En attendant House of Cards saison 2

En attendant House of Cards saison 2

Les 13 épisodes de la saison 2 arrivent vendredi 14 février sur Netflix. Prête pour le bintje watching, Marine ?

Evénement de l’année passée côté séries, la version américaine de House of Cards aura suscité de nombreux espoirs et récolté un joli paquet de critiques élogieuses lors de son lancement. Mais elle n’a pas complètement convaincu tout le monde. La saison 2 débarque ce 14 février sur Netflix. David Fincher et surtout le scénariste Beau Willimon vont-ils cette fois-ci lâcher les chevaux ?

C’est l’histoire d’une série pleine de qualités. Très bien réalisée, avec une production design soignée. Une série avec un excellent casting : Kevin Spacey se dispute les faveurs du téléspectateur avec une Robin Wright magnétique (mais Corey Stoll n’était pas mal non plus).

C’est aussi l’histoire d’un drama qui marque le début d’une nouvelle ère pour la plateforme Netflix dans son histoire avec les séries.

House of Cards, avec son univers électrisant (les coulisses de la politique américaine), son sujet (l’arrivisme) et son héros machiavélique (la saison 1 en est la démonstration) a tout ce qu’il faut pour séduire. Elle a véritablement emballé notre Marine Perot, qui lui a d’ailleurs consacré un bilan bien argumenté.

Pourtant, l’auteur de ces lignes vous avouera qu’il lui manque un truc pour être pleinement embarqué. Si le remake de la série britannique d’Andrew Davies évite assez bien l’écueil du « Tous pourris » façon Boss, elle peine à faire aussi bien que Profit, monument télévisuel dans l’exploration de l’arrivisme made in USA.

Si on ne prendra aucun risque en disant que House of Cards vieillira bien mieux visuellement que la série de Stephen J. Cannell, David Greenwalt et John Mc Namara (les reconstitutions par ordinateur, ce n’était pas une bonne idée. Vraiment pas), on aimerait qu’elle fasse jaillir des émotions aussi puissantes que sa devancière. La phrase qui va suivre ne plaira pas aux fans hardcore mais tant pis : en saison 1, ce n’est pas le cas.

La faute à Beau Willimon, sans doute. Pendant douze épisodes, le scénariste des Marches du pouvoir applique les recettes d’un film coupé en épisodes plus qu’il ne cherche à transcender le format sériel. L’intrigue qu’il déroule en saison 1 est propre. Elle livre de beaux moments, mais le plus souvent, elle ne surprend pas. Alors oui : c’est un beau pendant à The West Wing, mais c’est frustrant. On a l’impression que la série a tout pour mettre une énorme claque à tout le monde mais n’ose pas aller au bout.

Tremble, Francis : Fifi Brindacier is in da house ! (C’est pas elle ? On est sûr ?). Photo Netflix

Le personnage de Claire Underwood, littéralement fascinant, prouve pourtant que c’est possible. Tiraillée entre son immense ambition et les interrogations que lui posent cet inextinguible appétit, elle montre que House of Cards est capable de formuler une proposition forte. La série peut même questionner durablement le téléspectateur. Ce n’est (franchement) pas le cas avec le personnage de Zoe Barnes et tout l’entourage de Frank Underwood.

Pour donner tout le relief que mérite son héros, la série doit densifier ses seconds rôles. Dans The Shield, vous avez trouvé Vic Mackey bluffant ? C’est parce qu’autour de lui, il y a les figures maudites de Shane Vendrell et Curtis Lemansky. C’est aussi parce que ceux qui s’opposent à lui (Dutch, Claudette, Aceveda) ont des personnalités complexes. Tous renvoient une image, une perception du héros qui concourt à le rendre fascinant.

Si elle creuse ce sillon, la saison 2 de House of Cards peut faire taire ceux qui veulent plus. La saison débutera alors que Frank Underwood va prendre ses fonctions de vice-président des Etats-Unis. On sait déjà que la sublime Molly Parker (Deadwood) sera de la partie -elle joue une congresswoman en quête de réélection. Le héros du show, lui, est plus que jamais décidé à occuper le bureau ovale. Problème : il est plus exposé que jamais.

Bon, il faut quand même le reconnaître : avec un tel trailer, House of Cards a tout ce qu’il faut pour passer la seconde. Il ne lui reste donc plus qu’à passer aux actes.

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