Gérardmer 2021 : Host

Gérardmer 2021 : Host

Note de l'auteur

Faute de festival dans les lieux habituels, Gérardmer se lance dans une édition en ligne, permettant à n’importe qui de découvrir les films de la sélection chez soi, bien installé sous la couette. L’occasion d’une petite sélection de critiques.

Pendant le confinement, six amis se lancent dans une séance de spiritisme avec l’aide d’une médium et de l’application Zoom. Au fil de la discussion, ils se rendent compte qu’ils ont laissé entrer une entité démoniaque.

Après Songbird produit par Michael Bay et désireux de surfer sur la situation sanitaire actuelle, voici qu’un autre film, britannique cette fois, tente de s’introduire dans la brèche en venant titiller la thématique des found footages en visioconférence et autres activités paranormales. Le film débute en présentant les différents personnages et leurs relations qui, forcément, influenceront le bon déroulé de la séance de spiritisme. Fonds animés, filtres modifiant les visages, coupures de connexion et lags intempestifs : les codes classiques que l’on connaît depuis maintenant plusieurs mois sont là pour nous rappeler le contexte actuel et impliquer le spectateur dans une situation qu’il connaît bien, et c’est là que Host fonctionne le mieux; et ce, même si les fusils de Tchekov sont moyennement dissimulés. La courte durée du film est également influencée par la durée limite gratuite d’une conversation Zoom, ce qui permet au film de ne pas perdre de temps pour nous faire flipper.

Si l’ensemble est plutôt efficace, se servant d’astuces de mises en scène classiques (la caméra qui montre ce que le personnage ne voit pas, le hors-champ à peine calculé), le film apparaîtra vite comme un simple ride d’horreur sans grandes conséquences. Pire, le contexte de la crise sanitaire n’amène jamais rien de concret, mis à part le port du masque et un check de coudes, ce qui, il faut le reconnaître, est bien mince. Peut-être que le sujet est encore trop d’actualité pour approfondir la chose, mais c’était l’occasion d’alimenter le film avec les difficultés de la crise pour en accentuer l’horreur. Un sujet sensible, qu’on verra peut-être dans quelques temps histoire de laisser les choses décanter un minimum. La crise du covid apparaît alors comme un simple prétexte pour faire parler de lui.

Finalement, qu’est-ce qu’il reste de Host, mis à part quelques petites trouvailles et des jump scares faciles ? Bien peu de choses. Sa faible durée l’empêche d’être foncièrement désagréable puisqu’il remplit une part de son contrat, celui de divertir et de faire peur un minimum. Mais c’est bien maigre quand on voit que le reste du cinéma d’horreur a déjà exploré le concept de manière plus réussie (Unfriend) ou a carrément créé une licence autour de caméras de surveillance (Paranormal Activity). Rien de bien nouveau sous le soleil, et on passe très vite à autre chose en ayant simplement l’impression d’être passé dans un train fantôme. Rigolo mais pas bien marquant.

Host

Réalisé par Rob Savage
Avec Jemma Moore, Haley Bishop, Emma Webb, Caroline Ward, Radina Drandova
Disponible sur Shudder (SVOD) aux USA

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