#Games : Bilan de l’année 2017 (1/2)

#Games : Bilan de l’année 2017 (1/2)

Marronnier des fêtes, éternel article égrenant au fil de ses paragraphes les joies et les déceptions d’un joueur toujours avide de nouveautés, le bilan de fin d’année, c’est ce long texte que vous lisez sur votre portable encore envahi de morceaux de foie gras et de gouttes de mousseux. L’année 2017 aura été une telle débauche de titres formidables qu’il serait dommage de ne pas en parler. Voici les moments forts de cette année, en douze points pour autant de mois, histoire de vous laisser le temps de digérer tranquillement lors du retour au boulot, entre vos deux anecdotes de famille que le monde vous envie.

Janvier 2017 : sortie de Resident Evil VII

Le début d’année, il faut le reconnaître, c’est un peu la disette. On essaye de tenir vaguement ses bonnes résolutions, de retourner dans la salle de sport pour justifier son abonnement et se remettre au boulot avec de la truffe coincée entre les dents. Qu’à cela ne tienne, Capcom a justement choisi cette période pour dévisser les viscères avec le nouvel opus de sa saga phare, Resident Evil VII. Entièrement en vue à la première personne, Capcom prend un risque monstre en retournant à l’horreur pur jus, après les cartons précédents bien plus orienté action mais qui n’avaient pas convaincu les fans de la première heure. Ici, on oublie les zombies au M16, et on revient à l’expérience viscérale et sans concession, où le héros tentera de s’échapper d’une famille morbide du Midwest, coincé au milieu d’une ferme avec des bestioles pas très nettes. Renvoyant le joueur au souvenir douloureux de Tobe Hooper et son Texas Chainsaw Massacre, ce septième épisode enfonce le clou en proposant la compatibilité VR, histoire d’avoir le trouillomètre à son maximum. Suintant, immersif et terrifiant, Resident Evil VII marque le grand retour de l’horreur, le point de départ d’une série de grands jeux japonais et un excellent moyen de déboucher vos artères une bonne fois pour toutes.

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Février 2017 : sortie de Horizon Zero Dawn

L’hiver n’est pas encore terminé que Sony nous dévoile enfin son blockbuster exclusif avec Horizon Zero Dawn, le nouveau bébé de Guerrilla Games, les créateurs de la série Killzone. Dans un open world grandiose et plastiquement superbe (j’ai probablement passé plus de temps sur le mode Photo que le jeu, comme l’illustre l’image juste à gauche), Aloy devra en découdre avec des vilains guerriers mais aussi des bêtes sauvages transformées pour l’occasion en bêtes mécaniques. Si la partie « Chasse et pêche » demeure la grande réussite du jeu, avec moult équipements pour piéger vos immenses victimes en grand bourreau que vous êtes, on reste en terrain connu dans le genre du monde ouvert, avec une propension à toujours remplir un peu plus la carte du monde pour occuper le joueur un maximum d’heures, accaparer son temps en futiles quêtes secondaires et justifier son achat plein pot.

Cela ne fait pas si longtemps que l’écriture et la narration d’un Witcher 3 a su captiver les foules, et il semble que les studios occidentaux n’aient pas encore retenu la leçon pour créer des jeux open world susceptibles de raconter vraiment quelque chose. Cependant, Horizon Zero Dawn reste un excellent plat de résistance, dans le haut du panier si vous n’êtes pas encore gavé de ce genre de titres, grâce à un univers original et sublime. Pour peu que vous ayez la console qui va avec, il serait dommage de s’en priver.

Voir aussi :

  • Fire Emblem Heroes sur Smartphones est la deuxième tentative pour Nintendo de s’ouvrir aux portables, avec cette fois un plus grand succès que Super Mario Run.
  • For Honor d’Ubisoft surprend son monde : le jeu de combat au sabre en multijoueur fait son petit chemin, proposant une expérience vraiment à part, pour qui veut bien sacrifier le jeu en solo. Ce n’est pas encore Bushido Blade mais on n’est pas loin.
  • L’arlésienne Nioh sort de nulle part et se révèle être une superbe alternative aux frustrés de Dark Souls qui préfèrent le charme à la japonaise aux relents sombres des oubliettes gothiques d’un château perdu.

Mars 2017 : arrivée de la Nintendo Switch

Le printemps pointe le bout de son nez, les températures remontent peu à peu, et c’est ce moment-là que choisit Nintendo pour livrer son dernier joujou, la Nintendo Switch, armé du plus incroyable des cadeaux, The Legend of Zelda: Breath of the Wild. Ce doublé redoutable fait de Nintendo le roi du printemps. Je ne vais pas revenir sur le dernier opus de notre ami Link, je crois en avoir assez parlé dans ces colonnes, mais sachez qu’on tient là le nouveau maître-étalon dans le domaine du jeu d’aventure à monde ouvert. Nintendo fait de Zelda son porte-étendard pour vendre sa fameuse console, et il a bien raison. Histoire de ne pas reproduire l’échec de la WiiU, l’éditeur nippon fait le pari de sortir un gros titre par mois pour alimenter sa machine. Et mine de rien, il remplit parfaitement son contrat.

