Friends, le coffret Blu-Ray (Warner)

Friends, le coffret Blu-Ray (Warner)

Note de l'auteur
LE COFFRET

Par John Plissken

 

Dix saisons, 236 épisodes répartis sur vingt disques, une galette à part réservée aux bonus inédits, un livret de 66 pages, 20 heures de suppléments dont trois inédites (dixit Warner)… Et bien entendu, pour la première fois, la possibilité de (re)découvrir la série dans de superbes versions remasterisées en HD et proposées au ratio 1.78 compatible avec nos écrans 16/9, contrairement aux DVD bloqués sur une image carrée en 4/3. Le coffret Blu-ray Friends – L’intégrale est a priori le bel objet définitif pour tout fan de Friends digne de ce nom. Mais les pinailleurs risquent pourtant de sévèrement pinailler…

Ce coffret Blu-ray mérite-t-il de lâcher 95 euros sur Amazon pour son acquisition ? Tout dépend de votre statut. Fan enragé de Friends qui ne jure que par les mythiques “extended cuts” des épisodes, vous serez forcément déçu : cette intégrale ne propose “que” les versions que nous connaissons tous, à savoir les montages diffusés sur NBC et sur nos chaînes françaises, dont la durée varie généralement de 21’ à 22’ sans pub. Exit les fameuses versions longues, allant de 3 à parfois 8 minutes supplémentaires et visibles notamment sur l’import anglais Friends : Complete Box Set sorti en 2010, mais jamais exploitées dans les différentes éditions françaises. On imagine qu’il est moins coûteux pour Warner de remasteriser en HD  des segments de 21 minutes que les mêmes avec 3 à 8 minutes de plus.

Maigre consolation : sur le disque 14 de l’intégrale blu-ray, le supplément The One with more Friends propose quatre épisodes de la saison 7 dans les fameuses versions intégrales, qui donnent une idée de la différence (cf plus loin). Attention : ce sont des versions non-restaurées, donc en format 1.33 et de qualité SD comme sur les DVD. Les puristes sont donc clairement à la peine. Nul doute que pour eux, mieux vaut peut-être attendre le jour où Warner se décidera à frapper un autre coup à nos portefeuilles en rééditant ces “extended cuts” en HD dans un coffret hyper-méga-top-définitif-de-la-mort-qui-tue-son poney-la-vache !

Pour les autres (dont votre serviteur), à savoir les fans modérés de Friends, l’achat vaut clairement le coup : je n’ai personnellement toujours connu Friends que dans son format “court”. Mes souvenirs de téléspectateur (et donc mille réminiscences mémorielles de ma vie de l’époque) se sont bâtis sur ces montages et je m’en contente fort bien. Quant à la qualité technique de l’ensemble : impossible de prendre le temps de visionner les 236 épisodes pour attester avec certitude qu’elle est irréprochable.

Dans son test complet du coffret blu-ray de Friends , le site de référence Bluray.com donne par ailleurs une note mitigée sur le résultat vidéo et audio. Mais une chose est sûre : voir pour la première fois des épisodes de Friends en 1.78 et en HD, grâce à un méticuleux travail de restauration à partir des négatifs 35 mm de la série, ça claque. Même sur les premières saisons, au lifting moins performant que celles des années post-2000, Friends n’a jamais parue aussi belle, nette et colorée. Et même si l’on reste très loin de la perfection (le grain reste visible), remettons les choses dans leur contexte : nous parlons d’une sitcom tournée et diffusée en format 1.33 analogique sur un network au milieu des années 90, bien avant que la HD ne devienne un réel enjeu grand public.

