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Le problème avec le good-looking acting dans les sitcoms (par Koss)

Le problème avec le good-looking acting dans les sitcoms (par Koss)

Notre invité du mois, que l’on peut également lire sur Serie All, est de retour pour évoquer un sujet qui le titille depuis un petit moment : à la télévision, la plastique des comédiens prime-t-elle aujourd’hui définitivement sur leurs qualités de jeu ? Le sujet prête à débat, y compris parmi nous : on attend vos réactions !

 

Anna Faris, vedette de Mom. Photo CBS

Anna Faris, vedette de Mom. Photo CBS

Je me suis longtemps demandé pourquoi je trouvais les sitcoms moins drôles qu’auparavant. Je ne suis déjà pas spécialement grand amateur du genre, mais je dois dire que plus les années passent et plus la qualité de Frasier s’éloigne. Je me suis longtemps dit que le problème venait de moi et de mon incapacité totale à accepter la nouveauté. Ce n’était pas l’humour qui vieillissait. C’était moi. J’étais devenu mon pire cauchemar : un nostalgique passéiste.

Jusqu’au jour où un ami proche m’a fait la remarque suivante : « Tu ne trouves pas que les acteurs de série sont de plus en plus beaux ? ». Les États-Unis sont effectivement un pays où le good looking acting est primordial. Lorsque j’étais assistant professeur dans une université américaine, une de mes élèves avait été particulièrement choquée de voir Romain Duris nu en train de faire l’amour dans L’Auberge Espagnole au motif que (je cite de mémoire) « Il n’est pas beau, je n’ai pas envie de voir ça ». J’avoue que, sur le coup; sa remarque  m’avait plutôt soufflé. Et puis, j’ai réfléchi.

Déjà bien implanté dans les esprits, ce phénomène s’est accéléré depuis une quinzaine d’années au cinéma comme à la télévision. Dans le petit milieu de la sitcom US, je crois que Friends a marqué un tournant majeur. Avant, l’important pour les responsables de casting était de trouver de bons acteurs disposant d’un vrai rythme et un bon tempo de comédie. C’est loin, très loin d’être quelque chose de fréquent.

C’est alors que Friends est arrivée. La célèbre sitcom a montré que faire rire avec des jeunes gens blancs et beaux était tout à fait possible. Depuis, le good looking acting s’est démultiplié : The Big Bang Theory et ses personnages geek très loin d’être repoussants, Mon Oncle Charlie et sa collection de belles gueules féminines. La CW semble même avoir fait de ce principe son mode de fonctionnement numéro 1.

Sarah Michelle Gellar, dans The Crazy Ones. Photo CBS

Sarah Michelle Gellar, dans The Crazy Ones. Photo CBS

Or, vous le savez bien : savoir jouer et être beau sont deux choses différentes et si on sort du cadre des séries de 21 minutes, ce ne sont pas les acteurs de Teen Wolf qui me contrediront.

Savoir jouer la comédie, pouvoir placer la blague au bon moment et avec le bon rythme nécessite un vrai talent. Si Amy Poehler et Tina Fey sont si drôles lors des derniers Golden Globes, c’est justement parce qu’elles le possèdent ce talent.

Résultat, qu’obtient-on lors de la dernière rentrée série ? Une Sarah Michelle Gellar bien à la peine face à Robin Williams dans le désolant The Crazy Ones. Une Anna Faris qui a du mal à s’imposer face à la magistrale Alisson Janney dans Mom. Les beaux gosses d’Enlisted bien incapables de placer une réplique correctement, réduits à accumuler les gags visuels jusqu’à l’épuisement. Ce n’est pas un hasard si la seule comédie arrivant à percer (Brooklyn Nine Nine) est porté par un acteur à la fois beau gosse et doué pour la comédie (Andy Samberg).

Beaucoup de critiques se plaignent du niveau de la comédie US depuis trois/quatre ans. C’est vrai que ces dernières années entre X et X (en passant par X), le niveau fait assez peur. Si on souhaite un vrai renouveau de la comédie, peut-être faudrait-il commencer par moins regarder le physique des acteurs que leur talent.

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