Happy Endings (bilan de la saison 3)

Happy Endings (bilan de la saison 3)

Note de l'auteur

Ah, Boyz II Menorah… Photo Sony Pictures

Une audience en chute libre, des pistes narratives qui se multiplient mais sont souvent mal développées, une impression de stagnation… cette année, David Caspe a manqué le coche pour imposer définitivement la série dans la grille d’ABC. Radioscopie d’une saison décevante mais pas complètement ratée.

Les scénaristes de Happy Endings se sont-ils trop mis la pression au moment de produire la troisième saison des amis de Chicago ? On peut se poser la question, au moment de disséquer quelques choix pas trop payants. En octobre dernier, avec Cougar Town dégagée de la grille d’ABC en raison d’audiences insatisfaisantes et alors que Don’t Trust the Bitch… venait d’être renouvelée après une première saison encourageante, Happy Endings avait en effet un sérieux coup à jouer pour s’imposer comme l’autre grande comédie de la chaîne, juste derrière Modern Family.

Un peu plus de six mois après la diffusion de Cazsh Dummy Spillionaires, le season premiere, le bilan est assez sombre. L’audience moyenne de la série a été divisée par deux (on est passé de 6,2 à 3 millions de téléspectateurs). Le jour de diffusion des épisodes a changé (proposée d’abord le mardi, la sitcom a fini la saison le vendredi soir). Et surtout, la qualité des histoires était très fluctuante cette année. Parfois, les épisodes était très efficaces  (Boyz II Menorah, Bros before Bros), parfois, c’était plus laborieux (Our Best Friend’s wedding, The Straight Dope).

Elisha Cuthbert, telle qu’en elle-même. Photo Sony Pictures

Comme on l’a expliqué lors du bilan à la mi-saison, cela s’explique d’abord par un relâchement au niveau de l’écriture des personnages. Si certains n’en souffrent pas trop (Elisha Cuthbert porte son personnage de gourde à bout de bras), d’autres paient le prix fort (Damon Wayans Jr  -Brad Williams- et ses cris aigus sont assez fatigants). Mais ce n’est pas tout.

Cette année, toutes les intrigues ne se valaient pas,  les scénaristes ont eu beaucoup de mal à faire évoluer leurs personnages. C’est le cas de Penny, pourtant impliquée dans une intrigue distillée sur plusieurs épisodes. C’est également celui de Brad et Jane, dont la vie professionnelle connaît elle aussi des changements sans qu’ils n’évoluent vraiment. Et c’est le enfin cas de la relation liant Dave et Alex, qui peine franchement à nourrir l’élan comique. Mis bout à bout, ça commence à faire beaucoup.

En fait, on a l’impression que Caspe et sa bande se sont piégés (1). Comme s’ils avaient envie d’asseoir le succès du show… tout en évitant de soigner les histoires feuilletonnantes, ce qui aurait pourtant permis de creuser les personnalités. A cause des mauvaises habitudes de diffusion de ABC – qui a flingué Don’t Trust The Bitch… en la diffusant dans le désordre le plus complet ? Possible.

Les scénaristes de Happy Endings ont en tout cas choisi de multiplier les intrigues dans les épisodes, pour faire ronfler le moteur comique de leur création. Le souci, c’est que parfois, c’est beaucoup de bruit pour pas grand-chose (2).

Résultat des courses ? La série a fini sa saison 3 avec à peine deux millions de téléspectateurs devant leur écran et il y a très, très peu de chances qu’on la retrouve cet automne sur ABC. C’est triste. On espère cependant que le show rebondira ailleurs (on a parlé d’USA Network) et connaîtra un destin à la Cougar Town, qui a bien rebondi sur TBS.

Une seule solution pour rebondir : revenir aux fondamentaux… et s’éloigner de ABC ? Photo Sony Pictures

Après tout, même si cette année fut moins réussie, (3) ce ne serait pas la première fois qu’une série rebondit efficacement après une saison 3 compliquée.

(1) Une impression renforcée par cette interview vidéo de Caspe, accordée au Huffington Post américain.
 
(2) Samedi, vous retrouvez sur le Daily Mars le deuxième épisode de Rien à voir, podcast auquel participe la rédaction du webzine. Happy Endings est au sommaire des discussions… et Julia Lagrée développe des arguments intéressants à ce propos. On vous donne rendez-vous ce week-end pour les découvrir. 
 
(3) Un sentiment à nuancer sur la fin de parcours, sensiblement meilleure. Merci, la fin de l’intrigue Pete.
 

NOTE FINALE : 3 planètes Mars sur 5 (mais en fait, ça pourrait être 2,5).

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