L’aspect “sitcom télé” persistant ne me dérange donc pas plus que ça et au contraire, son charme rétro nourrit ma reconnection sensorielle à l’expérience Friends, comme une machine à remonter le temps de ma propre sériephilie. On pourra cependant regretter quelques bugs plus fâcheux, tels des plans carrément flous sur l’épisode 162 (saison 7, ep.7 : Celui qui savait la vérité sur Londres), comme si l’image avait été grossièrement zoomée pour remplir un écran 16/9. Ce type de défaut est-il présent sur d’autres épisodes ? Quel est son explication concrète ? Affaire à suivre… lorsqu’on aura eu le temps de tout avaler, on vous en recausera ! Ceci dit, je répète : le confort visuel d’ensemble est bien évidemment largement supérieur à celui de toutes les éditions DVD précédentes, y a pas photo. Pas de quoi faire d’excès de fine bouche.

 

 

LES BONUS INEDITS

La partie suppléments de cette intégrale blu-ray est elle aussi inégale. Sur les 20 heures de bonus revendiquées par Warner, seules environ 2h20 sont consituées de VRAI matériel inédit (et non pas trois comme nous le précise le communiqué de presse). Si l’on considère que les quatre épisodes “super sized/version longue” de la saison 7 proposés en bonus sur le disque 14 sont aussi du contenu inédit (soit environ 109 minutes au total), cela porte l’ensemble à plus de quatre heures. Isolés sur le disque 21, les bonus inédits commencent par un grand documentaire (True Friends) séparé en trois actes/featurettes :

 – Featurette 1 : Friends from the start (Friends : amis depuis le début), durée : 27’50
La littérature sur les circonstances de la création de Friends est tellement abondante qu’il sera bien difficile désormais d’apprendre quoi que ce soit aux experts. Il n’empêche : on se réjouit de redécouvrir David Crane et Martha Kauffman, les créateurs de Friends, accepter de se repencher sur la genèse de la série qui a bouleversé leur vie, celle de millions de téléspectateurs dans le monde et tout simplement l’Histoire de la télé.

Interviewés dans un coin de l’ancien décor du Central Perk, en partie reconstitué sur le même plateau des studios Warner où fut tournée Friends, Crane et Kauffman, marqués par le temps et encore à l’évidence profondément attachés à leur bébé, donnent à cette featurette (et aux deux suivantes) beaucoup d’humanité en laissant parler leur vécu et leurs émotions. Leur témoignage alterné avec celui de leur associé Kevin Bright (producteur exécutif et réalisateur) revient sur leur volonté de créer un “ensemble show” après l’expérience Dream On sur HBO, sur le brainstorming bouillonnant qui aboutit au concept de Friends, basé sur leurs propres expériences d’étudiants venus habiter à New York… et sur le coup de foudre de NBC, qui cherchait précisément une série pour jeunes à l’époque.

Friends, l’épisode pilote : Rachel vient de quitter son mari sur l’autel. Ross vient d’être abandonné par son épouse Carol. Le début d’une des plus mythiques love story de l’Histoire des séries.

 

Chouette : en plus du trio Kauffman/Crane/Bright, Friends from the start tend aussi le micro à Warren Littlefield, président de NBC à l’époque ainsi qu’à Leslie Moonves qui, de 1993 à 1995, dirigea le studio Warner (il est aujourd’hui PDG de CBS). Pour l’anecdote (lue dans le livre Desperate Networks de Bill Carter), c’est Moonves qui mena d’une main de fer les négociations avec NBC, obtenant de la chaîne l’accord d’un dédommagement de 150 000 dollars si le script du pilote de Friends, une fois commandé et payé, ne donnait pas lieu au tournage d’un pilote. Fox, qui était aussi sur les rangs pour Friends, refusa cette clause et sa radinerie lui coûta de rafler la série. Bref, voilà un excellent docu qui présente aussi l’originalité d’interviewer James Burrows, le réalisateur de seize épisodes de Friends dont le pilote.

