L’Homme aux semelles de foudre : complot de l’énergie

L’Homme aux semelles de foudre : complot de l’énergie

Note de l'auteur
Ayerdhal.

Ayerdhal.

L’histoire : C’est l’histoire de Markus qui a décidé de s’engager dans le terrorisme. De Mark Sidzik, son ami d’enfance, lancé à sa poursuite. De Fred, un journaliste un peu individualiste et de la belle Natalie. De Lanh, qui a 18 ans et est amoureuse de Mark et donne des cours d’informatique à la grand-mère de celui-ci. C’est l’histoire des complots sur les recherches énergétiques.

Mon avis : Ayerdhal, s’il est principalement connu pour ses récits de science-fiction, s’aventure depuis quelque temps du côté du polar. Ici, il s’agit du premier roman qu’il avait rédigé dans ce domaine, réédité chez Helios. Alors, certes, l’auteur est engagé, tendance anarchisme et défenseur de l’écologie ; ce qui fait d’ailleurs souvent le sel de ses romans d’anticipation.

Ici, il s’attaque frontalement aux problématiques de l’énergie, dans un monde globalisé. Et dans son roman, qui se passe aux quatre coins du monde, il y a de tout : des scientifiques utopiques et détachés de la réalité, des pirates informatiques, une beauté fatale des pays de l’Est. Dans un récit documenté (Ayerdhal remerciant à la fin des scientifiques du CNRS entre autres) et court, l’auteur fait passer ses idées quelque peu trop en force.

Certes, il s’agissait de sa première incursion dans le genre, et l’univers derrière semble vaste et intéressant (notamment via Spyder, l’ennemi invisible mais un peu trop expédié). Les personnages sont bien campés, quoique parfois un brin caricaturaux. Le discours parfois pontifiant, est moins subtil que dans d’autres de ses livres. Malgré tout, on est entraîné à la suite de Mark dans cette course-poursuite où se joignent le GIGN ou des tueurs à gages. Un thriller un brin naïf, mais sympa en somme. Mais il s’agit peut-être des limites de l’exercice d’un livre écrit dans le cadre d’une série à multiples mains, celle des aventures de Mark Sidzik.

Si vous aimez : les polars écolo-politiques.

Autour du livre : L’ouvrage est d’abord paru aux éditions Flammarion, pour la série Quark Noir, une série de thrillers scientifiques. Le personnage principal, Mark Sidzik est passé sous la plume de nombreux auteurs, en tant qu’enquêteur pour le compte du WER, le World Ethic and Research. (sur la création du personnage, voir ici l’article de Liberation).

Extrait : « Le Roi Lézard a parlé d’un sacré merdier. Il est en-dessous de la vérité. Une chose est en tout cas certaine : des deux côtés de l’Atlantique Nord, on n’a rien de plus pressé que de trouver un bouc émissaire. Markus Weinmar et, au-dessus de lui, le WER saint les parfaits porteurs de péchés. L’affolement de Salinger se comprend – cela peut même justifier l’existence de plusieurs enquêtes lancées en parallèle. Tout grand service d’information érige la paranoïa en mode de vie, et le WER ne fait pas exception à la règle. Mais cela ne fait pas vraiment progresser Mark. »

Sortie : 4 juin 2015, édition Hélios, 224 pages, 7,90 euros.

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