fois de nouveaux combos, de nouveaux personnages tous issus de licences Nintendo jusqu’à faire de Super Smash Bros une des licences les plus emblématiques de la marque comme vous pourrez le lire dans le dossier de Florian : Enter the Melee.

And the world champion is …

La compétition a toujours été de mise avec les jeux de baston, il était donc naturel de voir des compétitions s’organiser autour des différents titres emblématiques. Dans les salles d’arcade, dès le début de la création du genre, puis par l’apparition de bornes d’arcade en réseau (Japon), les joueurs vont désormais s’affronter et enregistrer sur une carte leur profil, leur rang, et leur ratio victoires/défaites. Ce développement technologique est aussi une des clés de l’étonnante vigueur des salles d’arcade au Japon, alors qu’en Europe, leur nombre décline dangereusement (voir Que sont devenues nos chères salles d’arcade ?).

A partir de 2002, des événements à l’échelle mondiale ont été organisés pour permettre aux joueurs de différentes nations de se qualifier et enfin de se rencontrer dans des phases terminales de tournoi comme l’EVO ou le Tougeki. Les éditeurs aussi ne sont pas en reste et ont créé leurs propres tournois comme le Capcom Pro Tour ou la Sega Cup, mettant en valeur leurs propres licences de fighting game.

Ce développement s’est accéléré notamment avec des consoles en ligne, XBox 360 et PS3  et des PC qui verront le retour de licences mythiques jouables en ligne : Street Fighter IV, Tekken Tag Tournament 2, Virtua Fighter 5. Désormais, vous pouvez affronter de votre canapé en League des joueurs du monde entier, vous entraîner et espérer rejoindre un jour l’élite du Pro Gaming.

Alors certes, on peut sourire en comparant la pratique d’un jeu de combat à un sport, mais franchement, regardez le match ci-dessous et vous comprendrez que la pratique d’un jeu peut devenir l’espace d’un match en 5 manches gagnantes (avec 2 manches d’écart), un réel enjeu sportif, nécessitant concentration, adaptation et développement d’une stratégie adaptée à son adversaire. A noter Daigo (Evil Ryu) fait partie du Top mondial des joueurs de SF, et est le gagnant de l’EVO 2009 et 2010.

De même, la mise en réseau des consoles et PC a contribué au développement de chaînes de stream spécialisées sur des titres de jeux de combats, Twitch proposant à la fois des chaînes de Killer instinct, Mortal Kombat, Super Smash Bros, Street Fighter et autres jeux de vs fighting, disponible au clic, 24/24h.

Voila, on termine ce dossier ayant pour but de vous faire découvrir les principales étapes de l’évolution des jeux de combat depuis 1976 à nos jours. Évolution d’un genre qui, sans s’être énormément renouvelé, a su rebondir à chaque innovation technologique pour proposer des heures et des heures de jeu, seul, avec des amis ou désormais en ligne. Alors que peut-on souhaiter à ce presque trentenaire (2016) ? Allez !!! Rêvons un peu d’un Open World où vous créerez votre combattant, parcourrez la planète pour apprendre un art de combat, développerez des coups spéciaux et des enchaînements en relation avec votre apprentissage, et affronterez des joueurs tout au long de votre pérégrination (je devrais peut-être mettre un brevet sur l’idée ^^).

 

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