Arms, Splatoon 2, Mario Kart 8 Deluxe, Fire Emblem Warriors, Pokken Tournament, Super Mario Odyssey et d’autres, on n’aura jamais vécu une première année de console aussi dingue que celle de la Switch, sans compter les petits indés originaux comme SnipperClips illustré ci-dessous. Pour auréoler ce succès commercial (5 millions de ventes en moins d’un an, soit autant que la WiiU en cinq ans), Nintendo peut compter sur une communauté de développeurs indépendants très active. Leurs jeux portés sur la machine connaissant un franc succès (voir le récent remake de WonderBoy), ils ne se privent pas de fournir leurs titres, et la machine devient ce que la PSVita a essayé d’être pendant plusieurs années : une terre sainte pour la scène indépendante, poussant la portabilité de la console à son paroxysme. Le plaisir de jouer aussi bien aux titres Nintendo qu’aux jeux indépendants et aux vieilles gloires d’antan (Skyrim, LA Noire, Doom) partout où on veut permet d’asseoir son statut de machine qui pèse dans l’industrie, permettant en même temps de passer de bien meilleures fêtes pendant que votre grand-mère tricote votre futur pull rempli de rennes aux sourires carnassiers.

Voir aussi :

  • NieR Automata revient d’entre les morts, et Platinum Games propose l’action-RPG que tout le monde attendait. Agréable à jouer et d’une profondeur insoupçonnée, le titre de Yoko Taro est l’autre pépite du mois de mars.
  • Mass Effect Andromeda est la tentative de Bioware pour faire revenir la saga de space opéra sur le devant de la scène. Pas de bol : les errements techniques du jeu transforment n’importe quel humain en alien flippant et la faiblesse du script n’emporte pas vraiment le joueur.
  • Styx: Shards of Darkness est le second opus de Cyanide dans l’univers de notre gobelin fureteur préféré. Une vraie belle alternative au genre éculé de l’infiltration.
  • Après For Honor, Ubisoft enchaîne avec Ghost Recon Wildlands, le titre de guérilla en coopération, parfait pour préparer votre futur voyage en Bolivie et trouver les points chauds à éviter.

 

Avril 2017 : sortie de Persona 5

Le printemps débarque officiellement et avec lui un RPG dont la réputation n’est plus à faire : Persona 5. Prof Zikki nous en remet une couche justement ici, mais il s’avère que la relève de la vénérable saga Final Fantasy ne se trouve pas dans le quinzième épisode, qui aura même su cette année cristalliser le cœur de son problème en s’éparpillant dans tous les sens, quitte à sacrifier sa cohérence sur l’autel du mercantile. Atlus contre-attaque et modernise le J-RPG avec sa licence et ce cinquième opus met le joueur dans la peau d’un lycéen tokyoïte chargé de résoudre de sordides affaires avec sa petite bande, en le propulsant dans un monde étrange rempli de monstres à abattre avec l’aide de personas, ces créatures aux pouvoirs magiques.

Il faut dire que l’esthétique euphorisante du titre (rien que le visuel des menus) et ce design digne d’Arsène Lupin a de quoi séduire le petit nouveau venu jeter un œil pour voir de quoi il en retourne. Aussi allergène pour les détracteurs du style japonais que le pollen débarquant en trombe au mois d’avril, Persona 5 est un chef-d’œuvre virtuose pour qui prendra le temps de s’immiscer dans ce monde particulier. Il faut aimer suivre l’année scolaire de votre héros et intégrer son quotidien mais pour peu que vous y arriviez, vous découvrirez un titre riche et au discours social sur la jeunesse nippone fort. Un must have, comme on dit chez les jeunes.

Voir aussi :

  • En même temps que Rime, Tequila Works nous balance un très chouette The Sexy Brutale, petit jeu d’énigmes sorti de nulle part, au design soigné et salvateur.
  • Parappa The Rapper: Remastered confirme l’adage qui veut qu’un remaster d’un titre attachant mais au fond un peu nul, sera lui aussi attachant mais un peu nul.
  • Du côté de Little Nightmares, on lorgne vers Inside pour raconter une histoire sombre et silencieuse, mais le talent n’est pas toujours au rendez-vous.
  • Le retour de la licence Warhammer 40 000 avec Dawn of War III ne se passera pas comme les fans l’espéraient.
  • Et vu que personne n’a joué à la WiiU (ce n’est pas entièrement faux), Nintendo ressort ni vu ni connu son Mario Kart 8 Deluxe. Joli coup puisqu’il sera en tête des ventes.

 

Mai 2017 : sortie de Prey

On peut le dire, Bethesda n’a pas eu de chance cette année avec son catalogue. Il aura beau prôner la supériorité du jeu solo dans une jolie mais vaine petite vidéo lors des derniers Games Awards, un brin opportuniste (mais on ne peut pas trop leur en vouloir), ils auront fourni parmi les meilleurs expériences solo de cette année avec le DLC de Dishonored 2 ou encore Wolfenstein 2. On va y aller franco : Prey est probablement le meilleur FPS auquel personne n’a joué en cette année 2017. En parvenant à restaurer cet état de grâce d’un System Shock 2 couplé avec tout le savoir-faire d’Arkane sur Dishonored, les développeurs sont parvenus à nous proposer une aventure riche, prenante et dotée d’un level design absolument dingo.

