Honneur, famille, patrie (critique de 47 Ronin)

Honneur, famille, patrie (critique de 47 Ronin)

Note de l'auteur

 

(4)7 samouraïs

Au Daily Mars, on fait dans l’avant-première avec 4 mois d’avance. L’avantage de vivre aux États-Unis, c’est que j’ai déjà pu voir le come-back de Keanu Reeves dans le film de Carl Erik Rinsch, 47 Ronin. Qu’est-ce que j’en ai pensé ? Que j’aurais pu m’en passer.

Au Japon, il y a fort longtemps, au temps où en plus des samouraïs, il y avait des dragons et autres créatures fantastiques. 47 guerriers sont forcés à l’errance suite à la mort de leur maître. Ils décident de le venger et ainsi restaurer leur honneur ainsi que celui des leurs. Ils se voient alors obligés de faire appel à Kai, un demi-sang qu’ils ont toujours renié et qui va se révéler être l’arme ultime contre leur ennemi.

Basé sur une légende japonaise, le film de Carl Erik Rinsch fait de son mieux pour donner vie à cette histoire mais peine à véritablement convaincre. Par souci d’authenticité, la production américaine de 47 Ronin est japonisée au maximum, et Keanu Reeves est donc entouré d’une horde d’acteurs japonais. Tout le monde parle anglais dans ce film qui se passe au Japon, où même les Japonais parlent anglais entre eux… Bref, l’authenticité était bel et bien le mot d’ordre. Certes, il ne faut pas trop en demander au public américain comme il n’est pas particulièrement fan des sous-titres, mais quand même… D’autant que les scènes ont d’abord été tournées en japonais. C’était bien la peine !

Le Japonais de Lost

Visuellement, le film ne fera pas saigner vos yeux, les combats ne sont pas désagréables à regarder, il y a même quelques effets plutôt réussis. La réalisation n’est ni exceptionnelle, ni pathétique. Tout ceci se regarde donc bien, sans accro mais sans bouleverser le spectateur non plus. Si vous ne connaissez pas la légende des 47 Ronin, je vous invite à NE PAS vous renseigner sur le sujet avant de voir le film car, étant déjà présenté avec un certain manque de saveur, si vous savez par avance comment ça se termine vous allez certainement franchement vous embêter pendant deux heures.

Les décors sont chouettes, les costumes très beaux, la musique relativement absente de ma mémoire et le casting tout à fait convenable. Non, comme ça sur le papier, c’est pas mal, mais il manque un petit je-ne-sais-quoi pour rendre le film véritablement captivant. En fait, tout le long du visionnage, je n’ai cessé de me dire : « Tiens, ça fait longtemps que je n’ai pas maté Le dernier Samouraï. » Alors quand un film vous donne envie d’en regarder un autre, c’est peut-être un signe que celui que vous êtes en train de voir n’est pas vraiment une réussite.

Mika : Je t’aime.
Kai : Moi aussi.
Le spectateur : on s’en fout en fait.

On vous parle de samouraïs, de vengeance, d’honneur et aussi d’amour pendant tout le long mais à aucun moment, l’un de ses sujets ne prend le pas sur les autres et fait véritablement décoller l’histoire. La légende est suivie pour construire la narration principale du film et un peu de magie et de créatures mythologiques viennent s’ajouter au mélange, histoire de pimenter les choses. Mais au final, on se retrouve face à un scénario très prévisible dont l’absence de surprise s’avère être un handicap considérable. Dur dur d’avoir de l’intérêt pour les personnages quand leur histoire vous laisse froid. Même l’amour entre Kai et Mika, qui sert de motivation au personnage de Keanu Reeves, est si faiblement transposé à l’écran qu’il ne donne pas envie de soutenir les personnages.

En somme, 47 Ronin est un film regardable, mais ni bouleversant ni exceptionnel. Si vous avez une carte cinéma illimitée et que vous avez une passion pour les sabres japonais, allez-y sans crainte. Si vous n’avez pas 11 euros à balancer par les fenêtres, attendez qu’il passe à la télé.

47 Ronin de Carl Rinsch, avec Keanu Reeves, Jin Akanishi, Hiroyuki Sanada, Kō Shibasaki, Tadanobu Asano…Sortie le 2 Avril 2014

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