Clairement mis en avant par les showrunners, Burrows a visiblement joué un rôle clé dans le processus de socialisation des 6 comédiens, qu’il emmena dîner et jouer au Caesars Palace de Las Vegas peu avant le coup d’envoi du tournage afin de créer des liens. On apprend aussi que sa direction d’acteurs fut déterminante pour une scène clé comme celle du final discrètement touchant de l’épisode pilote. Comme quoi, le poste de réalisateur n’est pas aussi anodin que certains voudraient bien le croire sur une série… Autres moments forts de ce module : les témoignages des acteurs Elliot Gould et Christina Pickles (les parents Geller furent ajoutés au script pour calmer les angoisses de NBC devant l’excès de moins de 30 ans à l’écran) ; du directeur artistique John Schaffner et de James Michael Tyler (l’inénarrable Gunther, patron du Central Perk).

 

 – Featurette 2 When Friends become family (Quand les amis deviennent une famille) durée : 29’20
Le module s’attarde sur le moment où, après une première saison plutôt tranquille, les audiences ont réellement explosé lors de la rediffusion de ce premier cru en amont de la saison 2, durant l’été 1995. Les intervenants (Crane, Kauffman, les scénaristes…) évoquent ici l’apogée du phénomène Friends, les tournages devant un public et leur répercussion immédiate sur l’écriture, l’afflux rapide de guest stars, la gestion problématique de l’arc “Ross/Rachel”, l’impact de Friends sur la pop culture ou encore le travail des scénaristes. Cette partie m’a appris une anecdote très amusante relative au lapsus désastreux de Ross lors de son mariage avec Emily en fin de saison 4 – je suppose que c’est partout sur le web, mais personnellement je ne la connaissais pas !

 – Featurette 3 : The legacy of Friends (L’Héritage Friends), durée :  11′
Enfin, Crane, Kauffman et Bright concluent sur la 10e saison, affirmant implicitement leur envie de jeter l’éponge dés la saison 8. Nos trois têtes pensantes évoquent aussi les hésitations concernant la conclusion de la love story entre Ross et et Rachel, tandis que le chauffeur du public en plateau Jim Bentley se remémorre les larmes de toute l’équipe lors du tournage de la scène finale. Une Christina Pickles particulièrement touchante confie son émotion lorsqu’elle regardait la série, parce qu’elle avait l’impression de voir l’histoire de ses propres enfants.

Au final, ces trois parties sont recommandables, même si l’on reste sur notre faim pour plus d’informations sur l’écriture et la production. Vous aurez probablement remarqué un détail gênant : aucune trace des comédiens principaux dans ces nouveaux modules. Une absence frustrante et qui, malgré certainement d’excellentes raisons pour la justifier, ne manque pas de résonner comme une forme d’ingratitude pour les fans qui ont fait leur gloire et auront casqué un bras pour ce coffret. Les carrières très inégales des uns et des autres depuis la fin de Friends explique-t-elle ce forfait qui fait un peu désordre pour une édition supposément événementielle ?

Marcel, le capucin turbulent de Ross en saison 1.

– Deux émissions spéciales : The Ellen DeGeneres Show autour de Friends ; The Tonight Show with Jay Leno autour de Friends.

Pour voir Aniston, Schwimmer, Cox et consorts, il faudra vous contenter de ces deux autres suppléments inédits : un montage d’émissions du show de Ellen DeGeneres où sont apparu les 6 comédiens (séparément) ; un extrait du Tonight Show de Jay Leno diffusé en juin 2004, où l’animateur interviewe successivement les garçons (Perry, Schwimmer et LeBlanc) puis les filles (Kudrow, Aniston, Cox) sur leurs émotions lors du tournage de la fin de Friends. Sympa mais anecdotique – le module de Leno est clairement le plus intéressant des deux.

– Montage d’origine de l’épisode Celui qui découvrait sa paternité (The one where Rachel Tells Ross, épisode 8.3 ou 173, diffusé le 11 octobre 2001)
Retourné in extremis suite à la tragédie du 11 septembre, cet épisode contenait à l’origine toute une intrigue autour du départ en voyage de noces de Chandler et Monica. Au moment des contrôles de sécurité à l’aéroport, Chandler fait une blague malheureuse avec le mot “bombe” et le couple est immédiatement placé en garde à vue : leur interrogatoire constitue un fil très amusant tout au long de l’épisode et les place presque à égalité de la trame principale (l’annonce par Rachel à Ross qu’elle porte son enfant). C’est donc ce montage inédit qui nous est proposé (en format 1.33) sur le disque 21, en plus de la version censurée diffusée sur NBC (disque 15) : une vraie rareté à découvrir. L’épisode est précédé d’un petit topo d’introduction par Kevin Bright.

