Richesse et variété du câble américain : HBO

Richesse et variété du câble américain : HBO

Cet été, le Daily Mars explore avec vous l’univers du câble américain. Loin d’être un simple espace où tout serait « simplement » permis, les chaînes qui font partie du câble payant (comme HBO ou Showtime) ou du câble basique (AMC, FX, TNT, etc.) tirent leur épingle du jeu en proposant des séries qui participent à l’histoire de la télé américaine. Explorons aujourd’hui l’empire Home Box Office.

hbo-itsnottv-itshboC’est en 1971 que naît The Green Channel, rapidement rebaptisée Home Box Office du fait de sa programmation innovante : des films inédits à la télévision et des retransmissions sportives en direct. Le 8 novembre 1972, cette “chaîne à péage” diffuse ses premiers programmes. Ce sont uniquement les abonnements qui financent la chaîne, et à l’époque elle ne compte que 365 abonnés. Aujourd’hui, HBO a environ 29 millions d’adhérents.

Pendant longtemps, HBO est considérée comme la chaîne du sport et du cinéma et c’est avec l’arrivée de Chris Albrecht à la tête de la programmation en 1995 que les choses ont commencé à changer. Ce qu’Albrecht veut faire, c’est réinventer la télévision, et pour cela il décide de tout miser sur la création de programmes originaux.

Oz arrive en 1997 sur HBO

Oz arrive en 1997 sur HBO

Faire du HBO, c’est produire des blockbusters pour le petit écran, essayer de faire du cinéma à la télévision. Albrecht était un visionnaire dans la mesure où il a voulu oser, et n’a pas eu froid aux yeux quand est venu le temps de faire les séries que personne d’autre ne voulait faire. Tout a commencé avec Oz, la série choc de Tom Fontana sur le milieu carcéral. C’est Albrecht qui a ancré l’idée de mettre l’auteur au centre de la création dans la mentalité de la chaîne. Chez HBO, on prend soin de ses showrunners, et on les laisse maître de leur récit. Avec Oz puis Les Soprano, la chaîne a voulu affirmer sa volonté de faire des séries de qualité.

Le fait est qu’il ne faut pas juste créer un programme original de qualité, il faut faire du HBO. Si avec des séries comme The Wire ou Les Sopranos elle attire le regard de la critique, c’est avec des shows populaires comme Sex And The City que la chaîne gagne en notoriété. Et si le concept de blockbuster (qui fait référence au cinéma à un film à gros budget destiné à un large public) reste difficile à appliquer à certaines séries HBO (comme Les Soprano), pour d’autres comme Game of Thrones, l’idée prend tout son sens. Au final, le blockbuster HBO est un blockbuster d’auteur, quelque chose qui ne touche pas nécessairement le gros du public, mais qui assoit la notoriété de la chaîne en matière de qualité d’écriture.

La saison 1 de The Wire.

La saison 1 de The Wire.

On a attribué à la chaîne le fait d’avoir redorer le blason des séries et d’avoir transformer cette forme de culture méprisée en nouvelle forme d’art. Sur HBO, les séries deviennent des oeuvres d’art que l’on se met à apprécier différemment. On parle alors de séries d’auteur et de modèle HBO. La vision d’Albrecht a en effet révolutionné la télévision car sa prise de conscience sur la valeur des séries a fait de la chaîne une valeur sûre en matière de grosse production télévisuelle. Non seulement les séries estampillées HBO se mettent à attirer le regard des téléspectateurs de par le nom de la chaîne qui les produit, mais il en devient de même pour les miniséries et les téléfilms qui se transforment eu aussi en événements télé.

Six Feet Under, Deadwood, Rome, Boardwalk Empire, Game of Thrones, The Newsroom, Girls, True Detective… les séries made in HBO animent les débats au sein des critiques et des sériephiles et chaque nouveau né est très attendu. La règle n’a pas fait défaut à The Leftovers, dernière série arrivée sur la chaîne. Malgré un contenu difficile à digérer, elle a maintenu l’attention de son public de part le fait qu’elle a beaucoup fait parler d’elle et que son ambiance est intrigante, mais aussi quelque part parce que “c’est du HBO,” et que la marque de la chaîne a tendance à pousser le téléspectateur avisé à s’attendre à un programme de qualité. true-blood-logo

Pourtant, la chaîne ne vise pas toujours juste et certains succès peuvent finir en perdition, comme cela a été le cas de True Blood d’un point de vue scénaristique. Il y a aussi eu des accidents industriels comme The Comeback ou encore Luck. Même Rome a en soit été un échec car trop coûteuse pour des audiences trop basses. Et puis il y a eu les ratés comme Journal intime d’un homme marié, vaine tentative de créer une version masculine de Sex and the City. Cependant, on peut difficilement nier que le nombre de réussite que compte les productions de la chaîne surpasse de loin ses échecs.

Mais, si l’âge d’or de la chaîne se situe fin 1990 début 2000, HBO n’est désormais plus seule au rang des chaînes du câble produisant des programmes originaux de qualité acclamés par le public et la critique. AMC, Showtime…et maintenant Netflix lui font concurrence. La plateforme de vidéo à la demande compte même plus d’abonnés que HBO, et même si Richard Plepler, le président de la chaîne, déclare que sa volonté est de “créer des addictions,” il n’est pas le seul à y parvenir.

La solution à la survie d’HBO se trouve-t-elle dans le standalone streaming ? Faut-il que la chaîne rehausse ses standards de qualité pour continuer d’être au dessus du lot ? Continuer de révolutionner, surprendre, perpétuellement se réinventer, c’est en cela que la chaîne doit puiser sa force si elle ne veut pas se faire dévorer par la concurrence et continuer de briller.

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