• Home »
  • On a vu... »
  • On a vu… ce que révèle le 200e épisode de How I Met Your Mother (par Koss)
On a vu… ce que révèle le 200e épisode de How I Met Your Mother (par Koss)

On a vu… ce que révèle le 200e épisode de How I Met Your Mother (par Koss)

La ronde des rédacteurs invités continue sur le Daily Mars ! Ce mois-ci, après Guillaume Nicolas et whisperintherain, c’est au tour de Koss, qui officie souvent sur le site Serie All, de venir nous prêter main forte.

Pour son premier sujet, il nous parle de ses rapports avec How I Met Your Mother. Bonne lecture !

 

Ah, Barney… tu nous a tant fait rire.

On commence tous quelque part. Pour moi l’aventure sérielle a commencé il y a huit ans. C’était en 2006, C’était sur le canapé familial, Et c’était sur Canal Plus.

Je me souviens très bien m’être demandé sur ce que j’étais en train de regarder. Un grand blond en costard trois-pièces, installé à une table de black-jack avec des chinois surexcités, criait des choses incompréhensibles. Les personnages eux-mêmes ne semblaient pas comprendre ce qui se passait et à la fin, deux protagonistes décidaient de ne pas se marier sur un bateau.

J’étais ressorti de là un peu essoré, presque subjugué par l’écriture de l’ensemble qui jouait à merveille avec les flashback et la déconstruction narrative. Il fallait que je mette la main sur le reste des épisodes de cette série ! J’ai par la suite appris le nom de personnages, le concept même (hyper accrocheur !) du show ainsi que son propos global.

How I Met Your Mother n’a jamais été pour moi une série comme les autres. Il ne s’agissait de toute évidence pas d’une « simple sitcom ». HIMYM n’est pas la série qui me fasse le plus rire au monde (j’ai déjà It’s Always Sunny in Philadelphia pour ça) . Elle emprunte la voie déjà tracée par d’autres créations avant elle (Rhoda, Mork and Mindy et Coupling notamment), celle de la sitcom comédie-romantique, rom-sitcom si vous préférez. Ce n’est pas un hasard si mon épisode préféré est un condensé des comédies romantiques américaines depuis trente ans (Drum Roll , Please – Episode 13, saison 1).

Le 200e épisode de la série (How Your Mother Met Me), diffusé dernièrement sur CBS, est directement perçu par ce prisme, celui que je préfère : celui des histoires d’amour. D’un certain point de vue, l’épisode est très réussi. Il raconte par le menu toutes les folles aventures qu’à vécu la Mother pendant ces neuf ans… Et à vrai dire, elle n’a pas vécu grand-chose. Prostrée à la suite de la mort de son petit ami, la mère n’a jamais trouvé l’amour.

Cristin Milioti, la mère. In flesh and blue.

C’est une très belle idée que développe-là Carter Bays et Craig Thomas, les deux showrunners du show et scénaristes de cet épisode. La série a d’ailleurs toujours été forte dans la gestion des émotions (on se souvient de cet épisode où Robin apprend qu’elle ne pourra plus avoir d’enfants lors de la saison 7). Avec cette idée, ils expliquent très facilement pourquoi la Mother est restée célibataire autant de temps. C’est à la fois simple et terriblement efficace.

C’est aussi paradoxalement la plus grande faiblesse de l’épisode. Comme je le disais plus haut, il ne s’est quasiment rien passé dans la vie de ce personnage. A part quelques passages obligés (la fête de St Patrick, le 1er jour à la fac et la colocation avec Rachel Bilson), sa vie ressemble à une morne plaine. On imagine sans mal pourquoi ce n’est pas la mère qui a raconté cette histoire aux deux enfants : « Ben écoutez, j’avais un ex. Il est mort. Après, j’ai eu une période de huit ans de deuil et j’ai rencontré votre père. Et voilà ! ».

Je crois vraiment que Bays et Thomas sont arrivés à court d’idées. Chaque fan d’How I Met le sait bien : ce n’est plus tout à fait la même chose depuis la fin de la saison 4 (ou la saison 3 disent les plus pessimistes). Un artiste a très souvent un nombre de choses limitées à dire et après avoir épuisé toutes ces idées, il prend le risque de la redite. On avait déjà vu avec le gênant The Goodwin Games que les deux scénaristes, amoureux des histoires alambiqués, étaient sans doute arrivés au bout de leur processus créatif. La saison 9 dans son ensemble semble largement confirmer cela.

Rachel Bilson ! Rachel Bilson !

C’est exactement pour cette raison que cet épisode sonne comme un « chant final » touchant… pour les fans de la série. Il est, par exemple, très plaisant de découvrir l’Origin Story du Naked Man. C’est le vrai charme de cet épisode, synthèse du show. C’est aussi très révélateur de sa qualité actuelle : lorsque ton seul ressort restant est celui du fan-service, alors c’est véritablement qu’il n’y a plus rien d’autre à dire.

Pire encore, l’épisode apparaît comme un double mensonge. En effet, la mère ne rencontre jamais véritablement Ted. Nous ne « rencontrons » pas non plus la mère, seulement caractérisée par ses passions communes avec Ted (la collection de pièces, la basse, etc).

Ce dernier mensonge est le plus grave puisqu’il induit directement qu’il existe une personne pré-définie pour chacun de nous et qui attend cachée dans un coin. Or, c’est précisément cette idée que quasiment toutes les comédies-romantiques s’évertue à déjouer en additionnant presque systématiquement deux personnages aux caractères opposés.

Au final, How I Met Your Mother, par sa conception un brin flippante et peu féministe de l’amour, nous propose en réalité une vision à l’exact opposé des comédies-romantiques. Et cela, il m’a fallu neuf saisons et l’épisode que j’attendais le plus de la série, pour que je le comprenne enfin.

Partager