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Gomu Gomu No Bazooka! (Critique de One Piece Z, de Tatsuya Nagamine)

Gomu Gomu No Bazooka! (Critique de One Piece Z, de Tatsuya Nagamine)

Note de l'auteur

Et de 11 ! Le nouveau long-métrage de la saga One Piece arrive sur les écrans français le 15 mai et une fois n’est pas coutume, c’est une semi déception. Critique en avant-première…

 

Eiichiro Oda, auteur du manga One Piece depuis 15 ans, trouve le temps de superviser ce 11ème film tiré de sa licence. Petite piqûre de rappel:  One Piece, c’est à ce jour 67 tomes et quelques 600 épisodes. Alors pour ceux qui se posent la question (dont moi, je reconnais, okayyy, je suis un gros ignare ! NDPlissken), les neuf premiers films ne sont pas sortis en salles mais directement en DVD. De plus, Oda n’a réellement participé aux adaptations ciné de son manga qu’à partir du 10ème opus, One Piece Strong World, qui fut le tout premier à être sorti en salles dans nos contrées, en 2011. L’implication d’Oda s’est grandement ressentie sur ce film qui avait alors pulvérisé le box-office japonais.

 

En 2013, le créateur revient donc dans le bruit et la fureur avec One Piece Z. Ce 11ème film n’est pas inclus dans l’histoire du manga (ou de l’anime) mais on peut le situer chronologiquement après le tome 61. Luffy est un jeune pirate parti à la recherche du One Piece (trésor dont on ignore la nature) avec son équipage. Ils sont arrivés dans le Nouveau Monde (ça y est!), zone la plus dangereuse de la planète où seuls les plus puissants sont parvenus. L’équipage du Chapeau de Paille tombe par hasard sur un homme perdu en mer. Il n’est autre que le « Z » du titre et le bad guy de l’histoire. Ancien amiral de la Marine, il s’est juré de supprimer la piraterie de la surface de la planète. Premier constat : on a beau savoir qu’en matière d’adaptation cinéma de franchises célèbres, il vaut mieux ne pas être trop regardant sur le scénario, le film se repose vraiment trop sur ses lauriers et en termes dramaturgiques, One Piece Z ne nous donne pas grand chose à se mettre sous la dent.

 

Tout d’abord, la rencontre totalement fortuite au début du film n’est liée à aucune raison précise (si on prend on compte le manga), ce qui est surprenant pour la saga One Piece. Oda nous a habitué à ne rien laisser au hasard et du coup, ici, le lancement de l’intrigue semble assez artificiel. Le background du personnage de Z n’est pas inintéressant mais reste un peu léger, même si les fans seront malgré tout contents de retrouver des personnages de la série-mère.

 

Autre souci : le reste du film ne semble jamais vraiment décoller et malgré quelques bonnes idées (le Fruit du Démon de la Jouvence), on est jamais complètement convaincu de l’intérêt de ce qui nous est raconté. Quant à la fin, sans rien vous révéler, elle semble un peu rapide, facile, presque bâclée. Dans l’ensemble, le film se focalise un peu trop sur « Z » et finit par en oublier certains personnages relégués au rang de seconds rôles comiques. Au générique de fin, un arrière-goût de déception plane…

 

Heureusement, One Piece Z a aussi ses points forts et ici, c’est l’animation qui bluffe. La Tôei Animation, studio aux commandes, se fait plaisir et nous régale. La caméra tournoie à 2000 à l’heure lors des phases de combats, les cadrages allongent les perspectives et les traits se déforment. La débauche d’effets alliée à la fluidité absolue de l’animation arrivent même à nous faire oublier, à de rares moments, la pauvreté du scénario. C’est beau, ça va vite et ça claque.

 

Autre bon point : l’humour. Une qualité maison de la franchise. En bon shônen (manga pour garçon, ok Plissken ?) qu’il est, le manga sait aligner les scènes de bravoure très premier degré, mais il n’oublie jamais de rester divertissant et drôle, comme ce film. Le trio Luffy/Ussop/Chopper sait faire preuve d’une stupidité parfois profonde et les affrontements verbaux entre Sanji et Zoro font mouche à tout les coups. L’équilibre entre premier et second degrés est respecté et Oda, qui a toujours eu un grain de folie, l’exprime à travers ses personnages. En un mot, on se marre bien !

 

Je terminerai en disant qu’en dépit de cette petite déception, je tiens tout de même à saluer le travail et l’implication de Eiichiro Oda. Totalement dévoué envers son titre et ses fans, il continue la construction de son œuvre-monde, avec une cohérence folle. Alors, ne faisons pas les difficiles et accueillons comme il se doit One Piece Z dans nos salles, le 15 mai.

 

ONE PIECE Z, de Tatsuya Nagamine (108 min). Sortie en salles le 15 Mai.

 

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