Music Mini Review : Le Flop Pop 5 2013 de Lordofnoyze

Music Mini Review : Le Flop Pop 5 2013 de Lordofnoyze

Ahoy, Sheppard à l’appareil ! Et voilà. On n’est mine de rien arrivé à la fin de l’année sans trop de casse. On a eu un début un peu houleux, pas très certain de la place que la Mémère pouvait avoir sur Mars, mais il semble qu’elle l’ait finalement trouvé sans trop de problème et ce, grâce à vous. Soyez-en remerciés. Du coup, qui dit fin d’année, dit évidemment bilan, dit top, mais aussi flop. Sachant qu’il faut toujours garder le meilleur pour la fin, nous avons décidé de commencer par les flops 2013. Ce Flop 5 ne racle pas le fond du fond de la musique commerciale. C’est qu’on tient à nos oreilles, nous. Non, il s’agit surtout de souligner les échecs artistiques de certains musiciens que nous avons connu sous un jour meilleur (ou pas). Et même si ces échecs peuvent sembler parfois aller de soi, ça va tout même mieux en le disant. On commence tout de suite avec le camarade Lordofnoyze !

 

Ciara, Ciara

L’ambition de Ciara ne connaît apparemment pas de limites, à part une seule : trouver un bon single. C’était tout l’enjeu de son association avec le magnat LA Reid, à la tête d’un Epic Records qui se veut revigoré. Il est clair que jusqu’à présent ses CD ont eu plus de chances de passer en bande-son d’un Step Up Ou Battle Of The Year que de décrocher un Grammy Award. Dans la course à être la Janet de 2010, elles sont fort nombreuses. Ciara, elle, propose toujours une adaptation r&b plus lascive des évolutions de la scène hip-hop d’Atlanta. C’est son plus produit. C’est son association avec l’atroce rappeur Future (qui coécrit plusieurs titres) qui tire ce dernier album vers l’abîme de la non-créativité… et les bacs à soldes. Passé le fameux « Body Party », single efficace et sexy, c’est de la pop vite vue vite oubliée, des gimmicks vaguement crunk (« Super Turnt Up ») et beaucoup de vide. Damned, encore raté !

 

French Montana, Excuse My French

French Montana, c’est le prototype du rappeur à gimmick, qui a été propulsé au firmament grâce à une pléthore de featurings sur pléthore de mixtapes, qui l’ont conduit à une très lucrative signature avec le Bad Boy de Diddy et le MMG de Rick Ross. Comme le suggère ce titre, Excuse My French est une entreprise qui aligne les clichés les plus éculés du « coke rap », et ça insulte pas mal, le bon goût de l’auditeur en premier. Les featurings se comptent à la pelle, et la production tellement peu inspirée qu’elle en devient risible. La plus grande traversée du désert de 2013, c’est bien cet album.

 

Lady Gaga, ARTPOP

Une grande baudruche de laquelle surnage des moments soft-rock sans fard (« Gypsy ») mais surtout une complaisance sans limite. DJ White Shadow rend une sage copie electro-pop pour compléter les lubies de La Gaga, qui apparemment réserverait des chansons plus expérimentales pour une deuxième « phase » de ARTPOP. On l’attend de pied ferme. NOT.

 
 
 
 
 
 

Robin Thicke, Blurred Lines

Avec un hit intergalactique et controversé, y a-t-il besoin de pondre un album qui tienne la route ? Evidemment que non, nous susurre Thicke, crooner r&b qui avait vraiment besoin de s’encanailler et de basculer dans le mauvais goût, après des collections de mélopées acoustiques aussi intimistes que léthargiques. Si, dès le deuxième titre, il nous implore de « Take It Easy On Me », la gamelle créative de cet album est un supplice auditif (à l’exception du groovy karaoké de Michael Jackson « Ain’t No Hat 4 That »). Il l’a donc bien cherché avec un gloubiboulga électro qui arrive même à gâcher un featuring (probablement à prix d’or) de Kendrick Lamar. Ladies and Gentlemen, le champion des bacs à solde 2015 est là !

 

Eliza Doolittle, In Your Hands

Prenez un potentiel de pop guillerette et honnête, et tournez en rond avec. Ce flop est parti avec des intentions plus modestes que la plupart des précédents, mais la Britannique Eliza Doolittle n’arrive pas à faire mouche, aussi carrées soient ses mélodies. C’est ainsi qu’on ne pourra pas forcément en vouloir à ceux qui la confondent avec Lily Allen au blind-test. Comme le titre de l’ouverture l’assène : « Waste Of Time ».

 

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