• Home »
  • SÉRIES »
  • Hero Corp saison 3 : dans les coulisses d’un tournage épique aux secrets bien gardés
Hero Corp saison 3 : dans les coulisses d’un tournage épique aux secrets bien gardés

Hero Corp saison 3 : dans les coulisses d’un tournage épique aux secrets bien gardés

C’est du jamais vu en France : une série annulée par deux diffuseurs (Comédie! et France 4), soutenue à bout de bras des mois durant par une communauté à la force virale hallucinante et finalement ressuscitée par un des deux diffuseurs seul (France 4), convaincu par l’existence d’un public suffisant pour investir dans une saison 3 de cet Ovni télé qu’est Hero Corp. Un cas d’école certainement amené à être étudié dans les facs d’audiovisuel et de communication. A propos de communication, on notera que celle de Hero Corp est, à l’occasion du tournage de cette saison 3 qui vient donc de débuter en Bourgogne, particulièrement contrôlée.

On ne remerciera jamais assez France 4 et Simon Astier d’avoir offert au Daily Mars l’opportunité de faire partie des 5 supports privilégiés pour visiter le plateau de la production et rencontrer l’équipe en plein tournage. Mais sur place, notre camarade Julia Lagrée a pu constater que l’accès à l’information était maîtrisé au carré : interdiction formelle de prendre des photos des costumes, acteurs ou de décors qui seront à l’écran, motus général pour toute question sur l’intrigue, tandis qu’Alban Lenoir et Sébastien Lalanne renvoient systématiquement à Simon Astier concernant le dispositif de diffusion transmédia à venir d’Hero Corp.

On comprend l’enjeu pour la production et la chaîne : une importante et active communauté de fans à l’immense ferveur attend de pied ferme cette saison 3 et, tant que les négociations sur la date de diffusion de Hero Corp n’ont pas abouties, Simon Astier ne souhaite pas laisser filtrer la moindre image pour maîtriser le timing des révélations. Ce sont les fans qui seront les premiers informés et eux seuls. Le but final étant bien évidemment de ne surtout pas louper le lancement de ce nouveau cru et d’optimiser la synchronisation de la promo entre les différents écrans, afin de garantir à la saison 3 les meilleures audiences possibles. Hero Corp vit une incroyable seconde chance. Il n’y en aura pas de troisième.

John Plissken

 

«Plus on avance plus j’ai l’impression qu’on vit un voyage initiatique. Si on n’avait pas vécu tout ça, on ne serait pas les même aujourd’hui »… Cette phrase c’est François Podetti dans la peau de Burt qui la confie à ses camarades Gerard Darier («Steve») et Arnaud Joyet (Stan) dans un sous bois. Un dialogue de la série qui pourrait également résumer ce que représente notre présence sur le tournage de la saison 3 d’Hero Corp.

C’est en Bourgogne, dans la banlieue d’Auxerre, que le tournage a lieu en ce moment même. Alors nous voilà, nous petite troupe de 5 journalistes et une attachée de presse de France 4 dans le train en direction d’Auxerre. La Bourgogne, Simon Astier la connait très bien puisqu’il y a grandi. Il a quand même fait appel à un régisseur général qui connait très bien la région, Michel Degrange, pour trouver des décors à couper le souffle. En tout cas, c’est ce qu’on ressent quand on arrive après 30 minutes de voiture coincés derrière un convoi exceptionnel, à la carrière souterraine d’Aubigny, un des trois lieux principaux de tournage.

C’est beau, mais ça ne sera pas forcément dans la saison puisque la production ne veut rien nous dire !

 

Le petit budget ce n’est pas forcément un problème mais c’est avant tout un défi

 

Pour Michel Degrange, le défi pour Hero Corp était «de trouver des décors polyvalents en raison du budget modeste, pour être plus efficace. Chaque lieu de tournage doit être utilisé pour plusieurs décors». La carrière où nous sommes aujourd’hui va être utilisée pour au moins deux décors extérieurs et trois décors intérieurs. Le petit budget ce n’est pas forcément un problème mais c’est avant tout un défi. Degrange explique : « C’est un casse tête. Ce qui est très différent, c’est qu’il y a beaucoup de comédiens pour un très petit budget. Mais comme c’est un groupe qui se connait, ils sont très compréhensifs et acceptent des conditions difficiles ». Malgré ces enjeux, toute l’équipe s’accorde pour louer le talent de Simon à tenir les délais. Il y a très peu de dépassement d’horaires et heureusement quand on voit à quel point la journée est mouvementée !

