On a vu… que conclure, c’est délicat (même avec House)

On a vu… que conclure, c’est délicat (même avec House)

House est allé au casse-canne la semaine dernière sur TF1. Photo 20th Century Fox

Aujourd’hui, on ne vous parlera pas de ce que l’on ressent au moment de dire au revoir à une série (Dominique l’a fait, il y a quinze jours) mais plutôt de ce qui génère l’impression qu’un series finale est réussi. Comment ? En revenant sur celui de House, diffusé en France il y a un peu moins d’une semaine.

Juger de la qualité d’un dernier épisode de série, c’est assumer la part de subjectivité qu’il y a dans son jugement. Notamment sur ce qu’on attend de cet ultime segment. Mais qu’à cela ne tienne : on peut tout de même se prêter à l’exercice.

A titre personnel, j’ai besoin de trouver trois choses dans un series finale:

1. Que l’épisode renvoie à tout le chemin qui a été parcouru. Du début jusqu’à ces dernières minutes (ça, c’est pas bien dur : même Law & Order y est parvenu avec le personnage de Van Buren)

2. Que la notion de « fin d’une époque », qui sanctionne autant le téléspectateur que la série, colore tous les rapports entre les personnages (l’exemple-roi, pour moi, c’est The West Wing. Avec la dernière scène qui réunit Jed Bartlet et Charlie Young. C’est tout simple, ce n’est pas la scène finale mais c’est très émouvant. Et très juste)

3. Que l’on donne un sens, une direction à cette dernière ligne droite… et pas que des émotions (aussi fortes soient-elles, comme dans le très controversé finale de Lost)

Globalement, pour moi, le finale de House loupe deux de ces trois points.

« Everybody Dies ? Bon, ben on va conclure avec un titre joyeux hein… ». Photo 20th Century Fox

Côté chemin parcouru, on est relativement satisfait. On peut même dire que David Shore et ses petits camarades scénaristes se sont intelligemment acquitté de cet impératif. Everybody Dies nous refait certes le coup de l’immersion dans l’inconscient du héros (procédé bien exploité dans No Reason, final de la saison 2 et surtout dans House’s Head/Wilson’s Heart, celui de la saison 4), mais ça marche. En tout cas, le plaisir de revoir Kutner, Amber, Thirteen ou encore Stacy était réel… même si ça avait le don de raviver le regret de l’abscence de Cuddy.

Côté fin d’époque, je suis nettement moins convaincu. Alors oui, les visages à l’église, les témoignages, ça doit remplir ce rôle. Comme l’avant-dernière séquence musicale, dans laquelle on voit Taub, Cameron et tous les autres se souvenir et avancer. Mais j’ai trouvé que ça manquait de relief : House a changé leur vie. Point barre. Question suivante. Dommage.

Pour ce qui est de l’ultime direction donnée à la vie du héros, si je trouve le choix de Shore cohérent, il me semble plutôt mal amené. Les grands moments de House, c’est la combinaison d’une énigme complexe et en même temps solidement liée au héros. C’est le cas de Three Stories (saison 1), de House’s Head/Wilson’s Heart, ou de Simple Explanation (saison 5). Là, l’histoire est chevillée à House mais l’énigme est assez foireuse. Un sentiment qui impacte directement sa résolution, assez facile et pas franchement crédible d’un point de vue émotionnel.

« Dis donc Wilson, on t’a jamais dit que tu ressemblais à Geena Davis dans Thelma & Louise ? » Photo 20th Century Fox

Personnellement, j’avais une relation complexe avec House. J’ai adoré, vraiment adoré la saison 1 avant de me détacher de l’histoire sans y prendre garde les deux suivantes. La quatrième année a su raviver la flamme pendant presque deux ans… avant que je ne m’en éloigne. Je n’ai finalement regardé la saison 8 que cette année, en raccrochant à la diffusion française.

Est-ce que ça a joué sur mon impression finale ? C’est probable : j’ai souvent eu le sentiment que le show était un faux procédural qui avait régulièrement du mal à se sublimer. Et c’est précisément ce que je me suis dit en voyant ce dernier épisode: le héros débloque sa propre situation comme il aurait débloqué n’importe quel cas médical. Est-ce qu’il trouve, dans la saison 8, les éléments lui permettant de construire plus solidement un nouvel équilibre dans sa vie ? Non. Sa réponse, c’est « faisons table rase, donnons à l’autre et espérons que ça marche ». Mais pourquoi ça marcherait mieux maintenant qu’à l’époque où il était avec Cuddy ? Que se passera-t-il quand la situation redeviendra plus compliquée  (au hasard, cinq mois plus tard) ?

Rien, dans les 22 derniers épisodes, ne permet de le croire vraiment. Et pour moi, ça, c’est une vraie énigme. La dernière.

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