The one with more friends : les fameux quatre épisodes de la saison 7 présentés en version longue. Les différences entre les versions courtes (diffusées en télé) et longues des mêmes épisodes sont parfois assez conséquentes. Les durées sont approximatives.
Episode 7.13 ou 159 : Celui qui a vu mourir Rosita. Version Longue : 28 min environ ; Version NBC : 22 minutes.
Episode 7.14 ou 160 : Ceux qui avaient trente ans. VL : 24’50 ; VNBC : 21’50.
Episode 7.15 ou 161 : Celui qui avait un cerveau neuf. VL : 28’23 ; VNBC : 22’22.
Episode 7.16 ou 162 : Celui qui savait la vérité sur Londres : VL : 29’ ; VNBC : 21’50.

Les différences sont donc importantes mais quant au degré d’intérêt des montages intégraux par rapport aux versions courtes, ce sera à chacun de juger ! On aurait apprécié au passage que ces quatre épisodes en « extended cut » soient précédés aussi d’une petite explication de texte de Bright ou ses complices. Ils nous sont juste jetés en pâture sans autre forme de procès, sans la moindre précision à l’écran ni sur le livret. Si notre bien aimée clientèle insiste pour un post ultérieur plus complet sur les coulisses exactes des différences entre ces montages, le Daily Mars s’exécutera prestement mais on ne souhaitait pas vous assommer avec trop d’informations sur cet article ! Si parmi les lecteurs, certains ont en leur possession les éditions DVD avec les versions « uncut », qu’ils nous en disent plus !

 – Celui qui découvrait des bêtisiers inédits : parfois fun, souvent sans intérêt comme 95% des bêtisiers.

 – La vidéo officielle du groupe The Rembrandts I’ll be there for you avec les acteurs de Friends :  sympa mais vue et revue sur You Tube.

 

Le series finale, diffusé le 6 mai 2004 sur NBC, rassembla plus de 50 millions de téléspectateurs venus dire adieux à leurs meilleurs potes du petit écran. Episode projeté à l’époque en live sur Times Square, New York, devant une foule en larmes.

 

 

 

LES BONUS NON -INEDITS

 

Enfin, sur la pléthore de suppléments repris des anciennes éditions, on retiendra avant tout les commentaires audios assurés quasi-exclusivement par le trio Bright/Kauffman/Crane sur une trentaine d’épisodes. Non sous-titrés (pfff…), ces commentaires souffrent là encore de l’absence totale des points de vue des acteurs. A noter aussi l’excellent documentaire de Discovery Channel : The One that goes behind the scenes (SD, 42 minutes), réalisé en 1999 et dont l’aspect making of plus poussé tranche avec les insipides bêtisiers et autres featurettes maigrichonnes sur le succès de Friends dans le monde. The One that goes behind the scenes dispose de sous titres.

Conclusion : malgré ses défauts plus ou moins sérieux selon votre degré d’exigence de spécialiste, ce coffret blu-ray reste un bel objet offrant la série dans un confort d’image et de son sans précédent. Les suppléments inédits, très honorables, pâtissent cependant du silence des acteurs et d’un vrai making of en profondeur à la Laurent Bouzerau ou Charles de Lauzirika. Un travail qui aurait embrassé réellement la fabrication, l’impact et les coulisses inévitablement tendues d’une série aussi cruciale et emblématique, dans toutes leurs dimensions. La solidarité des comédiens renégociant ensemble leur cachet saison après saison n’est par exemple jamais abordée. On n’est donc clairement pas dans une édition définitive. Reste l’oeuvre en elle-même : une série phénoménale, dont la puissance de l’écho résonnera en fonction des générations. Mais la vision au hasard de divers épisodes conforte le statut d’excellence de Friends au moins pour quatre raisons : l’alchimie surnaturelle entre ses comédiens principaux, la qualité de leur jeu, la sensibilité désarmante des personnages qui arrivent toujours sans mal à vous tirer la petite larme de rigueur et enfin l’écriture, beaucoup plus subtile qu’il n’y parait dés la première saison. L’avant dernier épisode de cette saison inaugurale, celui de l’accouchement de Carol (la première épouse de Ross), montre par exemple un Joey dont la capacité d’écoute tempère déjà largement l’apparente beauferie.