Cette bonne ambiance, elle est là à l’écran et surtout derrière la caméra. Michel Degrange a une phrase qui résume tout et qu’on croirait sortie tout droit de Kaamelott : «Personne ne fait chier ». Pourtant ils auraient tous de quoi râler. Lors de la première semaine de tournage, il neigeait et faisait -12°C. Autour d’un plat de pâtes carbonara, Sébastien Lalanne nous raconte en rigolant que les premiers jours, personne n’était équipé pour travailler dans de telles conditions : «Hero Corp c’est un travail contre les éléments». Maintenant, une collection de Damart posée à côté des portants des costumes ferait pâlir n’importe quelle maison de retraite. Enfin les équipes sont réduites au maximum : 3 personnes à la régie dont un stagiaire, aucun machiniste, le photographe venu avec nous s’est même vu proposer de faire de la figuration ! Mais la situation est quand même meilleure que les années précédentes, Sébastien Lalanne nous confie que cette année, il n’a pas encore eu à conduire de camion !

Damart de rigueur sur le tournage de la saison 3. On se les gèle en Bourgogne !

 

Une scène de combat entre super héros et « bêtes »…

 

Il est 13h30 et pendant que l’équipe se met en place dans une clairière pour une nouvelle séquence, une bande de figurants débraillés et maquillés comme des zombies arrive vers nous. Ils font un peu peur quand même. Isis, l’assistante réalisatrice, les alpague «Les bêtes, venez par ici !!!». Les bêtes ? «Oui, des zombies c’est moins dynamique quand même, là ça ressemble plus à des forces du mal.» fait remarquer un des maquilleurs. Sur ces bêtes, nous n’en saurons pas plus. Si ce n’est que la séquence les oppose à nos super héros adorés. La scène commence par l’image des héros en haut d’une colline en ligne. Ils sont presque tous là (il manque juste Philippe Noel et Agnès Boury dans ce tableau) et se mettent en place.

« Alban, tu es trop derrière Simon » interpelle le chef opérateur, «C’est normal, c’est ma série» répond ce dernier en rigolant. Et c’est sur cette blague que débute 1h30 de séquence sous une pluie battante. Chacun son tour, deux par deux, ils se battront contre les «bêtes» pendant que les cadreurs se battront avec la pluie. Simon Astier nous l’expliquait dans son interview, cette saison, ils ont des caméras Red, très pratiques pour les effets spéciaux, mais très coûteuses et surtout très lourdes. Alors pour compenser cette «folie», les cadreurs utilisent des objectifs photos, rendant le travail un peu plus ardu pour faire le point. Surtout sous la pluie. Même s’ils ne jouent pas, les comédiens scrutent les deux moniteurs autour de Simon Astier et la scripte. Sous les trois tentes et les 7 parapluies, tout le monde est gelé et trempé. Arnaud Tsamère est sous un monticule de manteaux, Patrick Vo se réchauffe en nous racontant son expérience sur Fast and Furious 6 et Sébastien Lalanne essaye de faire tenir ses incisives. Chacun sa technique pour ne pas mourir de froid. Les nouveaux costumes ont beau être un peu plus chaud que les précédents, ça ne suffit pas !

Une heure trente plus tard, plus d’une douzaine de plans ont été tourné en deux caméras en moins de 3 prises chacun. Tout le monde redescend se mettre à l’abri dans la carrière, où il fait 12°C mais à ce stade, c’est l’équivalent des Seychelles. On serait bien tenté de goûter au Ratafia vendu à la boutique souvenir de la caverne pour se réchauffer, mais le café devra suffire. Car il reste encore 5 séquences à tourner.

La suivante sera devant la porte de la caverne. Plus tôt dans la journée, des assistants déco enduisaient les grilles de l’entrée de boue et peignaient des faux cailloux en blanc pour préparer cette séquence. C’est le moment pour les interviews filmées pendant que je pars photographier cette incroyable caverne. On n’a pas voulu nous dire quelles portions de la caverne serviraient pour le tournage, mais c’est tellement impressionnant que ça vaut le coup de faire la touriste.

Les pieds tout crottés, il est déjà temps pour nous de repartir à Paris. On embarque Alban Lenoir avec nous. En ce moment, en plus de tourner Hero Corp, il se prépare physiquement pour un double film de genre Goal of the dead, produit par Empreinte Digitale. Il se muscle pour les gros bras de Klaus le jour et travaille son jeu de footballeur le soir. Dans le train, studieux, il révise son texte des prochains jours. Plus tôt dans la journée, il nous a confié : «Hero Corp a cette force qu’on a tellement envie de faire cette série, qu’on fait tout pour elle» C’est le sentiment que me laisse cette journée, celui d’avoir vu une équipe qui fait tout pour que l’impossible se réalise, juste parce qu’ils s’éclatent entre eux.

De notre envoyée spéciale sur le tournage : JULIA LAGREE

Crédit photos : Julia Lagrée pour Daily Mars.

Alban Lenoir, studieux, concentré, la classe. Oui c’est une photo de groupie : hiiiii !!!

Partager