100 moments de télé, épisode 10 (Homicide, Breaking Bad, Terminator TSCC, Monty Python, Friday Night Lights)

100 moments de télé, épisode 10 (Homicide, Breaking Bad, Terminator TSCC, Monty Python, Friday Night Lights)

Où l’on parle de Homicide saison 1 (indice spoiler : 5), Breaking Bad saison 3 (indice spoiler : 8 ), Terminator : The Sarah Connor Cronicles saison 1 (indice spoiler : 6), du Monty Pythons Flying Circus saison 2 (indice spoiler : 3) et Friday Night Lights saison 1 (Indice spoiler : 3). Rendez-vous lundi pour la suite… et n’hésitez pas à nous parler de VOS moments cultes dans les commentaires, on pourra en discuter !

46.  Trois hommes et Adena

par Nicolas Robert

La série : Homicide

L’année : 1993

L’épisode : 1×05 – Three Men and Adena

Kyle Secor, Moses Gunn et Andre Braugher dans un huis clos mémorable.

Avec l’affaire Adena Watson, directement inspirée du livre de David Simon Homicide : Life on the Killing street (Baltimore en VF), la première saison d’Homicide frappe très fort dans l’esprit des téléspectateurs. Les faits : une fillette noire de dix ans, Adena Watson, a été retrouvée poignardée et violée dans une ruelle sombre de Baltimore. Les pistes : peu nombreuses, elles convergent cependant vers un homme. Risler Tucker, alias le Marocain.

Ce vendeur à la sauvette a été vu à plusieurs reprises avec la gamine avant qu’elle ne meurt. Mais s’il a déjà été interrogé à plusieurs reprises, il a toujours nié avoir un lien avec sa mort. Convaincus du contraire, Pembleton et Bayliss, les inspecteurs en charge du dossier, décident de le convoquer. Une dernière fois. Il leur reste douze heures pour confondre le suspect dans La Boîte, la salle d’interrogatoire du commissariat. Et c’est ce que raconte l’épisode.

Huis clos théâtral sous forte tension, Three Men and Adena est un monument du genre. Dans cet épisode écrit par Tom Fontana, au-delà de l’énigme policière, trois personnalités se jaugent, s’affrontent, plient mais ne cèdent jamais. Utilisant tous les moyens de pression possible, Bayliss et Pembleton trouvent face à eux un formidable opposant. La virtuosité des dialogues, l’interprétation de Braugher, Secor et Moses Gunn, la réalisation de Martin Campbell : tout est fait pour vous écraser sous le poids de l’histoire… Jusqu’à la scène finale, qui hantera les deux inspecteurs jusqu’au terme de la série. Et ce sera la même chose pour les téléspectateurs.

 

 

 47. Hank échappe de justesse à une exécution par deux tueurs

par John Plissken

La série : Breaking Bad

L’année : 2010

L’épisode : 3×07 One Minute

Hank Schrader (Dean Norris) : la rage de survivre. Le flic beauf se mue sous nos yeux en samouraï triomphant. Gloire à lui !

Breaking Bad ou la combinaison d’une écriture implacable et d’une mise en scène livrant des moments d’action suprêmement jubilatoires. En voici un dont la folie, la violence et l’emprunt évident à tout un pan du cinéma de genre qu’on aime le propulsent sans aucun doute dans le peloton de tête des meilleures scènes de la série. Dans cette saison 3 de folie – la meilleure du show à ce jour – Hank Schrader passe définitivement du statut de flic beauf des premiers épisodes à celui de héros rugueux, badass et courageux, bref pur chéri de ces geeks dont la rage de survie est particulièrement communicative dans cette scène.

Au fil sa minutieuse enquête sur l’invisible Heisenberg, Hank ne cesse de se rapprocher du labo clandestin où son beau-frère Walter White fabrique en masse la “crystal meth” sous la supervision du narco-trafiquant Gustavo Fring. Assoifé de vengeance après la mort d’une de ses figures (le fou furieux Tuco, abattu par Hank en saison 2), le cartel de Mexico envoie deux frangins tueurs-Terminator à Albuquerque pour sécher White, désigné comme le coupable. Soucieux de protéger son précieux chimiste ainsi que de couper court à l’enquête de Schrader, Fring réoriente les flingueurs sur la bonne piste. Schrader est l’homme à abattre.