 

Trois gars, trois filles, les années 90 et une comédie de légende. Photo NBC

CINQ CHOSES A SAVOIR SUR FRIENDS

Par Nicolas Robert

Si la sitcom de David Crane et Martha Kauffman est (et restera) un phénomène de la télé, il y a plein de petites choses plus ou moins connues qui participent à la légende de la série. On vous en a sélectionné cinq.

1. Un projet né à l’automne 1993

Le concept de Friends est né en novembre/décembre 1993. A l’époque, si David Crane et Martha Kauffman sont connus pour avoir créé Dream On, ils viennent tout juste d’essuyer un échec. Family Album, la sitcom qu’ils ont imaginé pour CBS, s’est ramassé au bout de six épisodes. Au casting de cette série, on retrouve notamment Giovanni Ribisi (Franck Jr., le frère de Phoebe).

2. D’Insomnia Cafe à Friends

A la base, la sitcom devait s’appeler Insomnia Café : pour Crane et Kauffman, elle devait être l’occasion de revisiter l’époque où ils commençaient leur vie active à New York, juste après la sortie de la fac.

Fin 1993, ils développent rapidement un pitch de sept pages avec le soutien du réalisateur Kevin S. Bright et le proposent à NBC. « Il est question de sexe, d’amour, de rapports humains, de carrière… d’une époque de votre vie où tout est possible. Et il est question d’amitié, parce que quand vous êtes célibataire dans cette ville, vos amis, c’est votre famille » dit le pitch original.

La « Rachel », ce n’est pas qu’un personnage. C’est aussi une coupe de cheveux qui était un phénomène dans les nineties. Photo NBC

Le projet arrive sur le bureau de Warren Littlefield, le boss de NBC, pile au moment où ce dernier cherche une comédie impliquant de jeunes adultes qui vivent ensemble et partagent ensemble leurs frais. Après quelques retouches, le projet devient Friends Like Us : le pilote est écrit en trois jours. A un moment, il est question de rebaptiser la sitcom Six of One. La raison: ABC développe de son côté un projet qui s’intitule These Friends of Mine. Finalement, ce dernier ne verra pas le jour. Et Friends deviendra… Friends.

3. Des chiffres de dingue

En 1994, le pilote de la série, diffusé le jeudi 22 septembre 1994 à 8h30 a été vu par plus de 22 millions de téléspectateurs, devenant quasi-immédiatement un hit (même si les chiffres des premières saisons ne sont pas les plus élevés de la série). C’était l’époque où la soirée du jeudi soir sur NBC -avec Seinfeld, Mad About You et Urgences également au programme- était un incontournable carrefour de la télévision américaine.

Le 236e et dernier épisode, diffusé le jeudi 6 mai 2004, a lui été vu par 51,1 millions de téléspectateurs. Il s’agit de la plus grosse audience enregistrée à la télé américaine dans les années 2000 (côté records, en 1998, l’épisode final de Seinfeld avait rassemblé, 76, 3 millions de téléspectateurs. Juste derrière ceux de Cheers et Mash, avec 80 et 105 millions).

4. « Celui qui… », petit détail passé à la posterité

Si tous les titres de Friends ont des titres qui commencent par la formule The One… ce n’est pas, comme certains l’ont supposé à une époque, parce que Crane, Kauffman et Bright pensaient que c’était comme ça que les téléspectateurs désigneraient les épisodes en se les remémorant.