Les bonnes idées sont légions : le fameux canon Glue, l’incroyable pouvoir des mimics, stressant le joueur dans n’importe quelle salle, la liberté d’action entre l’approche totalement technologique ou l’affrontement brut à coups de pouvoirs aliens, l’époustouflante structure de la base spatiale avec sorties dans l’espace en prime, tout ça n’est finalement contrasté que par de rares flottements vers la fin du jeu, forçant le joueur dans une direction pas forcément très fine, mais un jeu d’une telle qualité sur tous les niveaux, c’est tellement rare que ça serait dommage de passer à côté. Vu le prix actuel du titre, soyez cool et faites un beau geste : achetez Prey.

Voir aussi :

  • Dead Cells n’est pas encore sortie d’accès anticipé, mais ce Castlevania-like est tellement bon et jubilatoire qu’il est réjouissant de suivre les mises à jour mois après mois. Jetez-vous dessus.
  • Injustice 2 nous régale avec son scénario digne d’un nanard spatial, et les affrontements sont bien plus funs qu’escomptés.
  • Si vous avez habité dans une grotte durant ces cinq dernières années, Rime vous paraîtra totalement original et rafraîchissant. Si ce n’est pas le cas, ça sentira sérieusement le renfermé dès les premières minutes de jeu. Mais au moins c’est joli.
  • 45 euros pour rejouer à Ultra Street Fighters II: The Final Challengers sur Switch : ce sera la plus belle blague du mois.
  • Dreamfall Chapters ou le retour du jeu d’aventure d’antan. Attention, il reste encore pas mal de poussières.
  • Endless Space 2 ne fait que confirmer la surpuissance d’Amplitude dans le domaine du 4X, en proposant l’un des meilleurs jeux de stratégie du marché.

 

Juin 2017 : les annonces de l’E3

Chaque année, le salon de l’E3 est l’occasion pour les éditeurs de dévoiler leur agenda chargé en titres exclusifs pour espérer en vendre des milliers. Personne ne s’opposera à dire que le vrai gagnant de ce salon, c’est Dragon Ball FighterZ, le prochain jeu de combat de la célèbre licence, qui arrive tout bientôt (février) sur PS4 et XBO, piloté par Arc Systems Works (Blazblue, Guilty Gear) et dont le visuel incroyable a totalement vendu le jeu à tous les fans de la planète. S’il y a un titre qui ressort gagnant de cette édition, c’est bien celui-ci.

Mais ce serait triste d’évacuer les non-adeptes de Kikoho et autre Genkidama, car on avait du beau linge cette année. L’annonce officielle du développement de Beyond Good and Evil 2, à l’aide d’une somptueuse cinématique, a ravivé la flamme qui commençait peu à peu à s’éteindre, et Nintendo, comme à son habitude, met toutes ses lumières dans une seule direction, un Super Mario Odyssey très prometteur. Bethesda a confirmé son attachement aux technologies à la mode, la Switch et la VR avec le portage de deux de ses plus gros succès, Doom et Skyrim, tandis que Microsoft tentait tant bien que mal de convaincre tous les acheteurs d’une télé 4K (c’est-à-dire : pas grand monde encore) que la XBOX ONE X est la console la plus puissante du marché. Ce qui est le cas, mais vu la réputation du constructeur sur le domaine du jeu vidéo en ce moment, on va dire simplement que le chemin est encore long vers la rédemption.

Nintendo a quand même montré quelques petites choses pour 2018, à base de nouveau Metroid Prime, de Yoshi et de Kirby, mais on ne va pas se mentir, la mandale de l’année prochaine sera bien moins forte que celle de cette année en ce qui concerne la Switch. Chez Sony en revanche, ce sera la petite déception : très peu de surprises, si ce n’est un Shadow of the Colossus Remaster bien aguicheur vu les changements graphiques opérés dessus, mais l’éditeur nippon n’a fait que confirmer les jeux exclusifs à venir l’année prochaine, à savoir God of War, Detroit et le Spiderman d’Insomniac Games.

Voir aussi :

  • Tekken 7 nous revient en grand forme et confirme la bonne santé des jeux de baston en 2017.
  • Crash Bandicoot N’Sane Trilogy prend la place des gros hits de l’été et fait un carton inattendu pour ce que les gens dépourvus de subtilité ont appelé « le Dark Souls de la plate-forme ».
  • Wipeout Omega Collection est un poil plus flemmard sur son remaster, se contentant d’une résolution plus haute et de la reprise de tous les derniers épisodes sortis sans vraiment de nouveauté.
  • Valkyria Revolution, quant à lui, confirme que recycler une licence et un épisode plus vieux n’est pas toujours une bonne idée.
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