Hey Jude (critique de Dom Hemingway, de Richard Shepard)

Hey Jude (critique de Dom Hemingway, de Richard Shepard)

Note de l'auteur

Dom HemingwayIl manquait à la filmographie de Jude Law un film où il puisse véritablement exploser, se donner à fond quitte à cabotiner comme un taré. Dom Hemingway lui en donne la possibilité et à ce niveau là, c’est le Jude Law Show. Le problème, c’est que ce n’est pas grand-chose de plus.

Dom Hemingway s’ouvre sur un long travelling arrière où l’on découvre un Jude Law à poil qui éructe un monologue improbable à la gloire de sa bite, tout en se la faisant sucer par un de ses « camarades » de cellule. Le personnage est posé. Dom Hemingway est un gangster de la vieille école, de celle qui fait des phrases. Véritable volcan en éruption constante, il soulage son envie d’exploser par un débit verbal quasi shakespearien.

Mais Dom Hemingway est surtout un pauvre type. Sous sa façade de gros dur se cache un bouffon, un cave, un énorme looser, un gars qui non seulement cherche les emmerdes en parlant trop, mais qui en plus les attire sans qu’il ait vraiment besoin d’aller les chercher. Enfin, Dom Hemingway c’est un gars qui veut faire amende honorable avec sa famille, sa femme décédée d’un cancer alors qu’il purgeait une peine de prison de 12 ans, et sa fille, qu’il n’a pas vu grandir.

C’est autour de ces trois axes que va se dérouler le scénario écrit et réalisé par Richard Shepard (avec un « p », c’est important), et c’est probablement là la plus grande faiblesse du film. Car malgré tous les efforts d’un Jude Law en pleine forme, qui parvient à certains moments à être véritablement touchant, Dom Hemingway n’est qu’une succession de sketches plus ou moins réussis qui, de surcroît, obéissent tous à la même structure : Dom veut bien faire, Dom fait son show, Dom se plante, fin du sketch.

En choisissant cette structure, Shepard ôte tout notion de tension à son film et l’on finit par gentiment s’emmerder devant les interminables foirades de son personnage. Malgré la présence de Richard E. Grant en sidekick rigolo mais quand même super anecdotique, Dom Hemingway fait partie de ces films où le personnage central bouffe tout jusqu’à l’indigestion.

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