Godzilla : L’interview de Gareth Edwards

Godzilla : L’interview de Gareth Edwards

Il en faut beaucoup pour faire sortir Le Docteur No de son cabinet maléfique. Aller à la rencontre du réalisateur Gareth Edwards a enthousiasmé le Doc qui s’est rendu à l’Hôtel Bristol au volant de son Aston Martin tunée. Cela a donné une belle interview en vidéo, ci-dessous (et on en a profité pour aérer le cabinet, ça sentait le cadavre de films).

 

Question géniale du Doc : Comment passe­-t-on d’un budget de 800 000 dollars pour MONSTERS à un blockbuster de 200 millions de dollars comme GODZILLA ?

Réponse de Gareth Edwards : Ce n’est pas vraiment un passage. C’est plutôt une téléportation! (rires) Je ne pense pas qu’il y ait eu d’étapes… Si on m’avait dit, quand j’étais dans mon mini­van avec mon équipe de 5 personnes sur Monsters, que mon prochain film serait Godzilla et que je voyagerais à travers le monde, je ne l’aurais pas cru.

Je pense que vous devez juste faire abstraction de tout ça. Vous devez vous convaincre que vous ne faites qu’un film. Que vous assouvissez votre passion. Juste pour vous.
Avec Thomas (Tull), le producteur, également fan de Godzilla, nous n’étions en fait qu’une poignée de personnes à travailler sur ce film quotidiennement. Nous nous disions : « Nous faisons ce film d’abord pour nous ». Et nous espérons toucher un maximum de gens et faire de GODZILLA un succès.

Relance sublime : Il y a un grand paradoxe autour du personnage de Godzilla. Tout le monde connaît. Tout le monde sait à quoi il ressemble. Mais personne, dans le grand public, n’a vu aucun de ses films japonais. Avez ­vous peur de la réaction du grand public devant votre version moderne ?

Réponse : C’est une décision difficile à prendre. Il y a une énorme base de fans de Godzilla. Mais il y a aussi, et surtout, une majorité de gens qui n’ont jamais vu un film de Godzilla. Ou alors juste vu des extraits. Je pense que la meilleure chose à faire, au lieu de ne s’adresser qu’aux fans, c’est de penser aux « non­-fans ». Ce film a clairement été conçu pour les gens qui n’ont jamais vu un film de Godzilla et qui ne s’intéressent pas forcément à ce personnage. Des gens qui le découvrent via des extraits ou des posters ou des amis. Et qui viendront voir le film. Et mon grand espoir c’est qu’il en sortent en disant : « Ce n’était absolument pas ce que je m’attendais à voir ». Qu’ils ressentent des émotions, qu’ils aient la chair de poule. Je voudrais qu’il oublient les clichés autour du monstre, comme l’acteur dans son costume en latex ou la thématique enfantine un peu naïve. Ne venez pas voir Godzilla si vous pensez voir ce genre de choses.

Nouvelle attaque : Ce film est un hommage aux films de monstres des années 50, jusqu’à la fantastique musique, signée Alexandre Desplat qui s’inspire de Bernard Herrmann. Vous avez toujours voulu aller dans cette direction ?

Réponse : Vous devriez parler à Alexandre de ses inspirations. S’il y a un parallèle à faire avec sa composition, c’est bien Bernard Herrmann. Ce qui est fantastique. Je pense qu’Alexandre est le nouveau Bernard Herrmann, le nouveau John Williams, le nouveau Ennio Morricone. C’était un plaisir immense de travailler avec lui. Le film avait besoin de beaucoup de cœur et d’une âme, ce que les spectateurs n’attendent pas forcément de Godzilla. Mais il y a beaucoup de passages émouvants dans GODZILLA et ce grâce au travail d’Alexandre et à ses multiples thèmes et motifs proprement magnifiques.

Relance pas comprise mais c’est pas grave : C’était également votre ambition ?

Réponse : Oui. Mais quand vous engagez un génie (Alexandre Desplat toujours) vous ne voulez pas le contenir. Mais je ne voulais pas de sons synthétiques horriblement télévisuels. Je désirais une musique classique. Et Alexandre avait son orchestre de 100 personnes. Il a enregistré dans le même studio que les légendaires comédies musicales de la MGM. Et il y avait aussi un chœur. On était comme en dehors du temps. Comme dans tous ces classiques avec lesquels j’ai grandi. C’était exceptionnel.

Ultime question : Quels sont vos projets? Savez -vous ce que vous voulez faire?

Réponse : OUI ! Mon prochain projet, ce sont des vacances ! Des grandes vacances! Mais pas en bord de mer ! Godzilla sait ce que je lui ai fait. Et il va venir me chercher parce qu’il n’est content de la manière dont je l’ai trahi (rire)! Donc je vais rester loin des grandes villes et de la côte.

Merci à Gareth Edwards pour cet entretien sympathique, à Sabri Ammar, Justine Deltombe et toute l’équipe de Warner pour nous avoir offert cette opportunité

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