H.R. Giger (1940 – 2014)

H.R. Giger (1940 – 2014)

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En relisant mon exemplaire du Nécronomicon (Humanoïdes associés, 1977), je me suis rendu compte que je n’avais jamais lu les textes, ni même les noms des peintures présentées. Mais ces peintures, bordel, je les connais toutes par cœur. J’ai feuilleté ce bouquin tant et tant de fois, que toutes les pages se sont petits à petits décollés. Il faut dire que la reliure était passablement pourrie. Aujourd’hui, ce n’est plus un bouquin, c’est un dossier.

Mais peu importe, car chaque fois que je compulse ce flot d’images insensées, je reste comme hypnotisé par la précision du dessin et son incroyable richesse. Giger était incapable de donner dans le réalisme. Même la plus banale des baignoires prend des allures de machine biomécanique une fois passée entre ses mains (Bathtub, 1971). Ses œuvres « religieuses » comme Satan et Serpent Crucifié (1975) sont d’une puissance incroyable, en plus d’être un condensé avant l’heure de 30 années de couvertures métal et/ou gothique.

Salvator Dali ne s’était pas trompé en dédicaçant la page de garde du Nécronomicon. Il savait qu’il avait devant lui l’un des artistes les plus importants de la fin du vingtième siècle. Un de ceux qui allaient définitivement changer la face du monde pictural. Ce qu’il ignorait sans doute, c’est que Giger allait aussi créer la créature la plus iconique de cette fin de siècle et la plus terrifiante de l’histoire du cinéma. Une véritable machine à tuer, froide comme la mort. Celle que l’on appelle désormais l’Alien.

Difficile de dire si avec tous ces cauchemars, H.R. Giger peut véritablement reposé en paix. Quant à moi, il me reste mon Nécronomicon, que je chérie malgré son état déplorable.
… et ces dessins de préparation pour Dune… non mais quel truc de fou furieux, sans déconner !

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