Hollywood Divorce (critique de Day Out of Days, de Zoe Cassavetes)

Hollywood Divorce (critique de Day Out of Days, de Zoe Cassavetes)

Note de l'auteur

Parmi la sélection de Deauville, chaque année, au cœur de vrais films indés frais et qui défient les attentes, se nichent des drames sociaux à fort taux lacrymal et créant le malaise (non-affectueusement surnommés Sundanceries par certains, du nom du mythique festival américain qui les accueille chaque année, fin janvier), et des films plutôt indulgents, qui semblent conçus pour le public de festivals. La troisième réalisation de Zoe Cassavetes, énième variation sur Hollywood la bête qui broie espoirs, carrières et talents, appartient bien à la dernière catégorie.

zoe_cassavetesOn avait laissé Zoe Cassavetes avec Broken English en 2007, errements parisiens plaisants d’une Parker Posey lumineuse (c’était la période où Parker Posey était à l’affiche de la moitié des sélections de Sundance et Deauville). Le film était déjà présenté à Deauville, avant une sortie en catimini à l’été 2008. La réalisatrice garde des personnages féminins forts au centre de Day Out of Days, et revient à un univers qu’elle connaît bien : celui d’Hollywood, avec une actrice mise sur le banc de touche, Mia Roarke (Alexia Landeau), qui va de désillusion en désillusion alors que son ex fait encore les choux gras de la presse people. Elle va trouver un come-back, mais pas précisément comme elle l’entend. L’affaire est entendue, les sujets sont brûlants et fort actuels (le jeunisme rampant dans le casting dénoncé par des gens comme Maggie Gyllenhaal), y avait plus qu’à voir. Et on a vu.

De fait, la première séquence nous fait voir un Eddie Izzard au sommet de son cabotinage en metteur en scène clairement abusif, dont le projet est refusé par toutes les actrices en vogue. Après une audition remplissant toutes les cases du malaise et pas mal de coke ingérée, Mia sort échevelée et choquée. Le fond du trou ? On ne le saura pas, tellement le film passe cette épreuve sous le tapis, trop cru pour une comédie noire… et surtout trop peu intéressant pour ne pas être un des nombreux clichés présentés tartare par Cassavetes. Les tranches de vie comprennent plusieurs variations sur les relations acteurs-réalisateurs, que ce soit en télé ou au cinéma, mais les séquences se terminent dès le moment où un propos clair peut se dessiner. La reconnexion avec son ex, Liam (Alessandro Nivola, dont la présence est pour le coup totalement anonyme), n’approfondit pas du tout le personnage de Mia, occupée à réciter ses lignes de dialogue favorites devant un miroir. Et on passera par charité sur les thèmes totalement complaisants du duo français Scratch Massive qui baignent Day Out of Days dans une torpeur étendant la durée ressentie bien au-delà de ses 80 petites minutes.

Même les têtes connues ne relèvent pas ou peu le niveau, et tiennent plus du bingo hollywoodien que de vrais choix artistiques : Vincent Kartheiser joue une variation de son goujat-type, tandis que Bellamy Young (Mellie de Scandal) fait un coucou très anecdotique et fade. Surtout, quand on pense au vitriol de cousines télévisées comme The Comeback ou même Doll & Em avec Emily Mortimer, tout ce cinéma-vérité paraît bien creux dans l’exposition de ces thèmes. Day Out of Days n’arrive surtout qu’à communiquer l’ennui de son héroïne qui se trouve à peine. S’il évite la prétention, il n’en reste pas moins très bâclé.

Day Out of Days. De Zoe Cassavetes. USA. Avec Alexia Landeau, Brooke Smith, Vincent Kartheiser, Melanie Griffith, Bellamy Young… Durée : 1h20.

 

 

 

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