Matthew Perry, l’acteur dont le corps est passé au format 16/9 bien avant les séries TV. Photo NBC

C’est tout simplement parce que les producteurs avaient appris que ces titres ne devraient pas apparaître à l’écran. C’était donc d’abord un repère pour eux, considérant que ce gimmick ne serait pas connu du public. Finalement, les épisodes gardèrent ces titres… et cette formule participa un phénomène.

5. Ce que vous n’avez pas vu dans Friends

Au moment de poser les bases de la série, David Crane et Martha Kauffman ont dû composer avec différentes suggestions de la chaîne qui ont fini à la poubelle. Au départ, NBC voulait par exemple que chaque épisode soit construit autour d’une intrigue forte et de plusieurs histoires périphériques. Les scénaristes refusèrent, considérant qu’il était important d’avoir trois histoires de poids à peu près égal.

Un peu plus tard, le network a demandé au duo de rajouter un personnage plus adulte, et qui servirait un peu de référent aux six autres héros. Dans un épisode, un protagoniste baptisé Pat The Cop aurait dû faire son apparition. Une idée que Kauffman et Crane ont detesté. Finalement, le projet n’a jamais abouti.

L’idée d’une romance entre Ross et Rachel, quant à elle, est née pendant l’écriture du pilote… mais au départ, les scénaristes voulaient développer une grosse love story autour des personnages de Monica et Joey. Pour le coup, la face de Friends en aurait vraiment été changée.

 

UN EPISODE AU HASARD

Par Dominique Montay

The one with the football (saison 3, épisode 9)

Une partie peu orthodoxe

Thanksgiving. Les filles sont en cuisine, les hommes sont devant le football. Joey propose alors d’aller jouer ensemble ce sport, au parc. Phoebe et Rachel sont partantes. Chandler n’est pas chaud, il vient de rompre avec Janice. Ross et Monica hésitent. Leur mère leur a interdit après une débauche de violence au dernier « Gellerball », le match annuel de la famille Geller. Ils finissent par accepter, se disant qu’ils ont muris. Mais bon, on est dans Friends, la maturité, ça n’est pas pour la saison 3.

Ok, on a pas choisi le plus mauvais épisode, mais il rassure sur l’aspect intemporel de la comédie qu’est Friends. Les blagues marchent toujours, l’alchimie entre ces comédiens est toujours aussi incroyable. La réalisation n’est pas incroyablement datée, si on compare à ce qui se fait encore de nos jours en tournage multi-caméra. Ce qu’on constate parfois sur les séries anciennes, c’est un déficit de rythme. Ce n’est d’ailleurs pas un problème lié au qualitatif, mais c’est purement générationnel. Ici, on ne sent pas ce problème. C’est dense, rapide, efficace. Le seul gros souci, c’est l’omniprésence des rires enregistrés, même s’ils sont issus d’un public. C’était déjà un problème il y a 15 ans, ça l’est toujours aujourd’hui.

C’est un put bonheur de retrouver les 6 adultes attardés de Friends dans cet épisode absolument remarquable. La structure en trois histoires distinctes est assez claire et en même temps très discrète (vu que les 6 personnages ne se séparent jamais). On est quasiment dans du bottle-épisode (épisode ramassé dans un seul lieu). L’intrigue A concerne le Gellerball et la rivalité entre Ross et Monica. L’intrigue B se concentre sur une autre rivalité entre Joey et Chandler autour de la séduction d’une hollandaise qui les regarde jouer. L’intrigue C est un peu plus diffuse, et traite de l’implication au match de Phoebe (à fond) et Rachel (intéressée au départ mais si mauvaise qu’elle est mise de côté).

Dans l’épisode, les caractères sont respectés: Ross est geignard, Monica est hyper-compétitive, Chandler est sarcastique, Rachel fait la fille « fille », Phoebe est dans son monde, et Joey est plutôt con. Pour autant, les personnages ne sombrent pas dans la caricature, grâce à l’excellence de l’écriture. Un élément qui lui, ne vieillira pas.

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