La séquence dure environ six minutes. Six minutes de pure badasserie rarement égalée dans l’Histoire des séries télé. Sans exagérer. Hank sort du mall les bras remplis de victuailles, il grimpe dans sa voiture garée sur le parking. Un mystérieux appel (je sais qui c’est mais je vous dis paaaas…) le prévient in extremis que deux tueurs sont à ses trousses, peut-être sont-ils même là, tout près… Le temps se dilate à mesure que la parano s’empare de Hank, guettant fébrilement le moindre passant approchant son véhicule. Deux silhouettes massives se distinguent derrière un pare-brise… puis les premiers tirs. Et l’enchaînement d’idées géniales, non stop. Hank écrase les jambes du premier tireur d’un brusque coup de marche arrière. Le second porte-flingue blesse Hank grièvement mais avant de l’achever, décide d’aller chercher une hache dans son coffre parce que non, d’une balle dans la tête, c’est “trop facile”. Ce tourbillon sublime se termine par une moitié de cerveau maculant l’objectif de la caméra, et la lame de la hache plantée dans le bitume. Et c’est magnifique. Un morceau de bravoure qui ne dépareillerait certainement pas une fusillade de No country for old men ou Miller’s crossing. Gniiii, c’est trop bon, je me le repasse ! Hank Schrader is my hero !!!

 

 

 

48. Happy birthday, John

par Sullivan le Postec

La série : Terminator : The Sarah Connor Chronicles

L’année : 2008

L’épisode : 1×09 – What He Beheld

A cause de la grève des scénaristes, « What He Beheld » est devenu le dernier épisode de la première saison de la série Terminator. Ce n’était pas prévu comme ça, mais la série n’a pas à en rougir, puisqu’il contient le moment émotionnel le plus poignant de la saison, une séquence d’action formidable essentiellement filmée depuis le fond d’une piscine, et un cliffhanger pas déshonorant.

C’est le moment d’émotion que je retiens, évidemment, parce qu’il est caractéristique de ce qu’était cette série formidable. The Sarah Connor Chronicles se situait deux ans après Terminator 2 (et créait une ligne temporelle alternative qui effaçait Terminator 3, mais pas forcément ses implications : la menace du Cancer plane sur Sarah). Les deux Connor étaient rejoints par deux autres personnages envoyés du futur : Cameron, une Terminatrice qu’ils faisaient passer pour la sœur de John, et Derek Reese, le frère de Kyle, protagoniste du premier film. Dans son cadre, la série est de la SF, l’histoire d’une guerre temporelle globale dont les fronts sont dispersés à différentes époques. Mais au fond, TSCC était réellement l’histoire de ce quatuor, le portrait délicat et psychologiquement fin, dessiné par le showrunner Josh Friedman, de la famille dysfonctionnelle ultime, qui portait sur ses épaules ni plus ni moins que le poids du monde – en tout cas de son avenir.

C’est l’anniversaire de John. Derek va saisir cette occasion pour lui révéler qu’il sait ce qu’ils sont l’un pour l’autre – et aussi pour lui faire un cadeau surprise dont je vous laisse découvrir la teneur dans l’extrait en vidéo (qui, je dois avouer, me laisse systématiquement au bord des larmes) :

 

49. Les hauts de Hurlevent en langage sémaphore

par Dominique Montay

La série : Monty Python Flying Circus

L’année : 1970

L’épisode : 2×02 – The Spanish Inquisition

Au beau milieu d’un épisode resté célèbre pour la citation « Nobody expects the Spanish Inquisition », une fausse pub. Si vous y êtes sensible, elle vous fera pleurer, mais pas pour les mêmes raisons que 85% des moments choisis par Nicolas Robert. (Note de l’intéressé : c’est pas vrai. Je vais pleurer un coup et je reviens me défendre)

 

50. Du football dans la boue

par Nicolas Robert

La série : Friday Night Lights

L’année : 2007

L’épisode : 1 x 20  – Mud Bowl

Le football américain, parfois ça tache…

A cause d’une explosion chimique à proximité du lycée de Dillon, les Panthers doivent trouver un nouveau terrain pour disputer la demi-finale du championnat d’Etat. Après quelques tâtonnements, le coach Taylor propose à l’équipe adverse d’organiser la rencontre… dans un champ. Le règlement le permet, et alors que les joueurs commencent à trouver dans leur casier des enveloppes remplies de billets (c’est censé les encourager à aller au bout de l’épreuve), leur entraîneur voit ici l’occasion de revenir aux fondamentaux. Revenir au football, dans sa conception la plus simple. Sauf que la pluie va vite s’en mêler…

Episode dantesque, Mud Bowl est une décharge d’émotion pure. Partant d’un postulat plutôt naïf, cet épisode dope les enjeux narratifs lié à la demi-finale pour offrir une traduction littérale de ce qu’est la première saison de Friday Night Lights. S’ils veulent devenir champions, les gamins de Dillon doivent accepter de traverser toutes les tempêtes. Ce n’est pas forcément d’une grande sophistication mais bon sang, qu’est-ce que c’est efficace !

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