Fuyez, pauvres fous ! (Critique de My Movie Project)

Fuyez, pauvres fous ! (Critique de My Movie Project)

Note de l'auteur

À l’heure où certains films échouent à passer le cap du DTV (Direct To Video) malgré de patentes qualités, on se demande ce qui a motivé le distributeur à nous infliger cette purge cinématographique. À l’évidence, le casting de stars hollywoodiennes est le seul argument qui puisse attirer le chaland. Fuyez pauvres fous !

Synopsis officiel:

Un célèbre acteur d’Hollywood approche un grand studio de cinéma avec une idée de scénario qui, selon lui, a le potentiel de devenir le film le plus rentable au monde. Peter et Bobby Farrelly (DUMB & DUMBER, MARY À TOUT PRIX) ont décidé de s’atteler à une comédie dingue et bluffante réunissant le plus gros casting jamais rassemblé à ce jour…

Au sortir d’un tel film, on se sent comme Dominique Besnehard à la sortie de la projection de Red is Dead : Je n’écrirai rien sur ce film. C’est une merde ! L’attachée de presse accrochée à ma jambe en moins. Mais, n’entendant que mon sens du devoir et du partage (et le claquement sec du fouet de mon rédac’ chef approchant), je vais vous livrer les hectolitres de fiel que m’a inspiré cette astronomique bouse cinématographique.

Movie 43 (My Movie Project en, hum, français) est ce que l’on appelle communément un film à sketchs ou, plus précisément, un omnibus dont le point commun des différents segments se veut être l’irrévérence et la gaudriole. Ne vous y trompez pas, le seul point commun entre ces sketchs n’est que la vulgarité et la bassesse, certainement pas l’humour. Ah, je te vois venir, lecteur critique, tu te dis que le Blix se la joue prude et pédant. Que nenni. Les ZAZ, Steve Martin, Mel Brooks et l’humour potache et bas du front des frères Farrely dans Dumb et Dumber, Mary à tout prix ou Fous d’Irène me font poiler. Mais là, on atteint des sommets dans l’ignominie.

Oh oui, Kate, ce n’est pas bon du tout !

Les producteurs, Charles B. Wessler et Peter Farrelly (oui, oui, l’un des deux frères Farrelly), disent s’être inspirés de l’excellent Hamburger Film Sandwich de John Landis…On en est à cent mille lieues. Ce film est un compost du pire de Jean Marie Bigard, des frères Wayans et du Saturday Night Live. Chaque court-métrage s’appesantit sur, au choix, le phallus, les testicules, les seins, les menstruations, les excrétions diverses et variées, avec lourdeur et sans aucune drôlerie, ce qui pourrait forcer le respect si ce n’était aussi nul (NdR : les mots en italique ont été volontairement remplacés, on est un journal sérieux, quoi, merde, bite à la fin). La volonté évidente des instigateurs de ce film d’être irrévérencieux se ressent à tel point qu’elle en est ridicule, et, comble de la déliquescence, la réalisation est totalement insipide…

La grande énigme reste le casting. Comment tous ces acteurs et actrices reconnus (Kate Winslet, Hugh Jackman, Richard Gere, Halle Berry, Emma Stone, Uma Thurman, Naomi Watts, Chloé Grace Moretz…) ont pu jouer là-dedans ? La contrepartie d’une signature d’un pacte avec le diable, en échange de beauté et célébrité, expliquerait certainement cette distribution…ou les méfaits de la drogue et l’alcool dans le milieu des agents hollywoodiens. Il semble que, passé le bad trip ou la gueule de bois, la majorité du casting ne se soit pas déplacée à la première aux États-Unis. On les comprend.

Nul à tous les niveaux, ne vous laissez pas berner par le casting (Une planète ci-dessous car il est techniquement impossible d’en mettre zéro).


My Movie project de Steven Brill, Peter Farrelly, Will Graham, Steve Carr, Griffin Dunne, James Duffy,Jonathan Van Tulleken, Elizabeth Banks, Patrik Forsberg, Brett Ratner, Rusty Cundieff, James Gunn. Sortie le 19 Juin 2013.

Partager