Adam, Hannah et ses « soeurs » (critique de Girls 3×01 et 3×02)

Adam, Hannah et ses « soeurs » (critique de Girls 3×01 et 3×02)

Note de l'auteur

Photo HBO

Double dose pour le retour de Girls, dimanche soir sur HBO : reprenant le fil de l’histoire après une fin de saison tendue pour l’héroïne du show, Lena Dunham et Jenni Konner offrent deux épisodes qui soulignent l’évolution de deux personnages et replacent un troisième sur le devant de la scène. Cerise sur le gâteau : on rit souvent.

La singularité du récit de Girls, son ton et son regard sur un groupe de personnages qui peuvent être à la fois très proches et très loin du téléspectateur, amènent parfois à se poser une question : cela peut-il durer ?

La seconde partie de la saison 2, pendant laquelle le personnage de Hannah est malmené, n’a pas forcément plu à tout le monde. Certains reprochent à Dunham d’avoir sorti de son chapeau une série de troubles chez son personnage.

Si on peut objecter que le fait de ne pas en avoir parlé  jusque là ne contrevient pas forcément avec ce que l’on sait de l’héroïne, on peut aussi se demander combien de temps la scénariste peut tenir la distance.

Tout ou presque, dans la série, repose sur un équilibre assez fin. Du coup, tout ou presque peut assez vite finir par terre.

Risque-t-elle de tomber à moyen terme dans la redite ? Doit-on craindre l’irruption d’autres éléments venus de nulle part ? L’interrogation est raisonnable : après tout, ça arrive à tous les scénaristes.

Avec Female Only et Truth or Dare, la scénariste/réalisatrice/productrice/comédienne de Girls envoie cependant des signes encourageants pour la suite. Franchement encourageants.

A cela, trois raisons :

Raison n°1 : Les deux premiers épisodes marquent assez bien l’évolution de Hannah et Shoshanna depuis le début de la série. La première vit un début de saison plus stable… et ça fait du bien. Plus posée (mais encore plein de questions), on sent qu’elle exprime ses émotions un peu plus librement, qu’elle gagne en confiance. Si on se doute que le grand huit de sa relation avec Adam nous réserve des surprises (la séquence de Female Only, avec Natalia qui fait une scène en recroisant Adam au Grumpy ne dit rien d’autre), c’est plaisant de la voir un peu plus sereine.

Shoshanna, elle, continue d’être la petite touche doucement décalée et émouvante de la série. En proie à pas mal de questions, elle est au centre de séquences assez courtes mais qui font mouche avec beaucoup d’efficacité. Comme elle devrait recroiser la route de Ray assez vite, on ne devrait pas non plus s’ennuyer avec elle cette année.

Photo HBO

Raison n°2 : Jessa revient au centre du jeu. La saison 2 était un peu frustrante pour ceux qui aiment le personnage de Jemima Kirke, puisqu’il a un peu disparu en fin de parcours.

Cette fois, Dunham et Konner le remettent en selle avec une histoire 100% Girls : envoyée en cure de désintox pour mieux avoir la paix avec sa famille à sa sortie, la blonde de la bande se montre odieuse avec les autres membres de son groupe de thérapie.

Comme il est plus facile de juger les autres que de se juger soi-même et d’avancer (la série joue toujours sur cette corde sensible), elle se fait proprement jeter par le Centre. Cela oblige Hannah à aller la chercher avec Shoshanna et Adam, et aboutit au rapprochement des deux filles. Avec un peu de bol, on les verra souvent ensemble cette saison.

Raison n°3 : L’humour reprend du poil de la bête. A plusieurs reprises dans ces deux épisodes, Girls s’offre de jolis moments propices au rire. Le plus souvent, cela intervient lorsque Adam interagit avec les autres filles.

Comme d’habitude, Adam Driver abat un boulot assez impressionnant, avec son personnage touchant et brut de décoffrage. La scène où les filles chantent dans la voiture, celle où Soshanna veut jouer à action ou vérité avec lui (une idée géniale : Adam est toujours dans l’action et il dit tout ce qu’il pense. C’est donc impossible de le mettre mal à l’aise. Surtout quand on s’appelle Shoshanna Shapiro et qu’on est plutôt dans l’introspection) marchent très bien.

Seule petit regret, au final : Marnie est un peu en retrait. Pareil pour Ray. Mais cela ne devrait pas durer.

Rythmés, drôles et bien construits, ces deux premiers épisodes offrent à la série un joli retour à l’antenne. Ils montrent que Dunham maîtrise l’évolution de son propos et le potentiel qui lui reste à exploiter. En deux mots : c’est rassurant. En trois : c’est clairement alléchant.

 

 

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