Hello Ladies : bilan de la saison 1

Hello Ladies : bilan de la saison 1

Note de l'auteur

Stephen Merchant, un bon acteur mais un auteur qui peine à surprendre.

La première série créée par Stephen Merchant (avec Gene Stupinsky et Lee Eisenberg) pour HBO vaut-elle vraiment le coup d’oeil ? Si elle rassemble des personnages intéressants, ses intrigues ont besoin d’aller à la salle de sport. Eh oui : ça manque un peu de muscle, tout ça.

HBO et les séries de 30 minutes, c’est une histoire assez longue (souvenez-vous : Dream On et The Larry Sanders Show) et un peu tumultueuse. Si la chaîne possède aujourd’hui encore de jolis succès critique (Girls principalement, mais aussi Veep), elle a aussi tendance à en commander plusieurs créations qui ne durent pas très longtemps. Hung, How to Make it America, Enlightened, Bored to Death… les raisons sont parfois multiples, mais on peut avoir le sentiment que la chaîne se cherche un peu de ce côté de la grille.

Cette impression,  on la retrouve avec Hello Ladies, comédie de et avec Stephen Merchant diffusée de septembre à novembre. En suivant les pérégrinations de Stuart Pritchard, web designer british qui drague piteusement tout ce qui bouge, Merchant explore une nouvelle fois l’humour grinçant et les situation pathétiques qui ont fait son succès quand il s’associe à Ricky Gervais.

Expert du malaise qui fait rire, le bonhomme peine à surprendre sur la longueur. La saison a effectivement un côté « variation sur le même ton » qui peut être rebutant, à une époque où Curb Your Ethusiasm, Extras ou encore Life’s too short ont déjà bien labouré le terrain.

Stephen Merchant et Christine Woods.

La série fait cependant valoir quelques belles qualités. La première : utiliser intelligemment des acteurs doués. Christine Woods (Jessica, sa colocataire) et Nate Torrence (Wade, son pote plaqué par sa femme) sont, à ce titre, la très bonne trouvaille de Hello Ladies. Chacun dans son registre, les deux comédiens apportent une belle humanité à des personnages auxquels on finit par s’attacher, doucement et sincèrement. On se surprend aussi à trouver celui de Stuart plus touchant que l’on ne pourrait croire.

L’autre force de la série, c’est sa façon d’explorer la question de la solitude. Dans Hello Ladies, c’est une sorte de sparadrap dont on voudrait se débarrasser et qui colle toujours à votre peau. Un peu comme le fameux pansement du capitaine Haddock dans Tintin. Ça pourrait devenir un gimmick assez artificiel mais ça marche assez bien. Cela donne en tout cas une saveur douce-amer à l’histoire, et imprègne complètement la série.

Le show a surtout un gros souci : dans les intrigues « bouclées », tout est super convenu. J’avais bien aimé les débuts mais au bout de huit épisodes, l’absence de la moindre surprise me frustre. Si cela nourrit une dynamique de jeu avec le téléspectateur, et que cela crée un décalage dans les échanges, pourquoi pas. Là, on en est loin. Et le phénomène d’usure arrive assez vite.

Que la proximité qui unit les deux colocataires de la série évolue de façon évidente, tout le monde peut s’en douter. Mais que les scénaristes ne fassent quasiment aucun effort pour tracer un parcours un tant soit peu étonnant, c’est plus problématique.

A tel point que devant un final hyper-prévisible, l’impression finale est mitigée. Oui, on a envie de revoir Stu, Jessica et Nate en saison 2. Mais on n’a pas nécessairement envie de regarder des épisodes qui flirtent parfois avec l’ennui.

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