Music Mini Review: Blur – The Magic Whip (Parlophone)

Music Mini Review: Blur – The Magic Whip (Parlophone)

Note de l'auteur

MagicWhip19021512 ans! Voilà maintenant 12 ans qu’on espérait les voir de retour et ça n’a pas été vain puisque voici enfin le nouvel album du fleuron de la britpop des 90’s, The Magic Whip de Blur. Après de nombreuses rumeurs sur une éventuelle reformation, la bande de Damon Albarn is back! Ça y est, cette fois c’est sûr, ils sont de retour et qui plus est, de fort belle manière puisqu’ils n’ont rien perdu de leur superbe. Décryptage.

 

Un come-back n’est jamais évident surtout quand on a autant marqué une génération et le risque de décevoir est d’autant plus grand. De plus, on est toujours en droit de remettre en cause la légitimité d’une telle opération. Quand les caisses sont vides, on peut être très facilement tenté de relancer sa carrière, juste histoire de faire tomber quelques dollars. D’ailleurs, ne soyons pas dupes, il y a toujours un peu de ça derrière chaque reformation. Ça ne veut pas pour autant dire qu’il faut cracher sur ce types d’événements ni même sur ceux qui en sont les instigateurs. L’appât du gain et l’envie de retrouver un public ne sont pas incompatibles. Dans le cas de Blur, l’envie s’est faite désirer. Occupés par leurs carrières solo et des projets différents, chacun des membres n’avait pas (encore) la tête à Blur mais ces dernières années, les guerres d’ego prenant fin et on sentait qu’il ne manquait pas grand chose pour que ça se fasse. Les fans qui ont grandi avec Song 2, Boys and Girls et Country House eux, sont chauds depuis longtemps, depuis l’incroyable et dernier album Think Tank, sorti en 2003.

 

Avec le premier morceau, Lonesome Street, Blur rassure direct et met tous le monde d’accord. On retrouve les riffs et le son du guitariste Graham Coxon, la batterie et la basse bondissent et la voix de Damon Albarn enfonce le clou. C’est du Blur pur jus et on se retrouve projeté instantanément en 1995 avec un plaisir hallucinant. New World Towers fait un bon dans le temps, puisque il nous rappelle plus Think Tank au début des années 2000, avec un son plus apaisé, plus épuré et une tonalité plus mélancolique. En deux morceaux, The Magic Whip s’annonce comme une nouvelle exploration des différentes phases du groupe. Le troisième titre, Go Out est un entre-deux, tiraillé entre le son rock et sautillant des 90’s et l’approche plus aseptisée tirant vers l’éléctro du début des années 2000. En résulte un morceaux un peu hybride mais plutôt efficace et prenant.

 

Ice Cream Man s’articule autour d’un sample éléctro qui transpire Damon Albarn de tout les côtés. Cette balade pop aurait pu figurer sur son album solo mais elle trouve finalement pleinement sa place ici. Avec Thought I was a Spaceman, le groupe s’aventure sur quelque chose de bien plus minimaliste et d’une certaine manière plus expérimental, rappelant les derniers travaux de Thom York et ses potes. Le titre est un trip spatial qu’il faut prendre le temps d’écouter car il prend le temps de se dévoiler. A mi-parcours, I Broadcast revient aux basiques malgré une intro éléctro, on retrouve le phasé de Albarn et cette énergie communicative et directe, qui est l’une des marques de fabrique des anglais. S’en suit, My Terracotta Heart, petite balade planante, qui sent le sable chaud et surtout There Are Too Many Of Us, qui assène sa rythmique martial, appuyée par la voix pleine d’échos de Damon Albarn. Le morceau se construit au fur et à mesure et s’insinue en vous pour ne plus vous quitter.

 

Sur Ghost Ship, le groupe s’offre une pause ensoleillée à base de basse groovy et de guitare au son clair et funky. Fermez les yeux, l’été est là! A côté de ça, Pyongyang, se la joue «low profile», dans un morceau bien plus froid, synthétique et mélancolique. Blur s’amuse à souffler le chaud et le froid d’un titre à l’autre et parvient à nous surprendre à plusieurs reprises. Ong Ong, quand à elle, renoue avec des chansons comme Country House, pleine d’entrain, qui donne envie de se jeter une petite pinte. Pour clôturer l’album, Mirrorball ne lâche pas les tigres, au contraire, elle les retient dans un morceau rock et langoureux où lézarde la voix de Albarn. La guitare gémit des sonorités rauques et lointaines dans lesquelles, on finit par se perdre. On reprend tranquillement ses esprits, serein et enjoué. The Magic Whip prend des formes multiples, va chercher dans toutes les facettes du groupe, quitte à perdre en cohérence mais semble véritablement destiné à tout ceux qui ont pu aimé Blur à un moment donné. Le groupe ne cherche pas à tout bouleverser, il veut juste faire ce qu’il aime et ça tombe bien puisqu’on aime la même chose.

 

 

 

Blur – The Magic Whip (Parlophone), sorti le 27 avril 2015

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